bisbigliando.com - janvier-février 2004

musique contemporaine

PRÉSENCES 2004

Festival de création musicale - Maison de Radio France
du 31 janvier au 15 février

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mise à jour : 18 novembre 2004

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82 compositeurs, 14 pays représentés
104 oeuvres
76 créations
53 créations mondiales
23 créations françaises
43 commandes de Radio France
21 concerts -
tous les concerts sont gratuits, dans la limite des places disponibles, et ont lieu à la Maison de
Radio France (Salle Olivier Messiaen et Studio Charles Trene)


renseignements 01 56 40 15 16
www.radiofrance.fr

L'artiste et le continent

La musique est l'art du temps, mais c'est aussi celui de la forme. Ainsi, nous avons souhaité célébrer, dans le cadre de l'édition 2004 du festival Présences, à la fois un artiste vivant, qui incarne l'histoire de la musique telle qu'elle est en train de se forger, et une région de l'Europe musicalement très active, qui permettra de redonner à la musique sa vertu de paysage.
L'artiste, c'est le compositeur français Philippe Hersant (né en 1948). Hans Werner Henze, héros de Présences 2003, avait déjà l'épaisseur du mythe et la dimension de l'Šuvre accomplie. Philippe Hersant, par contraste, se situe au carrefour de la jeunesse et de la maturité ; il a derrière lui une Šuvre relativement abondante, en même temps il s'est trouvé une personnalité musicale réellement originale après avoir longtemps bataillé contre les préjugés de son époque et contre ses démons intérieurs. C'est donc un compositeur en mouvement, un artiste riche de ses interrogations et de son avenir propre, un créateur également qui s'intéresse autant à l'orchestre qu'aux formations de chambre, autant à la voix qu'à l'instrument.
La région, c'est l'Europe du Nord, c'est-à-dire les pays de la péninsule scandinave (Norvège, Suède), augmentés du Danemark, de l'Islande et de la Finlande, qui sont les invités de Présences 2004 par l'intermédiaire du Conseil Nordique des Compositeurs et du festival Magma. Si le répertoire nordique ne se réduit pas à Grieg et à Sibelius, la musique de ce début de XXIe siècle est dans ces contrées septentrionales plus étonnante encore, par la variété de l'inspiration des compositeurs et la qualité des interprètes qui les servent. Qu'on ne s'attende donc pas à un paysage nordique uniforme, mais à une somme de personnalités dont les styles défient la géographie.
C'est aussi une joie pour nous d'accueillir des interprètes venus du Nord, solistes et grandes formations. Ils viendront s'associer aux interprètes français, notamment aux formations de Radio France (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique, ChŠur et Maîtrise de Radio France) qui se propose, à l'occasion de ce festival, de partir à la recherche d'un nouveau pays de Thulé et de célébrer la fécondité d'un créateur.

René Koering
Directeur de la musique à Radio France

Le Cdmc vous souhaite une bonne année et vous invite le mardi 13 janvier 2003 de 9h30 à 18h à l'Ecole Normale Supérieure - 45 rue d'Ulm - Paris 5e

