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Beethoven le
pianiste
4 avril 2008
(19h30), Maison de la Musique à Nanterre (Salon de
musique)
Conférence de Georges Kan, éditeur et
musicologue
6 avril 2008 (16h30),
Maison de la Musique à Nanterre
Trois
Sonates opus 2, Ludwig van Beethoven
(reconstitution pré-romantique de Georges Kan)
(Martine Vialatte, piano)
Georges Kan, quel rapport entre cette
reconstitution que vous proposez des premières
Sonates de Beethoven et votre
expérience de la création contemporaine
?
Editeur, j'ai l'habitude de lire
d'innombrables manuscrits de compositeurs qui comptent
aujourd'hui dans la création. Je traque le signe et
son environnement pour mettre en valeur et restituer le
caractère spécifique de chaque univers
proposé, et ils sont tous différents. Je ne
pars pas d'une idée reçue pour en trouver la
trace dans la partition mais l'inverse, à savoir la
remise en question de tout à priori en
m'effaçant devant l'écrit. C'est exactement ce
que j'ai voulu faire avec les premières
éditions et les manuscrits de Beethoven, d'où
mon irrévérence face à la "tradition"
pianistique romantique qui a érigé un dogme
autour de l'interprétation de cette musique. Pour moi
Beethoven est un compositeur de musique contemporaine avant
l'heure.
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Vous pouvez
préciser...
Un exemple : son attention aux dynamiques et sa
façon de les noter est
caractéristique. Il est très rare
qu'il lie une indication à un passage entier
(auquel cas il utilise le terme "sempre"). S'il
veut un accent (forte) pour chaque note
qui suit il répétera inlassablement
cette dynamique dans une sorte
d'anxiété de la déperdition du
message que l'on retrouve dans les partitions
d'aujourd'hui. Ceux qui en doutent peuvent
consulter le Scherzo de la
IXe Symphonie ou, en
ce qui me concerne, la fin du IIIe mvt de la
2e Sonate (4 fois le signe
"ff" dans une seule mesure).
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Mises à part les dynamiques, y a-t-il
d'autres domaines qui lient Beethoven à la musique de
nos jours ?
L'utilisation des dynamiques nous mène de fait
à l'équilibre "vertical" c'est-à-dire
au dosage entre l'aigu, le médium et le grave. En
relisant scrupuleusement les articulations d'origine, en
respectant les dynamiques et les accents tels qu'ils sont
réellement notés, et en appliquant les tempi
qui transpirent de la technicité du matériau,
il me semble que la mélodie chez Beethoven n'existe
pas. Il s'agit en fait d'un concassage et d'un assemblage
perpétuel de petites cellules qui évoluent en
permanence et prolifèrent tout au long de l'oeuvre.
Une fois admis que ce que la tradition considère
comme un thème n'est rien d'autre qu'une guirlande,
il nous faut alors retrouver la ligne de "ténor" qui,
en se déroulant, guide la progression de l'oeuvre.
Cette conception symphonique et iconoclaste de la musique
est caractéristique de Beethoven et le lie au plus
près des préoccupations des compositeurs du
XXe siècle. André Boucourechliev avait
déjà noté cet aspect de
l'écriture beethovénienne mais je crois aller
plus loin en restituant complètement la trame dans
toutes ces couleurs - bref en proposant une lecture et une
interprétation immédiatement
exécutable.
Vous
parliez de tempi, avez-vous à ce sujet fait de
nouvelles découvertes ?
Même si à la fin de sa vie Beethoven a
noté ici et là des mouvements
métronomiques, il est évident que la majeure
partie de son catalogue a été composée
sans l'aide de cet instrument inventé du reste par
l'un de ses meilleurs amis, Maelzel. J'ai donc
préféré observer les
équivalences de tempi qui s'affichent dans nombre de
ses partitions pour en déduire, un peu comme pour une
équation mathématique le paramètre
manquant, le "x". J'ai également tenu compte de
nombreux indices comme notamment l'utilisation de trilles
écrits en toutes notes, l'apparition de glissandi
(Beethoven ne les précisent pas en tant que tels, il
faut les deviner en fonction des aléas techniques ou
du contexte) ou encore certains doigtés. Tous fixent
de façon certaine la datation des
événements sonores. Ainsi, un trille
écrit doit sonner à la vitesse de 8
double-croches pour une blanche à MM 100. J'ai pu
élaborer une sorte de charte basée sur 5
mouvements facilement reconstituables à l'aide d'un
simple mouvement de balancier d'horloge (Beethoven les
collectionnait). Ce qui en ressort, ce sont des tempi
rapides, beaucoup plus que ceux pratiqués
aujourd'hui. Mais tout est lié : nous avons vu
comment des éléments techniques contribuent
à fixer un tempo ; tempo qui souligne l'articulation
d'origine d'un thème, qui lui-même se trouve ne
plus en être un vraiment, faisant alors
apparaître un choral enfoui autour d'une ligne de
ténor qui semblait dormir là...
A vous
entendre il y aurait donc une multitude de petits
détails qui ne seraient pas respectés
aujourd'hui...
