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festival de Radio France et Montpellier 2003 |
bisbigliando.com | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Le Festival de Radio France et Montpellier Du 9 juillet au 1er août 2003
Symphoniques, musique de chambre, musique vocale dossier de presse fourni par l'agence Tandem |
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Le Festival de Radio France et Montpellier est heureux de vous inviter à son 19e voyage musical. Deux mises en scène d'opéras vous permettront de découvrir pour la première fois la toute dernière ¦uvre composée par Richard Strauss, L'Ombre de l'âne, et l'adaptation de l'¦uvre d'Edmond Rostand mise en opéra par le compositeur italien Franco Alfano, Cyrano de Bergerac, avec Roberto Alagna dans le rôle-titre. Des opéras très rares donnés en version concert seront servis par des artistes exceptionnelles, Sumi Jo sera Rita de Donizetti, Mirella Freni La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski et Anne-Lise Sollied Esther de Lidarti. La création contemporaine sera largement représentée lors de cette édition avec trois productions : Micromégas de Paul Méfano, Les Orages désirés de Gérard Condé, et ¡Libertad! de Didier Lockwood. Fazil Say sera en quasi-résidence au Festival qui accueillera également Maria João Pires, François-René Duchâble, Jean-Yves Thibaudet, Pierre Amoyal Š Armin Jordan, Myung-Whun Chung, Emmanuel Krivine, Friedemann Layer, Stefano Ranzani, Marco Guidarini, Stefan Anton Reck, Vladislav Tchernouchenko, Juraj Valcuha, dirigeront les formations musicales de Radio France (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Ch¦ur et Maîtrise de Radio France) ainsi que l'Orchestre National de Montpellier, la Camerata de Lausanne, l'Orchestre Philharmonique de Nice et le Ch¦ur de la Radio Lettone. Vous retrouverez bien sûr tous vos rendez-vous quotidiens, les jeunes solistes, la musique de chambre, les projections de films, les Rencontres de Pétrarque, le jazz, les musiques d'Ici et d'Ailleurs, Tohu-Bohu (qui aura lieu cette année à Odysseum). Deux nouveautés également lors de cette édition : une série consacrée à la variété française mise en place grâce au réseau France Bleu, et les Lectures de France Culture par des comédiens. Enfin, vous découvrirez que le festival vous propose un nouveau calendrier : toutes les manifestations vous seront présentées en règle générale du mercredi au samedi. Pour en savoir plus sur l'évolution de la programmation, connectez-vous sur le site du festival : www.festivalradiofrancemontpellier.com. René Koering |
www.festivalradiofrancemontpellier.com
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L'opéra "L'ombre de l'âne" prévu les 10 et 12 juillet est remplacé par un récital d'Angélique Ionatos et Misia, le 10 juillet uniquement, à l'Opéra Berlioz - Le Corum. |
Le Festival de Radio France et
Montpellier est heureux de vous inviter à son 19e voyage
musical.
Deux mises en scène
d'opéras vous permettront de découvrir pour la
première fois la toute dernière uvre composée
par Richard Strauss, L'Ombre de
l'âne , et l'adaptation de
l'oeuvre d'Edmond Rostand mise en opéra par le compositeur
italien Franco Alfano, Cyrano de
Bergerac, avec Roberto Alagna
dans le rôle-titre. Des opéras très rares
donnés en version concert seront servis par des artistes
exceptionnelles, Sumi Jo sera Rita
de Donizetti, Mirella Freni
La Pucelle d'Orléans
de Tchaïkovski et Anne-Lise
Sollied Esther de Lidarti.
La création contemporaine sera largement
représentée lors de cette édition avec trois
productions : Micromégas
de Paul
Méfano, Les Orages désirés de Gérard Condé, et Libertad! de
Didier Lockwood.
Fazil Say sera en quasi-résidence au Festival qui accueillera
également Maria João Pires, François-René
Duchâble, Jean-Yves Thibaudet, Pierre Amoyal Armin Jordan,
Myung-Whun Chung, Emmanuel Krivine, Friedemann Layer, Stefano
Ranzani, Marco Guidarini, Stefan Anton Reck, Vladislav
Tchernouchenko, Juraj Valcuha, dirigeront les formations musicales de
Radio France (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique
de Radio France, Choeur et Maîtrise de Radio France) ainsi que
l'Orchestre National de Montpellier, la Camerata de Lausanne,
l'Orchestre Philharmonique de Nice et le Choeur de la Radio
Lettone.
les jeunes solistes, la musique de chambre, les projections de films, les Rencontres de Pétrarque, le jazz, les musiques d'Ici et d'Ailleurs, Tohu-Bohu (qui aura lieu cette année à Odysseum). Deux nouveautés également lors de cette édition : une série consacrée à la variété française mise en place grâce au réseau France Bleu, et les Lectures de France Culture par des comédiens. Enfin, vous découvrirez que le festival vous propose un nouveau calendrier : toutes les manifestations vous seront présentées en règle générale du mercredi au samedi. Pour en savoir plus sur l'évolution de la programmation,
Programmation et distributions sous réserves.
