bisbigliando.com - avril 2008

musique contemporaine

35 ANS PLUS TARD
concert anniversaire L'ITINERAIRE 07 08

Auditorium St-Germain - 4 rue Félibien - 75006 PARIS
1 avril 2008 - 19h30

Gérard GRISEY - Périodes (Espaces acoustiques) pour ensemble
Roger TESSIER - Scène II pour clarinette et vibraphone
Michaël LEVINAS - Etudes pour piano
Gérard PESSON - Cassation pour ensemble
Marc-André DALBAVIE - Palimpseste pour ensemble

François NARBONI - Où vont les lunes pour flûte et ensemble
création, commande de l'Etat
Franck BEDROSSIAN -
Transmission pour basson et électronique
Les solistes de l'Itinéraire - direction Mark Foster

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mise à jour : 22 mai 2008

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Beethoven le pianiste
4 avril 2008 (19h30), Maison de la Musique à Nanterre (Salon de musique)
Conférence de Georges Kan, éditeur et musicologue

6 avril 2008 (16h30), Maison de la Musique à Nanterre
Trois Sonates opus 2, Ludwig van Beethoven
(reconstitution pré-romantique de Georges Kan) (Martine Vialatte, piano)


Georges Kan, quel rapport entre cette reconstitution que vous proposez des premières Sonates de Beethoven et votre expérience de la création contemporaine ?
Editeur, j'ai l'habitude de lire d'innombrables manuscrits de compositeurs qui comptent aujourd'hui dans la création. Je traque le signe et son environnement pour mettre en valeur et restituer le caractère spécifique de chaque univers proposé, et ils sont tous différents. Je ne pars pas d'une idée reçue pour en trouver la trace dans la partition mais l'inverse, à savoir la remise en question de tout à priori en m'effaçant devant l'écrit. C'est exactement ce que j'ai voulu faire avec les premières éditions et les manuscrits de Beethoven, d'où mon irrévérence face à la "tradition" pianistique romantique qui a érigé un dogme autour de l'interprétation de cette musique. Pour moi Beethoven est un compositeur de musique contemporaine avant l'heure.

Vous pouvez préciser...
Un exemple : son attention aux dynamiques et sa façon de les noter est caractéristique. Il est très rare qu'il lie une indication à un passage entier (auquel cas il utilise le terme "sempre"). S'il veut un accent (
forte) pour chaque note qui suit il répétera inlassablement cette dynamique dans une sorte d'anxiété de la déperdition du message que l'on retrouve dans les partitions d'aujourd'hui. Ceux qui en doutent peuvent consulter le Scherzo de la IXe Symphonie ou, en ce qui me concerne, la fin du IIIe mvt de la 2e Sonate (4 fois le signe "ff" dans une seule mesure).

Mises à part les dynamiques, y a-t-il d'autres domaines qui lient Beethoven à la musique de nos jours ?
L'utilisation des dynamiques nous mène de fait à l'équilibre "vertical" c'est-à-dire au dosage entre l'aigu, le médium et le grave. En relisant scrupuleusement les articulations d'origine, en respectant les dynamiques et les accents tels qu'ils sont réellement notés, et en appliquant les tempi qui transpirent de la technicité du matériau, il me semble que la mélodie chez Beethoven n'existe pas. Il s'agit en fait d'un concassage et d'un assemblage perpétuel de petites cellules qui évoluent en permanence et prolifèrent tout au long de l'oeuvre. Une fois admis que ce que la tradition considère comme un thème n'est rien d'autre qu'une guirlande, il nous faut alors retrouver la ligne de "ténor" qui, en se déroulant, guide la progression de l'oeuvre. Cette conception symphonique et iconoclaste de la musique est caractéristique de Beethoven et le lie au plus près des préoccupations des compositeurs du XXe siècle. André Boucourechliev avait déjà noté cet aspect de l'écriture beethovénienne mais je crois aller plus loin en restituant complètement la trame dans toutes ces couleurs - bref en proposant une lecture et une interprétation immédiatement exécutable.