Prenons l'ornementation. Les trilles sont couramment
joués en partant de la note principale, souvent par
commodité. Mais j'ai découvert par hasard dans
la dernière page d'une oeuvre composée en 1792
(Variations WoO 40 sur le "Se vuol ballare" des Noces de
Figaro de Mozart) une série de trilles et leurs
doigtés. Et là, pas de doute les trilles
commencent bien par la note supérieure, sauf dans le
cas d'une seconde descendante. C'est dans cette page que
j'ai pu comprendre que quand Beethoven souhaitait un trille
sur la note principale il le notait en toutes notes. Deux
découvertes pour une seule page : le détail de
l'ornementation beethovénienne et un indice
sérieux pour la restitution des tempi (cf. ci-dessus
ndlr). J'ai ainsi parcouru de nombreuses pages et j'ai pu
mettre en valeur cette "manie" de la précision
qu'avait Beethoven pour noter ses volontés musicales.
Des indications si nombreuses qu'elles sont en partie mal
comprises ou déformées. Les
rééditions appparues tout au long du XIXe
siècle ont systématiquement lissé et
détruit ce tissu d'articulations et même
d'agencements ou de doigtés devenus
incompréhensibles sauf à revenir aux
premières éditions - ce que je fais. Le
domaine des articulations est peut-être le plus vaste
malentendu en ce qui concerne cette musique, vu le nombre
considérable de modifications et donc de fautes que
l'on trouve encore aujourd'hui. Beethoven ne
répétait jamais une phrase de la même
façon, outre l'articulation, il modifiait les
harmonies, les carures, et mêmes les ornements - cela
le rapproche encore plus du XXIe siècle et de nous.
J'ai donc choisi aujourd'hui de publier une nouvelle
édition disponible courant 2008 de ces
Trois Sonates op. 2 dans ce que
j'appelle pudiquement une reconstitution
pré-romantique qui reprend le texte original avec mes
remarques et mes propositions pour les interprètes.
C'est cette version que Martine Vialatte interprétera
au piano le 6 avril 2008 à 16h30, Maison de la
Musique à Nanterre.
Propos recueillis par
Laura Armel
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MUSIQUE
CONTEMPORAINE
ET PRATIQUE CHORALE AMATEUR
Rencontres organisées par l'ARIAM
en partenariat avec le réseau européen
d'Art vocal tenso, dans le cadre du Festival Musiques de
Notre Temps
Samedi 5 avril
2008 de 14h30 à 18h
Cette
journée permettra d'approfondir et de
développer les thématiques abordées
lors de la rencontre de mars 2007 :
- Présentation du réseau européen d'art
vocal tenso.
- Comment aborder et travailler une oeuvre contemporaine
avec un choeur amateur.
- Comment constituer un répertoire choral
contemporain et effectuer la recherche d'une oeuvre
adaptée à un niveau donné.
- Comment favoriser les liens entre les compositeurs et les
amateurs.
- Comment écrire une oeuvre contemporaine pour un
choeur amateur.
Avec :
Ivan
Bellocq,
compositeur, modérateur de la rencontre
Guy
Reibel,
compositeur. Pédagogue reconnu ayant beaucoup
écrit pour la voix et les choeurs (notamment
amateur), Guy Reibel partagera sa longue expérience
et présentera son DVD "Le jeu vocal".
Georges
Kan, directeur
artistique des éditions musicales
européennes.
Éditeur engagé, Georges
Kan parlera de
son travail d'édition de musique contemporaine vocale
et présentera son catalogue.
Thibault Lam
Quang, chef du
choeur de chambre "Les temperamens variations "viendra
témoigner du travail qu'il mène actuellement
sur la création d'Yvan Bellocq "Au-delà"
(commande de l'Ariam) avec le CRR de Versailles et le CRD de
Mantes-la-Jolie.
Un intervenant de tenso
Public : Chefs de choeur, compositeurs, professeurs et
élèves en classes de composition,
éditeurs de musique, professeurs de chant...
Lieu : Théâtre des deux Rives - 107, Rue de
Paris - 94220 Charenton-le-Pont Métro :
Liberté
Information et inscription : auprès de Florence
Biéret au
01 42 85 45 35
Le Dimanche 30 mars 2008
à 17h, Reprise de créations récentes,
dirigées par de jeunes chefs de choeur, avec
notamment des commandes de l'Ariam.
Chapelle de Conflans - 2 rue du Séminaire de Conflans
- 94220 Charenton-le-Pont www.musiquesdenotretemps.org
Rencontre avec
Frieder Bernius
La formation et
le métier de chef de choeur en Allemagne
Samedi 29 mars 2008 10h-13h
À l'occasion de
sa masterclass de direction de choeur, l'Ariam propose une
rencontre avec Frieder Bernius qui décrira
l'enseignement de la direction de choeur et donnera quelques
éléments sur la pratique chorale amateur et
professionnelle en Allemagne.