Entrées
libres tous les jours
Jeunes
solistes
12h30
Salle Pasteur-Le
Corum, 9 au 12, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31 juillet et 1er
août
Projections de
films 15h
Salle Einstein-Le Corum, 9 au 13, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31
juillet et 1er août
XVIIIe Rencontres de Pétrarque
17h30
" Les
frontières ", en collaboration avec le journal Le
Monde
Du mercredi 9 au
dimanche 13 juillet, Cloître des Ursulines
Rendez-vous de 18h
Salle Pasteur-Le
Corum, 9 au 12, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31 juillet et 1er
août
Tohu-Bohu / Musiques
électriques
19h
Conseiller artistique
Pascal Maurin
Du mercredi 23
juillet au dimanche 27 juillet, Place de France (Odysseum)
Lectures de France
Culture
20h
Autour de " La
frontière ", du mercredi 9 au dimanche 13 juillet, Jardins de
Pétrarque
Jazz
22h
Producteur
délégué Xavier Prévost
Cour des Ursulines, 9 au 12, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31 juillet et
1er août
Musiques d'ici et
d'ailleurs
22h
Conseiller artistique
Franck Tenaille Clapiers, Prades, Lattes, Juvignac, Jacou,
Saint-Jean-de-Vedas, Pérols, Montferrier,
Saint-Georges-d'Orques, Murviel-les-Montpellier, Castries,
Sussargues.
La programmation détaillée de ces manifestations sera
à votre disposition prochainement.
Mises en scène
de Richard Strauss 10 et 12 juillet à 20h
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L'opéra "L'ombre de l'âne" prévu les 10 et 12 juillet est remplacé par un récital d'Angélique Ionatos et Misia, le 10 juillet uniquement, à l'Opéra Berlioz - Le Corum. |
de Franco Alfano 29 juillet et 1er
août à 20h
Versions concert
de Gaetano Donizetti 18 juillet à 20h
de Piotr Ilyich Tchaïkovski 19 juillet à 20h
de Cristiano Giuseppe Lidarti 24 juillet à 20h
Compositeurs d'aujourd'hui
de Paul Méfano 16 juillet à 22h entrée libre
de Gérard Condé 23 juillet à 22h entrée libre
de Didier Lockwood 26 et 27
juillet à 22h
Jeudi 10 juillet et Samedi
12 juillet à 20h | revenir
Opéra Comédie
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L'opéra "L'ombre de l'âne" prévu les 10 et 12 juillet est remplacé par un récital d'Angélique Ionatos et Misia, le 10 juillet uniquement, à l'Opéra Berlioz - Le Corum. |
L'Ombre de l'âne
Opéra opus posthume en 6 tableaux (1947-48)
Livret original de Hans Adler d'après " Les Abdérites "
de C.M.W.Roman
Adaptation française de René Koering
Orchestration de René Bosc
Vendredi 18 juillet
à 20h | revenir
Opéra Berlioz- Le Corum
Nino Rota
Concerto " Soirée " pour
piano et orchestre
Gaetano Donizetti
Rita
Opéra-comique en 1 acte (1860)
Livret en français de Gustave Vaëz création de la
version originale
Manuscrit de la Bibliothèque Angelo Mai de Bergame
Rita
Peppe
Gasparo
Texte de liaison et récit de Guy
Carlier
Orchestre Philharmonique de
Nice
Enrica Ciccarelli, piano
Direction Marco Guidarini
Concert diffusé en direct sur France Musiques
Petit opéra comique
à l'intrigue douce-amère, Rita n'a
été retrouvée qu'après la mort de
Donizetti. Ecrit - texte et musique - en une semaine à
l'époque des Martyrs et
de La Favorite , elle amène leurs vastes proportions dans un
cadre minuscule, sur les accents délicieux propres au
compositeur.
Extrêmement bien connue dans sa traduction italienne, surtout
à l'étranger, mais presque oublié en France, le
Festival de Radio France et Montpellier propose l'authentique
édition parisienne de Rita de la
première de 1860, avec un dialogue presque scandaleux
restauré comme au Théâtre Impérial de
l'Opéra-Comique.
Alexander Weatherson
Président de la Donizetti Society
Samedi 19 juillet 20h
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Opéra Berlioz-Le Corum
Piotr Ilyich Tchaïkovski
La Pucelle
d'Orléans
Opéra en 4 actes et 6 scènes (1881)
Livret du compositeur d'après Friedrich Schiller
Jeanne d'Arc
Agnès Sorel
Charles VII
Raimond
Thibaut d'Arc
Lionel
L'Archevêque
Bertrand
Orchestre National de Montpellier
Choeur de la Radio Lettone
Concert diffusé en direct sur France Musiques
Succédant immédiatement
à Eugène
Onéguine ,
La Pucelle
d'Orléans composée
en 1878-79 est l'un des rares opéras de Tchaïkovski sur
un sujet non russe. A l'âge de la maturité, le
compositeur qui avait une ascendance française par sa
mère revient à une fascination d'enfance, ayant
été ému dès son plus jeune âge par
le sort de " l'héroïne de la France ", ainsi qu'il
l'avait lui- même définie. Le livret de l'opéra
est dans une large mesure inspiré de la pièce de
Schiller Die Jungfrau von
Orléans , mais à la
différence du poète allemand qui avait choisi de faire
mourir Jeanne non sur le bûcher mais sur un champ de bataille,
Tchaïkovski revient, dans le dernier tableau de son
opéra, à la tragique réalité historique.
Lorsqu'on connaît son aptitude à s'identifier au sort de
ses personnages, on comprend que la composition de cette scène
ait été pour lui-même un profond bouleversement.
