Jean-Marc Singier (rubrique publiée en 1999)

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Jean-Marc Singier - S'immiscent, en phases, en lice, en files, pêle-mêle pour ensemble

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Mercredi 21 Avril,
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mise à jour : 1 Septembre 2002

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Jean-Marc Singier en quelques dates et en quelques mots...

1954 Naissance à Paris

1981/83 Cours de Composition avec Franco Donatoni à l'Académie Sainte-Cécile de Rome

1985 Prix de la Fondation Maurice Ravel

1986/88 Pensionnaire à la Villa Médicis (Rome)

1992 Stage d'informatique musicale de l'Ircam

Depuis 1989 Professeur d'analyse au Conservatoire d'Auxerre

Un fantaisiste méticuleux ou l'histoire d'un bricoleur hors pair.

Témoignages.

Ma première rencontre avec la musique de Jean-Marc Singier remonte à quelques années déjà. Je me souviens encore de lacuriosité et de l'effet qu'avaient produit sur moi Blocs, en vrac, de bric et de broc et Figures en phases, éparses emphases, épures. Ce "personnage" - que je ne connaissait pas encore -avait indéniablement du caractère. Surtout, sa musique, raffinée, concise, subtile et ludique utilisait la percussion de façon très intéressante.

 

Seul quelqu'un qui a pratiqué la percussion peut avoir cette sensibilité-là. Or j'appris plus tard que Jean-Marc avait étudié la percussion iranienne et africaine. On a souvent une conception avant tout rythmique de la percussion, au détriment de l'aspect mélodique et, justement, Jean-Marc avait cette seconde approche.

Peut-être sa connaissance du "zarb", tambour iranien, l'avait-elle influencé ? C'est cet aspect de son langage qui nous a conduit à lui commander une ¦uvre : Drus, flous, débridés : des bouts s'ébrouent.

Dans cette pièce, on retrouve la percussion "traditionnelle", mais surtout une écriture contrapuntique où les peaux dessinent une mélodie, alors qu'à l'inverse, les claviers façonne la matière, la pâte sonore, et précisent le rythme et le phrasé...

 

Strasbourg, première répétition, présence du compositeur, premières angoisses, premières surprises.

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Voici enfin l'homme à l'imperméable ! Son côté "inspecteur " (l'allusion est certaine...) se retrouve dans le travail : il traque le moindre indice, détaille, recherche les imperfections, se remet en question, note tout. Encore une fois, sa connaissance de la percussion lui donne un regard très pertinent. Je me souviens du travail passionnant effectué sur le troisième mouvement. Celui-ci met particulièrement en valeur les métaux (cymbales, gongs, cloches, vibraphones...).

Ce jour-là, nous avons certainement essayé toutes nos cymbales et une bonne partie de nos baguettes afin de trouver l'alliage de timbres qu'il avait lui-même entendu au moment de l'écriture. L'ensemble des répétitions s'est déroulé ainsi, à l'affût du moindre détail.

Aujourd'hui encore, cette façon de travailler a laissé des traces et

nous continuons à explorer de fond en comble les possibilités sonores.

Avec Jean-Marc, nous avons désormais une longue liste de souvenirs communs : un concert à Saverne avec Philippe Hurel où Jean-Marc a subjugué son auditoire par ses talents de chanteur (je suis sûr qu'il se souvient de Là-haut sur la montagne...), à Royaumont, où ses talents d'acteurs ont fait merveille, à Musica, et en bien d'autres lieux encore.

Alors Jean-Marc, encore merci pour ces merveilleux moments buccolo-érotico-exotico-musicaux... passés ensemble.

Eh ! l'homme à l'imperméable : Crus, ébats, débattus : Des coups décousus. Ne serait-ce pas le titre d'une nouvelle pièce pour les Percussions de Strasbourg ?

Jean-Paul Bernard

Représentant du collège des musiciens des Percussions de Strasbourg

 

avec l'aimable autorisation des Editions Henry Lemoine
http://www.editions-lemoine.fr