Vous parliez de tempi, avez-vous à ce sujet fait de nouvelles découvertes ?
Même si à la fin de sa vie Beethoven a noté ici et là des mouvements métronomiques, il est évident que la majeure partie de son catalogue a été composée sans l'aide de cet instrument inventé du reste par l'un de ses meilleurs amis, Maelzel. J'ai donc préféré observer les équivalences de tempi qui s'affichent dans nombre de ses partitions pour en déduire, un peu comme pour une équation mathématique le paramètre manquant, le "x". J'ai également tenu compte de nombreux indices comme notamment l'utilisation de trilles écrits en toutes notes, l'apparition de glissandi (Beethoven ne les précisent pas en tant que tels, il faut les deviner en fonction des aléas techniques ou du contexte) ou encore certains doigtés. Tous fixent de façon certaine la datation des événements sonores. Ainsi, un trille écrit doit sonner à la vitesse de 8 double-croches pour une blanche à MM 100. J'ai pu élaborer une sorte de charte basée sur 5 mouvements facilement reconstituables à l'aide d'un simple mouvement de balancier d'horloge (Beethoven les collectionnait). Ce qui en ressort, ce sont des tempi rapides, beaucoup plus que ceux pratiqués aujourd'hui. Mais tout est lié : nous avons vu comment des éléments techniques contribuent à fixer un tempo ; tempo qui souligne l'articulation d'origine d'un thème, qui lui-même se trouve ne plus en être un vraiment, faisant alors apparaître un choral enfoui autour d'une ligne de ténor qui semblait dormir là...

A vous entendre il y aurait donc une multitude de petits détails qui ne seraient pas respectés aujourd'hui...
Prenons l'ornementation. Les trilles sont couramment joués en partant de la note principale, souvent par commodité. Mais j'ai découvert par hasard dans la dernière page d'une oeuvre composée en 1792 (Variations WoO 40 sur le "Se vuol ballare" des Noces de Figaro de Mozart) une série de trilles et leurs doigtés. Et là, pas de doute les trilles commencent bien par la note supérieure, sauf dans le cas d'une seconde descendante. C'est dans cette page que j'ai pu comprendre que quand Beethoven souhaitait un trille sur la note principale il le notait en toutes notes. Deux découvertes pour une seule page : le détail de l'ornementation beethovénienne et un indice sérieux pour la restitution des tempi (cf. ci-dessus ndlr). J'ai ainsi parcouru de nombreuses pages et j'ai pu mettre en valeur cette "manie" de la précision qu'avait Beethoven pour noter ses volontés musicales. Des indications si nombreuses qu'elles sont en partie mal comprises ou déformées. Les rééditions appparues tout au long du XIXe siècle ont systématiquement lissé et détruit ce tissu d'articulations et même d'agencements ou de doigtés devenus incompréhensibles sauf à revenir aux premières éditions - ce que je fais. Le domaine des articulations est peut-être le plus vaste malentendu en ce qui concerne cette musique, vu le nombre considérable de modifications et donc de fautes que l'on trouve encore aujourd'hui. Beethoven ne répétait jamais une phrase de la même façon, outre l'articulation, il modifiait les harmonies, les carures, et mêmes les ornements - cela le rapproche encore plus du XXIe siècle et de nous. J'ai donc choisi aujourd'hui de publier une nouvelle édition disponible courant 2008 de ces
Trois Sonates op. 2 dans ce que j'appelle pudiquement une reconstitution pré-romantique qui reprend le texte original avec mes remarques et mes propositions pour les interprètes. C'est cette version que Martine Vialatte interprétera au piano le 6 avril 2008 à 16h30, Maison de la Musique à Nanterre.