Créée au Théâtre Marinski de
Saint-Pétersbourg le 13 février 1881,
La Pucelle
d'Orléans obtint un beau
succès auprès du public, mais fut mal accueillie par la
presse. Pendant longtemps il fut de bon ton de dénigrer cet
ouvrage, qui reste dans le sillage du grand opéra
français et des opéras semi-historiques de Verdi
(lui-même auteur d'une assez médiocre Giovana d'Arco ),
culminant sur de grandes scènes de masse orchestrées
avec éclat, comme celle du couronnement de Charles VII dans la
cathédrale de Reims, au 2ème tableau du 3ème
acte. Mais La Pucelle
d'Orléans permet aussi de
mesurer l'étendue des moyens expressifs de Tchaïkovski,
aussi magistral dans l'effet spectaculaire que dans le portrait
psychologique . Au fil des tableaux, on voit se dessiner les visages
de Jeanne, la bergère de Domrémy devenue chef
d'armée à l'appel des anges, de son redoutable
père Thibaut d' Arc qui sera l'instrument de la
tragédie finale, du pâle roi Charles VII, ainsi que les
nobles figures d'Agnès Sorel et du Chevalier Dunois, et de
Lionel, l'adversaire amoureux de Jeanne, personnage aussi imaginaire
que convenu, mais que Tchaïkovski réussit à rendre
humainement et musicalement crédible.
André Lischke
Jeudi 24 juillet
à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum
Cristiano Giuseppe Lidarti
Esther
Oratorio en hébreu en
trois parties (1774) création
Livret du Rabbin Jacob Raphaël Saraval de Venise
Esther
Donna Israelita
Ahasveros
Haman
Orchestre National de Montpellier
Choeur de la Radio Lettone
Continuo et clavecin
Avec le concours du Centre
d'Etude de Musique Juive de l'Université Hébraïque
de Jérusalem et de Yuval-France. Edition par Israel Adler et
David Klein du Manuscrit Add 9467 de la Bibliothèque
universitaire de Cambridge Edition Israël Music Institute
(Tel-Aviv).
Concert diffusé en direct sur France Musiques
L'oratorio d'Esther est le
dernier-né des nombreux projets du Centre d'Etude de Musique
Juive de l'Université hébraïque de
Jérusalem et de Yuval-France, autour du répertoire
judéo-baroque.
L'histoire de cette uvre et de sa redécouverte relie
continents et religions : d'un traitement de l'histoire biblique
d'Esther par Racine, en passant par un livret anglais basé sur
ce dernier pour un oratorio de Haendel ; le texte
hébraïque de l'oratorio Esther est
adapté de l'anglais par le Rabbin de Mantoue et Venise, Jacob
Raphaël Saraval (1707-1782) ; probablement pour une
représentation à Pourim dans la communauté
séfarade d'Amsterdam. Rabbi Saraval est connu pour son
intérêt pour la musique qu'il semble avoir
pratiqué lui-même. Dans un document daté de mars
1757, il demandait la permission pour ses élèves de son
Ecole talmudique (yeshivah) de présenter dans le ghetto de
Mantoue, à Pourim, "une sorte d'opéra basé sur
une histoire biblique. Il obtint la permission " à condition
qu'aucun Gentil ne soit admis à la représentation,
exception faite de l'instrumentiste et du costumier. "
La version de Saraval est une adaptation habile et très libre
de l'original anglais. Il n'y a presque jamais de traduction mot
à mot.
Les compositions
hébraïques de Lidarti connues jusqu'ici sont des
pièces courtes, d'une durée de 2 à 6 minutes,
mais Esther est d'une dimension considérable à la
manière d'un oratorio de grand format qui dure plus de deux
heures. Elle est l'oeuvre la plus extensive de ce genre
découverte jusqu'à présent dans le
répertoire de la musique hébraïque savante des 17e
et 18e siècles. l'oeuvre est composée de trois actes
comprenant chacun 3 à 4 scènes. La partition est
écrite pour des voix de solistes : Esther, Donna Israelita (une femme israélite à la suite
d'Esther), Ahasveros, Mordeccai et
Haman, avec une brève
apparition de
Harbona , un Choeur, à
trois voix et un orchestre d'instruments à cordes,
flûtes, hautbois, cors et basse continue.
Mardi 29 juillet et Vendredi 1er
août à 20h | revenir
Opéra Comédie
Franco Alfano
Cyrano de Bergerac
Opéra en 4 actes et 5
tableaux (1936)
Livret de Henri Cain d'après Edmond Rostand
Cyrano
Roxane
La duègne, Soeur Marthe
De Guiche
Carbon
Christian
Ragueneau
Le Bret
De Valvert, l'officier espagnol, le cuisinier
Lignière, le mousquetaire
Orchestre National de Montpellier
Choeur de l'Opéra National de Montpellier
En coproduction avec l'Orchestre National et l'Opéra National
de Montpellier Euterp.
Personnage exubérant mais
néanmoins réfléchi, Franco Alfano (1875-1954)
ressentit, dès ses années d'apprentissage, le besoin
impérieux de dépasser les horizons désormais
limités de l'école napolitaine. Pour cela, il se
lança dans de sérieuses études tout en
multipliant les expériences culturelles hors d'Italie. Il fut
successivement concertiste et critique, puis passa de la composition
de ballets à succès à des expériences
théâtrales plus incertaines, élaborant peu
à peu sa propre identité créatrice.
