Betsy Jolas (rubrique publiée en 1999)

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mise à jour : 1 Septembre 2002

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Sigrancia Ballade, 13 Novembre 1999 à Forbach - Rundfunk-SinfonieOrchester Saarbrücken, direction Michael Stern, avec Nicolas Isherwood


Motet III : Hunc igitar terrorem, 21 Décembre 1999 à la Cité de la Musique, Paris - Choeur et orchestre des Arts Florissants, direction William Christie

12 Décembre au Conservatoire de Musique, Luxembourg
14 Décembre au Théatre, Caen
31 Décembre à l'Eglise Abbatiale, Mont St-Michel


O Wall, pour quintette à vent
1.12.99,
20 h 30 Istres, Espace 233
2.12.99,
21 h Marseille, Cité de la musique
4.12.99
, 20 h 30 Aix-en-Provence, Amphithéâtre de la Verrière

Solistes de l'Ensemble Intercontemporain
Sophie Cherrier, flûte, Didier Pateau, hautbois, André Trouttet, clar
inette, Paul Riveaux, basson, Jens McManama, cor

 

Sigrancia Ballade

C'est l'histoire d'une longue marche. A travers la vie, les champs, les bois... et aussi du côté de la mort. Racontée au long de fragments chantés, émergeant ça et là de l'orchestre, dont j'ai emprunté les texte à André du Bouchet. Ainsi le grand poète de toutes ces années m'aura-t-il aidé cette fois encore à baliser "ce long chemin".

Singrancia Ballade, du nom ancien de notre cher village normand, fut achevée en 1995, quinze ans après "Liring Ballade" pour la même formation sur des poèmes de mon père Eugène Jolas.

Commande d Vincent Meyer avec le concours de l' "Art Council of England", l'oeuvre fut créée à Londres le 21 mai 1996 au Royal Festival Hall par David Wilson Johnson et l'orchestre Philharmonia placé sous la direction de Yan Pascal Tortelier.
Betsy Jolas

Betsy Jolas en quelques dates et en quelques mots...

 

la voie des voix

Née en 1926 à Paris en une famille où s'épanouissaient poésie, traduction et édition littéraire, Betsy Jolas a vécu un double apprentissage musical : entre 1940 et 1946 aux Etats-Unis, puis dès 1946 au Conservatoire de Paris sous la férule d'Olivier Messiaen et de Darius Milhaud. Compagnon de route du Domaine Musical puis des grands festivals de l'avant-garde musicale, Betsy Jolas endossa en 1972 l'habit de professeur d'analyse musicale au Conservatore de Paris, succédant à Olivier Messiaen à la demande de ce dernier. Depuis lors, la voix de l'enseignant se mêle à celle de compositeur.

Sous toutes ses formes et acceptions, la voix - parlée, poétique, déclamée, chantée ou instrumentale - a toujours mû Betsy Jolas. Objet de cohérence de son parcours, la voix est le coeur d'incandescence de chacune de ses partitions. Bien entendu dans sa musique chantée : opéras (Schliemann, Le Cyclope) ou sa musique vocale de chambre (Mots, Quatuor II où, aux côtés d'un trio à cordes, la voix est instrumentalisée, sans texte). Mais également dans sa musique instrumentale : ses partitions pour l'orchestre (concertantes - Frauenleben - ou non), ses opéras sans voix (D'un opéra de voyage, D'un Opéra de poupée en sept musiques) ou le chant intime propre à la musique de chambre.

Cette quête de la voix se poursuit également dans des transcriptions (elles sont autant de vagabondages admiratifs) d'oeuvres de Schütz, Jean-Sébastien Bach et, surtout, Roland de Lassus.

La voie de Betsy Jolas est assurément d'élever un hymne à cette voix dont la quiète nostalgie assemble et apaise.

Franck Langlois

avec l'aimable autorisation des Editions Salabert
info@salabert.fr

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Motet III : Hunc igitar terrorem

Tout est parti de l'idée magnifique, et certes audacieuse, de William Christie, de me demander decélébrer avec ses musiciens, mais en toute liberté, les vingt ans des Arts Florissants. Radio France, également séduite par l'idée, s'est associée à ce projet. Je rêvais déjà d'instruments anciens, diapasons et tempéraments étranges et songeais bientôt à un grand motet sur texte latin pour solistes, choeur et orchestre, lorsqu'à ce projet la date de création retenue vint suggérer des prolongements inattendus.

Décembre 1999 ! C'était l'hiver, c'était Noël. C'était aussi, et surtout, la fin prochaine, non seulement de l'année, mais de tout un millénaire, celle d'un grand pan de notre monde...

Saisie de vertige, je cherchai alors le texte «cosmogonique» sur lequel m'appuyer. Après bien des hésitations, mon choix se porta sur le célèbre De rerum natura du grand poète latin Lucrèce, pour moi une découverte fulgurante, dont je tirai modestement un livret en trois parties et un titre «à l'ancienne» à partir de l'exorde trois fois répété :

Hunc igitur terrorem animi tenebra que necesses... (livre I 146-148)

Betsy Jolas

Quelques partitions


Points d'or (1982) - pour un saxophoniste et 15 instruments.
Commande de l'Assafra

Frauenleben (1992) - 9 Lieder pour alto et orchestre
Commande de Radio France (20')

Perriault le déluné (1994) pour choeur mixte (15')
texte de F. E. Illouz

Sigrancia-Ballade (1995) pour Baryton et orchestre (citations extyraites de «Carnets» d'André du Bouchet.
Commande du Philharmonia Orchestra (25')