Propos recueillis par Laura Armel

MUSIQUE CONTEMPORAINE
ET
PRATIQUE CHORALE AMATEUR

Rencontres organisées par l'ARIAM
en partenariat avec le réseau européen
d'Art vocal tenso, dans le cadre du Festival Musiques de Notre Temps

Samedi 5 avril 2008 de 14h30 à 18h
Cette journée permettra d'approfondir et de développer les thématiques abordées lors de la rencontre de mars 2007 :
- Présentation du réseau européen d'art vocal tenso.
- Comment aborder et travailler une oeuvre contemporaine avec un choeur amateur.
- Comment constituer un répertoire choral contemporain et effectuer la recherche d'une oeuvre adaptée à un niveau donné.
- Comment favoriser les liens entre les compositeurs et les amateurs.
- Comment écrire une oeuvre contemporaine pour un choeur amateur.

Avec :
Ivan Bellocq, compositeur, modérateur de la rencontre
Guy Reibel, compositeur. Pédagogue reconnu ayant beaucoup écrit pour la voix et les choeurs (notamment amateur), Guy Reibel partagera sa longue expérience et présentera son DVD "Le jeu vocal".
Georges Kan, directeur artistique des éditions musicales européennes.
Éditeur engagé,
Georges Kan parlera de son travail d'édition de musique contemporaine vocale et présentera son catalogue.
Thibault Lam Quang, chef du choeur de chambre "Les temperamens variations "viendra témoigner du travail qu'il mène actuellement sur la création d'Yvan Bellocq "Au-delà" (commande de l'Ariam) avec le CRR de Versailles et le CRD de Mantes-la-Jolie.
Un intervenant de tenso
Public : Chefs de choeur, compositeurs, professeurs et élèves en classes de composition, éditeurs de musique, professeurs de chant...
Lieu : Théâtre des deux Rives - 107, Rue de Paris - 94220 Charenton-le-Pont Métro : Liberté
Information et inscription : auprès de
Florence Biéret au 01 42 85 45 35

Le Dimanche 30 mars 2008 à 17h, Reprise de créations récentes, dirigées par de jeunes chefs de choeur, avec notamment des commandes de l'Ariam.
Chapelle de Conflans - 2 rue du Séminaire de Conflans - 94220 Charenton-le-Pont
www.musiquesdenotretemps.org

Rencontre avec Frieder Bernius
La formation et le métier de chef de choeur en Allemagne
Samedi 29 mars 2008 10h-13h

À l'occasion de sa masterclass de direction de choeur, l'Ariam propose une rencontre avec Frieder Bernius qui décrira l'enseignement de la direction de choeur et donnera quelques éléments sur la pratique chorale amateur et professionnelle en Allemagne.
Conservatoire du 6e arr. de Paris, 3ter rue Mabillon 75006 Paris
Information et inscription : auprès de
Florence Biéret au 01 42 85 45 35

La masterclass de direction de choeur de Frieder Bernius (du 25 au 29 amrs) est ouverte aux auditeurs libres, Auditorium Saint-Germain et conservatoire du 6 arr. de Paris. Inscription obligatoire auprès de Florence Biéret

Rencontre avec Ronald Klekamp
La formation du chanteur aux Pays-Bas
Samedi 19 avril 2008 10h-13h

À l'occasion de sa masterclass "pratique et pédagogie du chant" l'Ariam propose une rencontre avec Ronald Klekamp qui décrira l'enseignement du chant dans différentes structures aux Pays-Bas.
Cité internationale des arts, 18 rue de l'hôtel de ville 75004 Paris - Métro : Pont-Marie
Information et inscription : auprès de
Florence Biéret au 01 42 85 45 35

La masterclass de Ronald Klekamp, "pratique et pédagogie du chant", les 19/04 : 10h-13h et 14h-17h ; 20/04 : 14h-17h est ouverte aux auditeurs libres, Inscription obligatoire auprès de Florence Biéret Cité internationale des arts