Fasciné tant par Richard Strauss que par Debussy, attentif
(tout en gardant ses distances) aux succès de la "jeune
école" et conscient de la responsabilité qu'imposait
à toute une nouvelle génération de compositeurs
italiens l'étiolement de la grande tradition de l'opéra
national, Alfano se tourna à la fois vers le
théâtre et vers la musique instrumentale en essayant
"d'être soi-même (ce sont ses propres mots) et
d'évoluer avec les courants modernes".
Son premier succès décisif fut celui de
Risurrrezione , qui allait révéler une
évidente vocation théâtrale. Ses premiers essais
symphoniques furent aussi heureux, avec, entre autres, la
Suite
romantique , très
colorée. Les années passèrent et le
véritable succès n'arriva qu'en 1921 avec
La Leggenda di
Sakuntala , sorte de symphonie
vocale d'une étonnante richesse de timbres, dont l'ambiance de
fable savamment orchestrée plut au public. Ses oeuvres
suivantes ne parvinrent pas à soutenir la comparaison. Perdant
du terrain, Alfano s'épuisait dans la recherche d'un livret
qui présentât au moins un intérêt
scénique. Osera-t-on dire qu'il avait la solution "sous le
nez", en l'occurrence celui du Cyrano de Bergerac mis en scène par Henri Cain d'après le
chef-d' uvre de Rostand ? L'opéra eut un succès
immédiat, qui allait être le dernier d'Alfano au
théâtre. Cette uvre surprit par l'extrême
sobriété de son orchestration : certains
allèrent jusqu'à dire qu'enfin, le symphoniste Alfano
avait "fait corps" avec le compositeur d'opéra. En
réalité, dans son travail sur Cyrano , Alfano,
cédant aux turbulences de son tempérament, avait
renoncé à exploiter ses acquis pour s'abandonner
à sa fantaisie rebelle. "Cyrano ,"
raconte-t-il, "m'est venu sans aucune recherche d'élaboration.
J'ai privilégié la simplicité de la ligne
mélodique, et toujours, bien sûr, en rendant hommage
à la rigueur et à la solidité du contrepoint.
Seul un thème, celui des cadets, est éminemment
rythmique et réapparaît quand l'action l'exige. Mais il
ne faut pas le considérer comme un leitmotiv . Au
contrepoint correspond l'harmonie, qui répond toujours aux
canons de la vieille école et, si elle accueille des
modulations savoureuses autant qu'inattendues, elle aime la
souplesse, qui la protège des chocs trop violents.
L'instrumentation, simplifiée, évite la monotonie et
recherche les expressions (je ne dirai jamais les "effets") les plus
opportunes. C'est avec de tels moyens," poursuit Alfano, "que j'ai
voulu diversifier les ambiances, par exemple la gaîté,
au début du premier acte, puisqu'il s'agit d'une scène
de fête. Au début du deuxième acte, en revanche,
j'ai enrobé d'un rien d'académisme les
prétentions poétiques du pâtissier, et au
deuxième tableau, la préciosité et la fourberie
de Roxane. Pour le troisième acte, il fallait trouver un autre
ton : il commence sombrement à l'aube du jour de la bataille
et se termine dans la fébrilité, pour traduire le
courage et le danger. Douceur, suavité, résignation,
bonté, sont les expressions du dernier acte."
Le 22 janvier 1936, Cyrano de
Bergerac était donc
monté pour la première fois, dans la version italienne,
à l'Opéra de Rome, sous la direction de Tullio Serafin
et, répétons-le, ce fut un succès. Le public fut
séduit par les accents fanfarons et pathétiques (sans
doute les meilleurs) du personnage principal, comme si
précisément, en réponse aux accusations de
francophilie, Alfano avait voulu (bizarrement, avec un opéra
dont l'argument était français) "italianiser" son
style, selon des critères de mélodie et de
légèreté. Avant tout, cet opéra
confirmait une facture soignée et une instrumentation
raffinée. Signalons, pour preuve de l'estime que l'on
accordait à l'époque à ses qualités
d'orchestrateur, que c'est à Alfano que Toscanini confia la
tâche de terminer la Turandot de
Puccini (duo et final de l'acte III), mission dont il s'acquitta avec
beaucoup de finesse, de soin et de sensibilité.
Marco Iannelli
Traduit de l'italien par Valérie Julia
Mercredi
16 juillet à 22h | revenir
Cour des Ursulines
Entrée libre

Paul Méfano
Micromégas
Action lyrique en 7 tableaux (1974) sur le texte original de
Voltaire
Nouvelle version - création
Micromégas
La bonimenteuse
Le Saturnien
La femme du Saturnien
Le narrateur
Les animalcules
Ensemble 2e2m
En partenariat avec l'Ensemble 2e2m
Au milieu du 18e siècle, l'Europe se
passionne pour le développement du savoir scientifique et
philosophique : l'esprit de l'Encyclopédie bouscule la
traditionnelle façon de penser et se propose à tout
honnête homme.
Voltaire, esprit aigu, avide de toute nouveauté, s'enflamme
pour les théories de la gravité universelle de Newton
qui prévoient un léger aplatissement de la terre aux
pôles. Ce qu'une expédition dirigée par
Maupertuis en 1737 va prouver.
Cet épisode va servir de trame à Micromégas
(le Petit-Géant ), à cette fable philosophique dans laquelle
Voltaire, réfugié à la cour de
Frédéric le Grand, à Berlin, de 1750 à
1753, peut accabler tous ses adversaires parisiens pour la
vanité de leurs motivations et la fatuité de leurs
convictions.
