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Michaël Lévinas (rubrique publiée en 1999) |
bisbigliando.com | |||||||||||||||||||||||||||
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4 Juin 1999
19h30 Bath Festival (The Pavilion), Les Percussions de
Strasbourg 21 Juin 1999 à
Bruxelles - Salle des Botaniques, Ensemble Musique
Nouvelle 26 Juin 1999
à l'Ircam - Festival Agora, Ensemble
l'Itinéraire
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Né à Paris, Michaël Lévinas a fait ses études au C.N.S.M.P Il a eu pour maîtres notamment, Vlado Perlemuter, Yvonne Lefebure, Yvonne Loriod, et en composition Olivier Messiaen. En 1974, Michaël Lévinas fonde avec d'autres compositeurs l'ensemble l'Itinéraire, avant d'être pensionnaire pendant deux ans à l'Académie de France à Rome - la Villa Médicis. En tant qu'interprète, Michaël Lévinas a réalisé une discographie significative, comprenant notamment l'intégrale des Sonates de Beethoven enregistrée chez Adès. Michaël Lévinas se consacre autant au répertoire classique, au romantique qu'à celui du vingtième siècle. Son double profil (pianiste-interprète et compositeur) lui confère une originalité parmi ses contemporains, définie dans les orientations et les enjeux de son travail musical. Le parcours de compositeur de Michaël Lévinas s'identifie avec la création d'oeuvres remarquées dans les plus grands festivals, citons notamment Ouverture pour une fête étrange (Rencontres Internationales de Musique Contemporaine à Metz, 1979), La conférence des oiseaux (spectacle musical mis en scène par Michaël Londsdale en 1985), Prefixes (commande de l'Ircam et de l'Ensemble Intercontemporain en 1991), Par delà (commande du festival de Donaueschingen en 1994, créée par l'Orchestre de la Sudwestfunk sous la direction de Michaël Guielen), l'opéra Gogol (créé par le festival Musica de Strasbourg, l'Ircam et l'opéra de Montpellier dans une mise en scène de Daniel Mesguich en 1996). Michaël Lévinas est professeur d'analyse au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. |
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La percussion n'est-elle pas la compagne attitrée de la musique européenne ? De compagne, la voilà devenue autonome au XX° siècle. Autonomie ambiguë. Qu'entendons-nous dans la percussion seule ? Certes, toute la richesse combinatoire qui est signifiée par le cantonnement percussif - comme une sorte de musique "abstraite", litote du musical - mais aussi l'euphorie et la spontanéité sonore d'un langage qui naquit dans l'influence des premières musiques concrètes inventées au studio. Nous avons assisté aussi à une inflation d'instruments particuliers venus de cultures extra-européennes. Cette irruption de la percussion dans la musique contemporaine confirmait l'évolution de plusieurs siècles d'écriture occidentale, et la libération d'un matériel apparemment trop souvent limité à un rôle de machine à rythmes, encombré de souvenir de marches viriles et de folklore. Mais aujourd'hui la progressive maîtrise du son par la technologie pourrait peut-être nous amener à reconsidérer le rôle de cet instrumentarium. Comment appréhender le matériau brut d'instruments souvent créés dans des civilisations musicales qui ne sont pas basées sur la pensée de l'écriture ? Utilisés pour eux-mêmes, ces instruments signifient aussi la limite d'un matériuau fondamentalement non occidental, c'est-à-dire conçu sans technique combinatoire. C'est là peut-être la différence irréductible entre un violon et un piano d'une part, et un gong balinais d'autre part. Quelles que soient les richesses harmoniques de ce gong, sa "maléabilité" est limitée par essence. A moins que les virtualités sonores de ce gong soient explicitées par un orchestre. Mais n'y a-t-il pas justement dans ce matériau brut offert aux compositeurs de nouvelles manières d'explorer la mise en vibration de la matière qui ne se cantonneraient plus à la frappe ? Dans "Voûtes", j'ai travaillé sur l'idée de l'éclat du cuivre provoqué par des chutes tournoyantes sur des surfaces réfléchissantes. Il s'agit d'une étude sur de nouvelles transitoires d'attaques non restreintes au percussif. De plus, de par son caractère limité, la percussion exprime au delà de la percussion : ce que l'on pourrait appeler l'énigme du son. Ainsi la chûue, l'éclat du cuivre dans la résonance d'une voûte m'évoque - par litote acoustique - l'éclat de la voix et le rire. Cette orchestration de cuivre est soutenue en pédale par de grands vases chinois mettant en vibration, par sympathie sur des fréquences très précises, des caisses claires. Je retrouve dès lors ce privilège du matériau "percussion", l'interférence d'un corps sonore sur un autre, le phénomène d'un ébranlement et l'évocation du souffle. Tout au long de cette oeuvre, ces nouvelles transitoires d'attaques deviennent comme des structures de développement. Il en résulte une variation continue sur trois modes (trois courtes pièces : Tournoiement du cuivre = sanglot, voûte, pulvériser) obtenus par l'utilisation contrôlée des diamètres des métaux, des caractéristiques des surfaces réfléchissantes, des temps de résonnances et des vitesses des chûtes circulaires. La polyphonie rythmique n'est plus limitée à la scansion. Avec " Voûtes" je tente de nouvelles écritures du "faire-sonner". Michaël Lévinas Août 1988 |