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Michaël Jarrell (rubrique publiée en 1999) |
bisbigliando.com | |||||||||||||||||||||||||||
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Michaël Jarrell - Formes-Fragments, création mondiale Ensemble
L'Itinéraire, 27 Juin
1999 |
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Quelques dates : 1958 Naissance à Genève (Suisse) 1981 Cours de composition avec Klaus Huber 1986 Stage d'informatique à l'Ircam 1988/89 Pensionnaire à la Villa Médicis (Rome) 1989/90 Membre de l'Instituto Svizzero di Roma 1991/93 Résidence à L'Orchestre National de Lyon 1993/97 Professeur de composition à la « Hochschule für Musik » de Vienne (Autriche)
DISCOGRAPHIE Trei II &endash; Modifications &endash; Eco &endash; Trace-Ecart (Accord/Una Corda,1988) ¤ 204232 Essaims-cribles in "Villa Médicis 1989" (Adda/Salabert-Trajectoires 1990) ¤ SCD 9002 Assonance VI in " Présences 92 ",(Adès/Musidisc 1992) ¤ 202282 chaque jour n'est qu'une
trêve entre deux nuits... (Assonance V) &endash;
Rhizomes (Assonance VIIb) &endash; Assonance IV &endash;
Congruences Instantanés &endash; Assonance II &endash; ...d'ombres lointaines &endash; chaque jour n'est qu'une trêve entre deux nuits... (Assonance V) (Grammont Portrait / Communauté de travail pour la diffusion de la musique suisse, 1996) ¤ CTS-P44
BIBLIOGRAPHIE Les Cahiers de l'Ircam : "Michael Jarrell" Paris, Editions Ircam-Centre Georges-Pompidou, 1992, collection "Compositeurs d'aujourd'hui". AMANN Jean-Pierre, Musique pour une fin de siècle (Entretiens avec 20 compositeurs) Yverdon-les-Bains, Revue Musicale de Suisse Romande, 1994 AMANN Jean-Pierre, "Arborescences" in Construire, Genève, 26.03.85 COLLET P.-Philippe, " Michael Jarrell, composer en 1988 " in L'Impact, Genève, juin 88 CORNELOUP Gérard, "La Symphonie des Adieux" in Lyon Figaro, 9.03.93 DRUHEN Dominique, "Cassandre de Michael Jarrell, ce qui arrive et ce qu'on attend", in Le Monde de la Musique, Paris, février 94 LACAVALERIE Xavier, "Un compositeur payé au mois" in Télérama, Paris, 14.10.92 RIEDER Jean-Luc, " Michael Jarrell compositeur en résidence " in Journal de Genève, 28.9.91 ROSSET Dominique, "Don Juan malgré lui" (à propos de Dérives),in L'Hebdo, Lausanne, 26.07.85 ROSSET Dominique, "Un Air d'ouverture", in L'Hebdo, Lausanne, 13.09.90 ROTH Jean-Jacques, "Un éclat noir sous le soleil de Verbier, la terrible Cassandre de Michael Jarrell" in Le Nouveau Quotidien, Genève, 18.07.95 SCHNEIDER Frank, "Ernsthaft und eigenständig", in Dissonanz,Suisse, novembre 1989. SPAHN Claus, "Die Seherin singt nicht" in Die Zeit, München 11.02.94 TETAZ Myriam, "La Passion des contrastes" in 24 Heures, Lausanne, 24.10.92 TETAZ Myriam, "A Paris, Michael Jarrell crée l'événement lyrique de la saison " in 24 Heures, Lausanne, 7.02.94
Prix Ensemblia (Mönchengladbach, 1982) ; Prix Acanthes (Paris, 1983) ; Beethovenpreis (Bonn, 1986) ; Prix Marescotti (1986) ; Prix Gaudeamus (Pays-Bas, 1988) ; Prix Henriette Renié (Paris, 1988) ; Siemens-Förderungspreis (Stuttgart, 1990)
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Formes-Fragments de Michael Jarrell - création « Ecrites de droite à gauche, en miroir, ces multiples traces fragmentées d'une tentative de décrire et de comprendre un monde chargé de mystère et d'inconnu ont une particularité, celle d'être de la main d'un homme probablement hors du commun qui fut capable à la fois de regarder avec les yeux de l'artiste et de ceux du physicien-naturaliste. De ce dialogue entre observation (description) et explications scientifiques résulte une poésie profonde et mystérieuse. Le titre Formes-Fragments est une allusion à ma tentative d'organiser divers fragments choisis en une (des) structures(s) musicale(s). » Michael Jarrell