Mais derrière le railleur, se dessine l'émerveillement
pour l'intelligence humaine et la quête d'une transcendance
au-delà des croyances.
Voltaire n'imaginait sans doute pas que son texte put inspirer un
compositeur et pourtant les allusions musicales y fleurissent : on
rit de Lulli, il cite le Père Castel, l'inventeur du "
clavecin oculaire " ! et ô prodige ! le Leibnizien a " un corps
qui carillonne ".
Quant à cette phrase " j'admire en tout sa sagesse ; je vois
partout des différences mais aussi partout des proportions...
" Quel programme !
Bernard
Templier
Le conte philosophique Micromégas donne lieu à un
livret musical admirable : l'unité formelle, la force des
idées, le jeu spirituel sur la relativité (et les
variétés constantes de l'Univers), l'esprit caustique
qui parcourt le récit où chacun en prend pour son
grade, gardent leur actualité vivace. Des scènes du
genre, typées et resserrées, s'y dénombrent : la
femme délaissée par son amant (oh ! cruel), le fervent
hymne à la nature (oh atomes intelligents ! ), des êtres
pensants duettistes puis confrontés aux animalcules terrestres
Dans une machine à langage de haute précision,
elliptique et aérée, se distille un style
étourdissant, d'une bouffonnerie légère. Il s'y
glisse insidieusement et inéluctablement l'inquiétude
originelle et une analyse acérée de l'absurdité
des motivations de la guerre, du fanatisme et autres avatars de la
nature humaine. Toutes ces qualités et difficultés de
Micromégas m'ont immédiatement séduit et
incité à accepter cette gageure. D'entrée de
jeu, l'irrespect et le danger assumé donnaient un profil
inattendu à mon travail. Musicalement, le découpage du
conte s'insère dans un ingénieux livret. Quatre
personnages, dont deux géants, se distribuent le texte face
à nos dérisoires et émouvants animalcules.
Micromégas, auquel est assigné une super-série
des plus beaux jours (!) comme on n'en fait peut-être plus , le
Saturnien fonctionnant sur une série en quarts de tons,
dérivée de celle de Micromégas, puisqu'il est,
en quelque sorte, son miroir, son dialogue, sa réponse et sa
question, la maîtresse du Saturnien (figée dans un aria
da capo musclé et larmoyant) rapidement balancée hors
du livret par la sauvage misogynie de notre auteur
Enfin la femme, initiatrice-accoucheuse, qui traverse le conte,
constitue une "broche" qui annonce, décrit, conclut l'affaire
Survivante de la chanson d'Aube du Moyen age, elle supervise et tire
les ficelles de notre couple Micromégas/Le Saturnien,
réincarnant un peu, éventuellement, le Testo de
Tancrède et
Clorinde . Témoin,
présentateur, moraliste, ce personnage androgyne est le seul
qui, d'une précaire, crayeuse, gauche, misérable
tonalité de ré majeur/mineur, évolue vers la
suspension, la dissolution de celle-ci pour mourir enfin aux rivages
anciens des quarts de tons d'une époque oubliée et
reculée : la fin du 20e siècle. Les terriens
animalcules philosophiques sont confiés à un Choeur
à six voix déjà discrètement
présents dès le début de l'action ; leur marge
de man uvre circule dans un continuum inintelligibilité -
lisibilité.
Paul Méfano
Mercredi
23 juillet à 22h | revenir
Cour des Ursulines
Entrée libre
Gérard Condé
Les Orages
désirés
Opéra romantique en
quatre tableaux
Livret de Christian Wasselin
Création Commande de Radio France
Hector Berlioz
La mère d'Hector
Le père d'Hector
Estelle
Le colonel Marmion, oncle d'Hector
Il signor Corsino, le professeur de
musique
Avec la participation d'une enfant de la Maîtrise de Radio
France pour le rôle de Nanci, s ur d'Hector.
Orchestre Philharmonique de Radio France
Contribution originale au bicentenaire de la naissance de Berlioz,
l'opéra Les Orages
désirés met en
scène le jeune Hector au moment où la musique s'impose
à son imagination et à son coeur.
L'argument ? Hector Berlioz, à peine adolescent mais
déjà en proie à ses passions, ne sait comment
avouer à Estelle l'amour qu'elle lui inspire. Il va peu
à peu concevoir que cet émoi ne doit pas être
dit, qu'il lui faut au contraire s'éloigner de la jeune fille
et devenir musicien afin de magnifier le sentiment douloureux qu'il
éprouve. Ce choix n'est pas celui de l'art contre l'amour,
mais celui de l'art qui transfigure l'amour et sauve de la
mélancolie.
Mettre en musique l'enfance d'un grand
compositeur, le faire chanter, surtout, reste une gageure. Reynaldo
Hahn et Sacha Guitry l'ont tenté pour Mozart et, si je me suis
lancé dans l'aventure que me proposait Christian Wasselin,
c'est avec autant d'enthousiasme que de sainte terreur. Avec beaucoup
de curiosité aussi : à l'opéra, le sujet impose
une musique qui reste à découvrir ; qu'allais-je
trouver au bout de mon crayon ?