Colloque : Résistances et utopies sonores
sous la direction de Laurent Feneyrou

Gianfranco Vinay (Université Paris VIII) : " Topie audio-visuelle et société du spectacle "
La " topie ", catégorie opposée à l'utopie, est devenue l'un des caractères marquants de la " société du spectacle " contemporaine. À partir de l'analyse d'un spectacle musical " hyper-topique " (El niño de John Adams), notre intervention mettra en évidence les équivalences socio-économiques entre quelques principes de l'" empire de l'écran " et la société de consommation actuelle : la temporalité du " présent permanent ", l'abolition de la " vision sonore " et la " distance ".
Peter Szendy (Université Marc-Bloch, Strasbourg) : " Da capo (révolution et répétition) "
À partir des propositions de Fellini (Prova d'orchestra) et de Resnais (On connaît la chanson), il s'agira d'interroger le problème de la répétition en musique : quelle est son Šuvre ? De quelles forclusions a-t-elle fait l'objet (chez Schoenberg et quelques autres) ? Quel est son lieu, entre la dimension prépolitique de la " mélodie obsédante " et celle, politique, des hymnes au sens large ?
Esteban Buch (CRAL/EHESS, Paris) : " Lectures politiques de la technique sérielle "
" La série, écrivait Arnold Schoenberg en 1947, n'a aucun rapport avec la devise "Liberté, égalité, fraternité", ni avec le bolchévisme, le fascisme ou tout autre doctrine totalitaire. " La forme négative de la déclaration rappelle que, à cette date, nombreux sont ceux qui veulent entendre dans la technique sérielle une dimension politique &endash; une tendance qui se prolongera dans certaines discussions suscitées par le sérialisme intégral. Cette communication sera consacrée à poser quelques repères historiques de cette idée, et à s'interroger sur ses présupposés et ses conséquences.
Laurent Feneyrou (CNRS) : " Un cas de censure musicale : Johann Faustus "
Peu avant la Seconde Guerre mondiale s'opposèrent deux conceptions du réalisme. Selon Lukács, la totalité ininterrompue est décisive si l'artiste recherche une représentation de la réalité effective, enchevêtrée, mais close, cohérente et objectiviste. Inversement, Eisler saisit la nécessaire discontinuité révolutionnaire du réalisme, ses brisures et ses interpolations, contre le thuriféraire fasciste du continuum. Cette tension entre les deux réalismes se manifesta à nouveau dès l'après-guerre. Face aux thèses de Jdanov, Walter Ulbricht menait en RDA une politique où l'union de la classe ouvrière et des intellectuels était recherchée à travers la lecture des classiques, et notamment celle du Faust de Goethe. Johann Faustus de Hanns Eisler, dont l'interdiction du livret en 1953 sera le thème de notre intervention, finalisera a contrario les fondations culturelles de l'Allemagne de l'Est.
Nicolas Donin, musicologue : " Frontières politiques de la musique contemporaine : l'école polonaise des années soixante et sa réception française "
Stabilisée par des marques stylistiques originales communes à ses principaux représentants, et par des circuits institutionnels assez bien définis (le festival Automne de Varsovie en particulier), l'" école " polonaise des années soixante a toujours été présentée comme un groupe alors même qu'on percevait l'hétérogénéité de ses membres pionniers. Un tel phénomène présente de singulières analogies avec la montée en puissance des écoles nationales du xixe siècle dans l'Europe musicale. Nous essaierons de montrer comment la réception de la " nouvelle école polonaise " réactive ou rejoue des mécanismes mis en place dans le contexte du nationalisme au siècle précédent.
Pierre-Albert Castanet (Université de Rouen) : " Les affaires culturelles de la France en 1968 : la part de la musique "
La fin des années soixante et le début de la décennie suivante ont traversé ce que Jean-Paul Aron a appelé " l'âge écologique, troisième figure d'ascèse d'une civilisation frigorifiée, la première consistant dans la narcose des sentiments pour l'Šuvre d'art [Š], la seconde [Š] dans l'abdication par l'intellectuel de son confort de classe, la dernière dans un refus du monde actuel à coups de musique et de drogue, d'exil et d'ésotérisme communautaire ". Suivant l'adage d'Eugène Ionesco, qui déclara fièrement que " l'avant-garde, c'est la liberté ", la panoplie de l'avant-gardiste soixante-huitard a alors contenu quelques artifices infaillibles se rapportant à l'ordre moral, religieux, mais aussi philosophique et socio-culturel. Quelle place institutionnelle fut dans ce contexte celle de la musique ?
Brice Pauset, compositeur : " De la technologie sans technique " Il sera question de la signification, plutôt que des effets, de l'utilisation dans le cadre de la musique des moyens technologiques les plus récents. Ces moyens technologiques seront analysés non seulement en regard des fonctionnalités (musicales entre autres) qu'ils promettent, mais également en tant que phénomènes d'instanciation de possibles résurgences archaïques (thématique du pouvoir, mythologiesŠ). Il sera utile enfin de discerner la part véritable de la technique comme mode d'engendrement dans la matérialité des instruments technologiques.

Table ronde conclusive
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Cdmc 01 47 15 49 83

prochains concerts de l'Ensemble 2e2m

lundi 12 janvier 2004 à 20h
Le Trianon
80, Bd de Rochechouart - 75018 Paris - métro Anvers

Misato Mochizuki 4D
création mondiale/commande d'Etat pour fl, cl, cor, tb, perc, pno,vla, vlc, ctb - 12'
Martin Smolka Solitudo
création mondiale/commande d'Etat pour fl, hb, cl, ba, cor, tp, tba, perc, pno, guit, vlc - 13'
Karmella Tsepkolenko Cabine pour 8
création mondiale/commande d'Etat pour fl, cl, sax, perc, pno, vl, vla, vlc - 15'
Dmitri Yanov-Yanovsky Insomnia
création mondiale/commande d'Etat pour mezzo-soprano, fl, cl, pno, vl, vla, vlc - 17'
Giuliano d'Angiolini Allegretto 94.6.2
création mondiale/commande de l'Etat pour 2 fl, hb, 2 tp, 2 vl, 2 timbaliers - 10'

Ensemble 2e2m
Paul Méfano direction
Pierre Roullier direction
Sylvia Vadimova mezzo-soprano
entrée libre
renseignements et réservations : 01 47 06 17 76

prix des
éditions musicales européennes 2005

Lauréat 2003 :
Carsten Hennig
(en partenariat avec le IIIe Forum International des Jeunes Compositeurs)

 

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