Conservatoire du 6e arr. de Paris, 3ter rue Mabillon 75006
Paris
Information et inscription : auprès de Florence
Biéret au
01 42 85 45 35
La masterclass de
direction de choeur de Frieder Bernius (du 25 au 29 amrs)
est ouverte aux auditeurs libres, Auditorium Saint-Germain
et conservatoire du 6 arr. de Paris. Inscription obligatoire
auprès de Florence Biéret
Rencontre avec Ronald
Klekamp
La formation du chanteur aux Pays-Bas
Samedi 19 avril 2008 10h-13h
À l'occasion de
sa masterclass "pratique et pédagogie du chant"
l'Ariam propose une rencontre avec Ronald Klekamp qui
décrira l'enseignement du chant dans
différentes structures aux Pays-Bas.
Cité internationale des arts, 18 rue de l'hôtel
de ville 75004 Paris - Métro : Pont-Marie
Information et inscription : auprès de Florence
Biéret au
01 42 85 45 35
La masterclass de Ronald
Klekamp, "pratique et pédagogie du chant", les 19/04
: 10h-13h et 14h-17h ; 20/04 : 14h-17h est ouverte aux
auditeurs libres, Inscription obligatoire auprès de
Florence Biéret Cité internationale des
arts
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Alain LOUVIER
compositeur
invité à la
Semaine de musique contemporaine du
Conservatoire de
Boulogne-Billancourt (92)
jeudi 10
avril 2008 Auditorium à 20h - Entrée gratuite
sur réservation
Concert redonné au CNR de Paris le 18 avril à
19h
A. Louvier : Envols
d'écailles
O. Messiaen : Le Réveil des oiseaux
A. Louvier : Étude pour agresseurs, livre 7.
Commande du conservatoire, création mondiale.
Orchestre du conservatoire, direction Pierre
Calmelet
Pour ce
premier concert, Alain Louvier a tenu à rendre un
hommage particulier à son maître Messiaen, dont
on célèbre le centenaire en 2008.
Réveil des oiseaux est la première oeuvre de
Messiaen pour piano et orchestre dans le "style oiseau" et -
fait extraordinaire - est exclusivement composé de
chant d'oiseaux français. Après la Suite en
do, composée en 1977 pour un orchestre de 21
musiciens, Alain Louvier (qui se fit remarquer dès
l'âge de 19 ans pour ses fameuses Études pour
agresseurs, nouvelle technique de clavier utilisant les
doigts, les paumes, les poings et les avant-bras) a
décidé de clore, 43 ans plus tard, ce grand
cycle, par un 7e livre récapitulatif : piano,
clavecin, orgues et orchestre.
samedi
12 avril 2008 Auditorium à 18h - Entrée
gratuite sur réservation
Musique de
chambre
Par les étudiants et professeurs du conservatoire
19 Agrexandrins pour piano
4 Chansons de France
Duels pour percussions
Ce
concert est principalement consacré à
l'intégrale de la grande somme pédagogique
qu'Alain Louvier a destiné aux apprentis pianistes de
tous âges. Les Agrexandrins, écrits en 1981 et
1992, comportent trois livres de difficultés
progressives. Reprenant la technique gestuelle des
Études pour agresseurs, mais dans un style plus
poétique, et souvent ludiques, ces 19 Agrexandrins
(mot hybride alexandrins/agresseurs) portent le titre d'un
alexandrin choisis dans la poésie française,
ainsi Délicieux démon, désirable et
glacé (P. Valéry) ou La terre a tressailli
d'un souffle prophétique (G. de Nerval).
Des dessins d'enfants inspirés par ces titres seront
projetés pendant ces pièces.
En interlude, des Chansons de France très connues,
harmonisées en 2000 pour voix d'enfants et piano.
Enfin, du théâtre musical avec Duel pour
percussions, écrit en 1971 pour le conservatoire de
Paris, véritable satire du "morceau de
concours".
mardi 15
avril 2008 Salle d'art lyrique à 20h - Entrée
gratuite sur réservation
Musique de
chambre
Par les étudiants et professeurs du
conservatoire
Oeuvres de musique de
chambre d'Alain Louvier
Nuit de feu, rumeur d'espace
Toccata di Luce
Qu'est devenu ce bel oeil ?
Cinq éphémères
Hydre à cinq têtes
Herbier I
Veinure. Hanae Gotoh,
lauréate du concours Jeunes compositeurs 2007.
Autour
d'une grande oeuvre récente (Nuit de feu, rumeur
d'espace) créée en 2001 par l'ensemble Double
B, qui reprend la formation du quintette La Truite de
Schubert et propose une lecture purement instrumentale du
fameux poème Les Djinns de Victor Hugo, Alain Louvier
a souhaité que les jeunes étudiants du
conservatoire rejouent des pièces écrites pour
eux dans les années 1972-86 alors qu'il en
était le directeur.
Ces pièces, aux titres parfois cocasses (Hydre
à cinq têtes) répondent toujours
à une situation pédagogique précise,
ainsi Qu'est devenu ce bel oeil ? pour flûte et bande
magnétique, première pièce mixte
jouable par des flutistes en herbe qui, au lieu de se
laisser mollement accompagner par un piano qu'ils
écoutent rarement, sont ici obligés de suivre
une bande enregistrée déroulant de subtiles
variations sur une chanson de Claude Le Jeune.
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