Un Berlioz de douze ans est nourri de romances de Boieldieu, de
Monsigny, de Dalayrac. Sans souci excessif pour la couleur
d'époque, un langage post-debussyste aurait été
pour le moins inadapté ; quant à pasticher le style
flamboyant des chefs-d' uvre de la maturité, c'était
restreindre l'objectif à celui d'un divertissement culturel.
Car ce n'est pas le style de Berlioz qu'il fallait tenter d'approcher
mais sa sensibilité profonde qui n'a rien à voir avec
les idées reçues.
J'ai donc préféré suivre son exemple quand,
composant les
Troyens , il recherchait
l'approbation tacite de Gluck. L'espoir de ne pas (trop)
déplaire aux mânes d'Hector m'a guidé dans mes
choix les plus aventureux ou m'a permis d'oser des mélodies
touchantes, des harmonies essentiellement consonantes, des
modulations licencieuses. Je n'en ai pas moins pris, avec le style
d'époque, les mêmes libertés que l'auteur du
livret avec la vérité historique, car le projet d'une
création est, avant tout, l'invention d'un univers
cohérent et, si possible, inattendu.
Gérard Condé
Les Orages
désirés empruntent
leur titre à Chateaubriand et s'appuient sur un épisode
réel de la vie de Berlioz. Ils se déroulent en 1815 :
l'épisode des Cent-Jours compose la toile de fond historique
de l'ouvrage.
Toile de fond, car cet ouvrage met en scène la naissance d'un
destin qui se détache avec éclat de la donnée
historique. En choisissant de faire d'un artiste le héros d'un
opéra, j'ai voulu exalter une singularité, une
personnalité superbe même si elle est encore fragile qui
choisit de ne pas être raisonnable, se tend tout entière
vers son idéal pour n'entendre que l'appel des passions qui
grondent.
Gérard Condé, par sa connaissance intime de l'oeuvre et
de la sensibilité de Berlioz, ne pouvait qu'être
touché par un pareil sujet. Par sa musique, qui ne
connaît pas les préjugés et fait intervenir la
violence et le trouble là où on les attend le moins, il
peut mieux que quiconque évoquer la mélancolie, la
candeur et le feu du personnage sans chercher à le travestir
ni à le pasticher.
Et si Françoise Masset, aussi à l'aise dans le
répertoire dit baroque, les pastorales du 18e siècle,
les rôles en pantalon et les créations les plus hardies,
s'est imposée immédiatement à nous pour
être Berlioz, c'est qu'il y a chez notre héros les
nostalgies et les impatiences qui traversent les enfers du temps pour
retrouver, au-delà des amours impossibles, le chant perdu.
Christian
Wasselin
Vendredi
25 et Samedi 26 juillet à 22h | revenir
Théâtre de Verdure
Domaine Départemental du Château d'eau de
Montpellier
Didier Lockwood
Libertad !
Opéra franco-péruvien interprété par des
adolescents
Livret de Alonso Alegria
Création mondiale Commande de Radio France et Opera Junior
Choeur et solistes Opéra Junior
Direction Valérie Sainte Agathe
Choeur de Jeunes Filles de la Maîtrise de Radio France
Direction Toni Ramon
La Orquesta Juvenil de Musica Nueva de Lima
Coproduction
En partenariat avec le
Avec le soutien
de
Le spectacle repose sur la spécificité de l'histoire de
l'abolition de l'esclavage au Pérou. Proclamée en 1854,
elle a engendré des situations totalement inédites
puisque le décret ne profitait qu'aux individus nés
après sa promulgation. Alonso Alegria, auteur dramatique
péruvien de renom, s'est inspiré de cette
particularité afro-péruvienne pour écrire un
livret d'opéra pour adolescents, sur le thème du choix
de la liberté. Il y décrit sur un ton plein de verve et
d'humour l'absurdité relationnelle de deux bandes rivales,
l'une esclave et l'autre libre, constituées de jeunes gens
parfois issus de la même famille.
Toute l'originalité de cette création vient de la
conjugaison des talents d'Alonso Alegria et Didier Lockwood,
compositeur français et violoniste de jazz internationalement
reconnu. Les deux artistes ont en effet accepté de concevoir
ensemble cet opéra créé au nouveau
Théâtre de Verdure du Domaine Départemental du
Château d' à Montpellier, un théâtre
à ciel ouvert de 1800 places.
Pendant 14 mois, les groupes d'interprètes français et
péruviens auront donc travaillé en parallèle,
conduits par une équipe professionnelle du spectacle. Mais
au-delà de la création artistique, les
différentes structures qui placent les notions
d'échanges culturels et intellectuels au coeur de leurs
démarches ont tissé entre elles de véritables
liens humains.
En 2000, Opera Junior avait conçu et diffusé à
Lima, en collaboration avec le Centre des Arts Scéniques de la
Ville, le spectacle Le Paradis des
Chats, composé par
Vladimir Kojoukharov. 170 enfants des quartiers avaient porté
la création et l'extraordinaire richesse de ce premier
échange a tracé de nouvelles perspectives.
C'est pourquoi Opera Junior, séduit par la vivacité des
rythmes et des mélodies péruviennes ainsi que de
l'extraordinaire ancrage des traditions musicales dans les milieux
populaires, a voulu conduire un second projet, haut en couleur et
cosmopolite :
Libertad! .