Regarde la lumière et considère sa beauté. Bats (cligne) l'oeil et regarde-là ; ce que tu vois n'était pas d'abord et ce qui en était n'est plus. Qui est celui qui la refait si celui qui l'a faite meurt continuellement ? De même que la pierre jetée dans l'eau se fait centre et cause de divers cercles, et que le son produit dans l'air se répand circulairement sa voix, de même les corps se répandent, ainsi tout corps placé parmi l'air lumineux se répand circulairement, emplit les parties environnantes de ses infinies images (son image indéfiniment reproduite) et apparaît tout en tout, et tout en chaque petite partie. Toutes les choses qui sont cachées en hiver et sous la neige resteront découvertes et manifestes en été. Dit pour le mensonge qui ne peutrester occulte. / Le mouvement est cause de toute vie. / Pense bien à la fin, regarde d'abord la fin. Prenons l'exemple du soleil ; si tu suis le cours d'un fleuve et que tu voies le soleil se réfléchir dans ce fleuve, autant que tu marcheras le long du fleuve, autant le soleil te paraîtra faire le chemin avec toi et cela « parce que tu » parce que le soleil est tout en tout et tout dans la partie. Tout mal laisse du déplaisir dans le souvenir, sauf le suprême mal,c'est-à-dire la mort qui tue ce souvenir en même temps que la vie. L'air est d'azur par les ténèbres qu'il a au-dessus de lui, parce que noir et blanc font azur. Tous les mouvements violents s'affaiblissent plus, d'autant qu'ils se séparent plus de leur cause. Lune froide et humide. L'eau est froide et humide. Notre mer a sur la lune une influence telle que celle de la lune sur nous. Texte de Léonard de Vinci
« Ce bonheur du coup d'oeil jeté à la dérobée dans sa fabrique... » Que dire de Michael Jarrell, in situ, c'est-à-dire qui ne puisse être dit et lu ailleurs ? De lui, il y a bien sûr : des partitions, des disques, des enregistrements de concert, des phonogrammes et des radiogrammes gravés dans diverses mémoires, internes ou externes, plus ou moins pérennes. Mais il y a aussi, moins connus, plus secrets, des sortes de musicogrammes qu'il s'envoie à lui-même, des « cartes postales », comme il dit, que j'ai eu la chance d'intercepter un jour. Ou plutôt : qu'il m'a laissé entrevoir (mi-septique, mi-consentant), puis reproduire dans le numéro spécial qu'une revue (habituellement dédiée aux manuscrits littéraires) consacrait aux écritures musicales. Dans le quatrième numéro de Genesis (1993), il m'a donc laissé faire. Laissé voir ce qu'il ne donne pas souvent à voir : ses manuscrits pour Trei II et pour Rhizomes (Assonance VIIb). Et voici donc lisibles (ou parfois illisibles) ses esquisses, ses brouillons, ses ratures, ses repentirs. Son travail sur les textes, également, ceux des auteurs qu'il ne se contente pas de « mettre en musique », comme on dit. Car ce qu'on peut désormais regarder sur ses « cartes postales » publiées (des petites fiches cartonnées rectangulaires couvertes de notes en tous genres), c'est aussi sa manière de découper les textes. Parfois sauvagement, plus souvent avec précision. En mille morceaux de papier, en mille lettrines ou syllabes que l'on peut voir se recomposer, se traduire en phonèmes, en chiffres, en rythmes. En musique. Ce bonheur du coup d'oeil jeté à la dérobée dans sa fabrique, je l'ai trouvé récemment lorsqu'il est venu nous parler à l'Ircam de son amour de la transcription. Qu'il compare d'ailleurs à la traduction. Il a ouvert devant nous la partition de son orchestration de trois Etudes de Debussy. Et il nous a expliqué avec cette merveilleuse et maladroite éloquence de l'homme de l'art ce qui se jouait là, dans le passage du piano à cet orchestre dont personne n'avait jamais soupçonné l'existence... Peter Szendy |
avec l'aimable autorisation des
Editions Henry Lemoine
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