Rika Suzuki (rubrique publiée en 1999)

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Vis sans fin II - création,
9 Octobre 1999 à Radio France (18h)

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mise à jour : 1 Septembre 2002

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Rika Suzuki en quelques dates et en quelques mots...

Vis sans fin II
pour trois percussionnistes

Biographie Après des études musicales dans sa ville natale, Rika Suzuki (née en 1960 à Tokyo) vient parfaire sa formation au Conservatoire de Paris où elle obtient les premiers prix en Harmonie, Fugue, Contrepoint, Orchestration et instrumentation, et en Composition avec Paul Méfano en 1993.

En 1995, elle obtient le diplôme supérieur de composition à l'Ecole Normale de Musique de Paris (dans la classe de Yoshihisa Taïra)

En octobre 1996, après avoir obtenu le DEA en musique et musicologie du XXe siècle à l'Ircam, elle est admise en Formation Doctorale dans ce même institut.

Ses oeuvres ont été jouées à Radio France ("La Flûte verte", "L'incident téléphonique") et au Centre Pompidou par l'Ensemble l'Itinéraire ("Réminiscences de..."). Elle a également reçu le prix du Sixième Mondial de la vidéo à Bruxelles pour la musique du film "Regardez-moi, je vous regarde" en 1996.

Sa pièce pour trio à cordes "Vis sans fin" a été créée par le Trio à cordes de Paris, au festival "Aspects des musiques d'aujourd'hui" à Caen (1998).

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C'est la deuxième fois que j'écris une pièce, inspirée par les gravures de Maurits Cornelius Escher, peintre hollandais (1898-1971).

Dans Vis sans fin II , j'ai imaginé les évènements, en commençant par l'apparition de la poussière dans le Noir, ensuite cette poussière se transforme progressivement en quelque chose qu'on a du mal à définir, ensuite en autre chose encore, et ainsi de suite jusqu'à revenir à l'état initial. C'est donc le processus de transformation ou de métamorphose qui est au centre de mon intérêt.

Mais comment effectuer une métamorphose d'une manière si progressive que la transformation reste imperceptible ou inaudible ?

Dans Métamorphose II de Escher, les carrés initiaux se transforment en corps humains, puis ils deviennent abeilles, ensuite poissons, etc...

En ce qui concerne le domaine sonore, les sons agissent évidemment sur l'écoute, mais pour moi, ils dessinent également des images qui ne sont pas forcément de nature visuelle. Je voulais inventer mon propre procédé musical, pour aboutir au phénomène de la métamorphose : c'est le principe du "fondu-enchaîné" que j'ai déjà expérimenté dans ma pièce précédente Vis sans fin, pour trio à cordes. Dans la pièce pour percussion, ce même principe s'applique à tous les niveaux, tout aussi bien sur les petits fragments que sur les grandes sections.

Dans ces deux pièces, j'ai essayé également le principe du décalage progressif entre les éléments joués par les différentes parties instrumentales, ce qui donne une illusion comparable à celle dans Montée et Descente de Escher et le fameux Escalier de Penrose. On pourrait appeler cela dans ma pièce du "trompe-oreille".

Dans ma musique, il y a une condensation progressive des évènements, qui conduit à une sorte d'étouffement, pour finalement laisser exploser et se disperser la matière - telles des molécules dans l'infini de l'espace - et fournir ainsi la base d'un cycle nouveau.