Symphoniques, musique de chambre, musique vocale
Orchestre National de
Montpellier 9 juillet à
20h
Fazil Say, piano
direction Stefan Anton Reck
Camerata de Lausanne
11 juillet
à 20h
François-René Duchâble, piano direction et violon Pierre Amoyal
Récital Fazil Say
17 juillet à 20h
Choeur de Radio France
23 juillet à 20h
direction Vladislav Tchernouchenko
Orchestre Philharmonique de Radio France
25 juillet à 20h
Maria João Pires, piano
direction
Armin Jordan
Orchestre National de France
26 juillet
à 20h
Jean-Yves Thibaudet, piano
direction
Emmanuel Krivine
Maria João Pires et Ricardo Castro, pianos
30 juillet
à 20h
Orchestre Philharmonique de Radio France 31 juillet à 20h
Ekaterina Siurina,
soprano Daniel
Mesguich, récitant
direction Myung-Whun Chung
Mercredi 9
juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum
Orchestre National de
Montpellier
Fazil Say , piano
Direction Stefan Anton Reck
Cinq Études-Tableaux
Jazz Paganini pour piano et orchestre création
Rhapsodie pour piano et orchestre sur un thème de Paganini opus 43
L'Oiseau de feu, suite (1919)
Le tout jeune Stravinski avait frappé Diaghilev par la force
rythmique de ses deux premières partitions, et par la haute
maîtrise de leur rutilante orchestration. Ce dernier, qui
quittait la Russie pour Paris, propose aussitôt au compositeur
de le suivre. L'Oiseau de
feu , ballet inspiré d'un
conte russe, sera créé le 25 juin 1910 à
l'Opéra de Paris, sous la direction de Gabriel
Pierné.
Celui qui, quelques jours auparavant, n'était encore qu'un
jeune homme talentueux, devient soudain une figure internationale. Le
public lui fait un triomphe. Le Tout Paris se presse : Proust,
Puccini, Manuel de Falla, Ravel, Satie, Claudel, Saint-John Perse,
Sarah Bernhard. Debussy s'écrit : "C'est un jeune sauvage qui
porte des cravates tumultueuses, baise la main des femmes en leur
marchant sur les pieds."
On sait que Rachmaninov a puisé l'inspiration de
ses
Études-tableaux dans une
série d'arguments plus ou moins précis. Mais "cela ne
regarde que moi, pas le public. Je ne pense pas que l'artiste doive
dévoiler ses images... Laissez l'auditeur peindre
lui-même ce que cela lui suggère", écrivit-il
avant que l'un de ses auditeurs ne veuille réellement colorer
cinq d'entre elles de sa rutilante palette. Rachmaninov donna alors
au compositeur des Fêtes
romaines "quelques explications
concernant les mystères des intentions de l'auteur, qui vous
aideront à comprendre le caractère de ces
Études et de trouver les couleurs adéquates en les
orchestrant". C'est ainsi qu'on apprend que l'une d'elles est une
Fête
foraine , que d'autres sont des
évocations de tableaux de Böcklin, ou du Petit chaperon
rouge.
Art de miniaturiste, sens de l'ellipse, élégance de
l'expression et vigueur rythmique s'allient, rehaussés du
génie orchestral de Respighi.
Les trois mouvements, l'extrême virtuosité pianistique
et l'orchestration fluide de la
Rhapsodie sur un thème de Paganini, en font un véritable cinquième
concerto pour piano. Composées en Suisse l'été
1934 à partir du célèbre thème du
dernier Caprice de Paganini, auquel vient se joindre par moment
celui du Dies
Irae , les vingt-quatre
variations sont à la fois poétiques et jubilatoires.
Dès sa création (le 7 novembre à Baltimore),
sous les doigts du compositeur et la baguette de Stokowski, la
Rhapsodie poursuit sa carrière à travers les
grandes capitales d'Europe et d'Amérique, sous la direction de
Bruno Walter, Thomas Beecham ou Alfred Cortot, obtient un triomphe
dont elle ne se départira jamais.
Comme chaque année, Fazil Say nous offrira une uvre
nouvellement composée.
Qu'est-ce qui peut réunir dans un même concert
Stravinski, Rachmaninov, Respighi et notre jeune
pianiste-compositeur? - L'éclat, la couleur, le brio, le
panache.
Grégoire Hetzel
Vendredi
11 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz Le Corum
Camerata de Lausanne
François-René Duchâble , piano
Direction et
violon Pierre Amoyal
Double quatuor à cordes n 1 en ré mineur opus 65
Concerto pour violon, piano et cordes en
ré mineur
Alors que ses contemporains dans les années 1834-1844 virent
en lui l'égal d'un Haydn, d'un Mozart, voire d'un Beethoven,
la postérité devait se montrer beaucoup plus ingrate
envers Louis Spohr. Violoniste, compositeur et chef d'orchestre, il
réunit durant sa prolifique carrière rigueur formelle
et clarté d'expression issues du classicisme viennois et un
goût pour l'expérimentation harmonique et structurelle
qu'on associe traditionnellement à la période
romantique. En 1854, Clara Schumann, qui dès l'âge de
huit ans fredonnait tous les lieder de Spohr, avouait elle-même
: " Lorsque j'étais jeune fille, je raffolais de Spohr, et sa
grande douceur me semblait céleste, alors que maintenant j'en
ai vite assez. "
Si le violoniste virtuose éclipsa d'abord le chef d'orchestre,
l'installation à Kassel à l'âge de trente-sept
ans marque la confirmation de sa place prépondérante
dans la vie musicale allemande. Le public anglais raffola de sa
musique, l'associant dans le succès à la figure de
Mendelssohn, tout aussi populaire de l'autre côté de la
Manche. Le chef d'orchestre était assez novateur pour diriger
une production du Vaisseau
fantôme de Wagner en 1843
à Kassel, l'homme assez libéral pour contrarier les
autorités politiques.
