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Lettre
à la Ministre de la Culture
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Comme
toutes les informations venant de la profession font
état de difficultés budgétaires plus ou
moins accentuées, nous avons trouvé utile
d'écrire à la Ministre de la culture au nom de
Futurs-Composés en association avec le Living afin de
l'alerter sur le risque que ces baisses feraient courir
à un secteur particulièrement fragile de la
vie musicale.
Si vous
trouvez ce texte pertinent, vous pouvez déclarer
votre soutien en devenant vous-même
signataires.
Merci,
dans ce cas, de nous le faire savoir.
Nous
avons tous besoin de votre soutien.
David
Jisse
Président de Futurs-Composés
L'équipe de
Futurs Composés - futurscompos@yahoo.fr
06 83 60 46 97 - 19 av Carnot 94230 Cachan
L'équipe du
Living - info@leliving.com
06 18 95 47 73 - 5 rue de Bruxelles 75009 Paris
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Madame la Ministre de la Culture,
C'est par un monosyllabe
que vous confirmiez il n'y a pas si longtemps votre
désamour de la musique contemporaine. Si je reprends
le "carnet d'adresses à l'usage des journalistes
étrangers" joint à la lettre d'Olivier
Poivre-d'Arvor récemment publiée à
destination de nos amis américains qui eux aussi,
savent dire ce qu'ils pensent, je constate que sur les 300
noms d'artistes français cités pour leur
rayonnement mondial il fallait lire les noms de Georges
Aperghis, Pierre Boulez, Pascal Dusapin, Henri Dutilleux,
Pierre Henri et Philippe Hurel représentant ladite
musique contemporaine, soit 2% de la culture en France en
proportion des noms cités selon ce document (merci
à lui).
Je suppose donc que ces
six créateurs composent cette musique que vous
n'aimez pas. Joignons le nom de György Ligeti pour ses
Etudes pour piano, celui de Bernd-Alois
Zimmermann pour Die Soldaten, ou encore celui de Karlheinz Stockhausen
dont l'évocation doit suffir à vous
empêcher de trouver l'appétit. Xenakis, Nono et
Cage ? Nous les ajoutons sans hésiter. Britten?
hum... oui. Messiaen ? bien sûr ! Copland ? Of
course... Je vous passe les Barber, les Prokofiev, les
Poulenc ou encore les Milhaud. Les Varèse et les
Bartók ? Oui. A mon avis nous ne perdons rien
à balancer également Berg, Webern et
Schoenberg (ils sont vraiment trop, ils n'ont même pas
vieilli). Debussy ?
Debussy ? Le pensez-
vous sincèrement ? Il est vrai que son empreinte se
glisse parfois jusqu'à Messiaen, Grisey ou même
Xenakis. Allons, lui aussi ! Par la même occasion
joignons-y Ravel, Chabrier, Fauré...
Mais... Madame la
Ministre, vous n'aimez pas la musique ! C'est donc cela ! Et
vous n'osiez pas le dire. Vous devez terriblement souffrir !
Sans doute évitez-vous de visionner des films ou des
ballets. La musique est partout, quelle horreur ! Mais
comment faites-vous ? Il faut absolument fermer France
Musique et tous ces robinets à effluves sonores. La
télé. J'y pense ! Pas de télé,
cela sera plus simple. Pas de cirque, pas de
théâtre, pas d'orchestre, même pour
l'armée...
Dling dling.
Excusez-moi, c'est le téléphone.
"Allo, oui ? hum hum, d'accord, je comprends, et bien merci
et au revoir."
Oui, je vous prie de m'excuser, c'était votre
Ministère qui m'appellait pour me dire qu'il
s'agissait en fait d'une plaisanterie visant à
dissuader les artistes de demander toute aide ou soutien
pour leurs projets respectifs. Les grandes institutions
peuvent quant à elles venir retirer leur
chèque à sept chiffres comme d'habitude.
Business as
usual...
Ah, vous me rassurez
!
Georges
Kan
musicologue et éditeur de
musique
recommande vivement de signer le texte de
David Jisse (Futurs Composés - Living)
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