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Frédérick Martin (rubrique publiée en 1999) |
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Honor Gradus Dignitas
Vers l'âge de 6 ou
7 ans, l'idée de ce que furent les chevaliers et en
particulier les Croisés, m'apparut nettement et comme
révélée. N'ayant ni leur force, ni leur aptitude
au sacrifice, il me reste à leur rendre hommage. L'honneur, la
fermeté et la dignité nouaient d'un serment la noblesse
de leur fonction. Mais, me direz-vous après avoir
écouté la partition, nous y sentons plutôt
l'influence du rock. La musique rock est celle d'hommes qui semblent
posséder une histoire, de la même manière qu'il
m'en semble posséder lorsque je songe à la chevalerie.
J'ai donc réalisé trois mouvements de durées
respectives approximativement liées par la proportion 3, 4 et
2, chacun dédié à un aspect du serment, le
mouvement le plus développé édictant les
conditions de la fermeté, le plus étrange de la
dignité, le plus évident l'honneur au premier.
F. Martin
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Peu après ma venue au monde, en mars 1958, j'ai filé vers l'Afrique, où la musique m'attendait. Comme il n'y avait pas de conservatoire dans mes pays de résidence, mon apprentissage se fit intégralement en solitaire. De retour en France, j'abandonnai le lycée. L'essentiel de mon existence sociale s'écoula jusqu'en 1989, à copier pour divers éditeurs, tout en continuant à écrire solitairement (2e Cantate, Concerto pour violon, Lug...). Je tâche à présent de me servir de tout ce qui se trouve à disposition du compositeur en terme de sons, de formes, de ressources grammaticales, de paradoxes, de pulsions, de cassure" Voici comment Frédérick Martin définit lui-même sa carrière. Sa sensibilité, tel un sismographe, met à nu la misère humaine dans un vaste répertoire d'oeuvres d'où se dégage une grande finesse, même si les titres, les formes ou les modes d'expression semblent choquer. Ce serait peu dire que d'assurer que Frédérick Martin est un compositeur engagé. 1989-91 : pensionnaire à l'Académie de France à Rome 1992-93 : cursus d'informatique musicale à l'Ircam 1993-94 : Villa médicis hors-les-murs (Californie) Commandes : Etat, Radio France (1986, 87, 94, 98), fondation Royaumont, E.I.C., Festival "Aujourd'hui Musiques" de Perpignan, "Association des Amis de l'orgue" d'Angoulème, commandes privées d'instrumentistes et de mécènes. |
ee
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Frédérick Martin écrit une musique essentiellement tendue : tessitures et registres extrêmes, organisation méditée des contraintes, exploration des ressources instrumentales à la limite du possible, mobilisation des énergies de l'orchestre en des sonorités éruptives et incandescentes, tels sont les traits qui caractérisent un style d'écriture tout entier concentré sur l'effort. Pourtant rien d'ingrat ni de rebutant dans le résultat audible. La virtuosité d'écriture, qui est manifeste jusqu'au moindre détail de l'instrumentation, obéit à un souci méticuleux d'articulation. Une plastique sonore s'impose à l'écoute, semblant partagée entre la violence transgressive et la volonté d'épure. L'architectonique musicale de Frédérick Martin joint une mobilité effervescente à un élan primordial. Clameurs, stridences, déflagrations scandent une irrésistible dynamique ascensionnelle. Encore un style de l'acier : c'est autour de ce titre emblématique de l'oeuvre que se noue un étrange rapport du calcul et de la pulsion, tout de véhémence et de rage froide.
Actuellement ... Des hommes de
contradiction Ecriture de la 3e Symphonie - Commande de Radio France |