Alain LOUVIER compositeur invité à la
Semaine de musique contemporaine du Conservatoire de Boulogne-Billancourt (92)

jeudi 10 avril 2008 Auditorium à 20h - Entrée gratuite sur réservation
Concert redonné au CNR de Paris le 18 avril à 19h
A. Louvier : Envols d'écailles
O. Messiaen : Le Réveil des oiseaux
A. Louvier : Étude pour agresseurs, livre 7.
Commande du conservatoire, création mondiale.
Orchestre du conservatoire, direction Pierre Calmelet

Pour ce premier concert, Alain Louvier a tenu à rendre un hommage particulier à son maître Messiaen, dont on célèbre le centenaire en 2008.
Réveil des oiseaux est la première oeuvre de Messiaen pour piano et orchestre dans le "style oiseau" et - fait extraordinaire - est exclusivement composé de chant d'oiseaux français. Après la Suite en do, composée en 1977 pour un orchestre de 21 musiciens, Alain Louvier (qui se fit remarquer dès l'âge de 19 ans pour ses fameuses Études pour agresseurs, nouvelle technique de clavier utilisant les doigts, les paumes, les poings et les avant-brasŠ) a décidé de clore, 43 ans plus tard, ce grand cycle, par un 7e livre récapitulatif : piano, clavecin, orgues et orchestre.

samedi 12 avril 2008 Auditorium à 18h - Entrée gratuite sur réservation
Musique de chambre
Par les étudiants et professeurs du conservatoire
19 Agrexandrins pour piano
4 Chansons de France
Duels pour percussions

Ce concert est principalement consacré à l'intégrale de la grande somme pédagogique qu'Alain Louvier a destiné aux apprentis pianistes de tous âges. Les Agrexandrins, écrits en 1981 et 1992, comportent trois livres de difficultés progressives. Reprenant la technique gestuelle des Études pour agresseurs, mais dans un style plus poétique, et souvent ludiques, ces 19 Agrexandrins (mot hybride alexandrins/agresseurs) portent le titre d'un alexandrin choisis dans la poésie française, ainsi Délicieux démon, désirable et glacé (P. Valéry) ou La terre a tressailli d'un souffle prophétique (G. de Nerval).
Des dessins d'enfants inspirés par ces titres seront projetés pendant ces pièces.
En interlude, des Chansons de France très connues, harmonisées en 2000 pour voix d'enfants et piano.
Enfin, du théâtre musical avec Duel pour percussions, écrit en 1971 pour le conservatoire de Paris, véritable satire du "morceau de concours".

mardi 15 avril 2008 Salle d'art lyrique à 20h - Entrée gratuite sur réservation
Musique de chambre
Par les étudiants et professeurs du conservatoire

Oeuvres de musique de chambre d'Alain Louvier
Nuit de feu, rumeur d'espace
Toccata di Luce
Qu'est devenu ce bel oeil ?
Cinq éphémères
Hydre à cinq têtes
Herbier I

Veinure. Hanae Gotoh, lauréate du concours Jeunes compositeurs 2007.

Autour d'une grande oeuvre récente (Nuit de feu, rumeur d'espace) créée en 2001 par l'ensemble Double B, qui reprend la formation du quintette La Truite de Schubert et propose une lecture purement instrumentale du fameux poème Les Djinns de Victor Hugo, Alain Louvier a souhaité que les jeunes étudiants du conservatoire rejouent des pièces écrites pour eux dans les années 1972-86 alors qu'il en était le directeur.
Ces pièces, aux titres parfois cocasses (Hydre à cinq têtesŠ) répondent toujours à une situation pédagogique précise, ainsi Qu'est devenu ce bel oeil ? pour flûte et bande magnétique, première pièce mixte jouable par des flutistes en herbe qui, au lieu de se laisser mollement accompagner par un piano qu'ils écoutent rarement, sont ici obligés de suivre une bande enregistrée déroulant de subtiles variations sur une chanson de Claude Le Jeune.


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