Spohr a consacré une large part de sa production musicale
à la musique de chambre, essentiellement pour les cordes,
composant notamment quatre double quatuors qui restent sans exemple
dans le siècle, associés à 36 quatuors, 7
quintettes et le sextuor de 1848. La maîtrise qu'avait le
musicien de son instrument, les difficultés techniques
à maîtriser ont pu en partie expliquer la relative
méconnaissance de ce répertoire.
Publié à Leipzig en 1823, le premier double quatuor opus 65 préserve encore le souvenir du concerto
grosso du 18e siècle en privilégiant l'un des deux
quatuors sur l'autre, et son premier violon joue presque le
rôle d'un soliste. Spohr avait déjà
expérimenté ce type d'écriture polyphonique avec
sa Messe à deux ch urs opus
54 en 1821, et il
récidivera en 1841 avec sa Septième symphonie opus 121 pour deux
orchestres .
La précocité de Mendelssohn est restée aussi
fameuse que celle de Mozart, et ses " cahiers verts " qui conservent
ses manuscrits de jeunesse en témoignent : entre onze et
quinze ans (1820-1825), pas moins de treize symphonies pour cordes,
cinq concertos, quatre Singpiels , de la
musique de chambre, des Lieder et des oeuvres religieuses.
La partition autographe du Concerto pour violon, piano et cordes en ré
mineur est datée du 6 mai
1823, alors que le musicien, âgé tout juste de quatorze
ans, vient de s'arrêter à Weimar sur le chemin de retour
d'un voyage familial en Suisse pour jouer devant Goethe et son
mentor, Carl Zelter.
Au début de l'année 1822, il s'était
déjà lancé dans la composition de grandes
oeuvres : la Symphonie pour cordes
n 7 , un Concerto pour piano en la mineur et un Concerto
pour violon en ré mineur .
Impressionné par les progrès de son
élève, Zelter constatait alors : " Il peut
également devenir un grand maître du violon ", avant
d'ajouter au sujet de ses compositions : " Tout gagne en
fermeté, c'est à peine si force et puissance lui
manquent encore. "
Les leçons de théorie, contrepoint et composition avec
Zelter avaient débuté en 1819 et porté
rapidement leurs fruits. La partie de violon soliste témoigne
des acquis du jeune musicien dans le domaine de la technique
instrumentale par rapport au précédent
Concerto en ré
mineur que Mendelssohn avait
dédié à son ami Eduard Rietz, de sept ans son
aîné et son professeur de violon. Rietz partageait
également avec Mendelssohn sa passion pour Bach et avait
étudié le violon avec Pierre Rode, le plus grand
représentant de l'école française et un
compositeur au style à la fois classique et
élégant qui devait influencer Mendelssohn à
travers lui. Quant à l'écriture elle-même, elle a
gagné en maturité et en imagination, notamment dans les
deux premiers mouvements, Allegro et
Adagio . Le mouvement lent regarde du côté de
Weber et annonce ceux de Chopin dans ses propres oeuvres
concertantes, tandis que le finale associe la brillance issue de
Weber à une légèreté propre à ce
qui sera le style de sa maturité.
Ce concert du 11 juillet sera l'avant-dernier que donnera
François-René Duchâble.
Martine Kaufmann
Jeudi 17 juillet à 20h
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Opéra Berlioz-Le Corum
Fazil Say, piano
Sonate n 8 en ut mineur opus 13 "
Pathétique "
Sonate n 23 en fa mineur opus 57 " Appassionata "
Sonate n 29 en si bémol Majeur opus 106 " Hammerklavier "
Concert diffusé en direct sur France Musiques
Les trois sonates de Beethoven que Fazil Say jouera le 17 juillet
comptent parmi les plus célèbres, mais relèvent
de trois périodes différentes de sa
carrière.
Composée en 1798, la Sonate
n 8 en ut mineur opus 13 ,
dite
Pathétique, impressionna
fortement les contemporains. Le titre n'est pas de Beethoven, mais il
semble l'avoir admis et même utilisé. Il avait
déjà écrit une sonate dans la tonalité
significative pour lui d'ut mineur (n 5 opus 10 n 1), mais c'est
sûrement pour souligner la nouveauté expressive de
l'ouvrage que l'éditeur le fit paraître comme " Grande
sonate pathétique pour le clavecin ou le pianoforte ". Elle
comporte les trois mouvements traditionnels, à ceci
près que l'introduction lente du premier non seulement
"colore" la partition toute entière, mais
réapparaît deux fois au cours de l'Allegro qui suit. En
1804, Ludwig Berger (1777-1839), élève de Clementi et
futur maître de Mendelssohn, composa une Grande sonate
pathétique en ut mineur
dédiée à Clementi et nettement inspirée
de l'opus 13 de Beethoven.
Si la Pathétique
constitue l'un des sommets des premières années
viennoises de Beethoven, il en va de même de
l'Appassionata (n 23 en fa mineur opus 57) pour le début de
sa "décennie héroïque ". Esquissée en 1804,
elle parut en 1807. Le titre d'Appassionata ne
lui fut donné qu'à l'occasion d'une publication
ultérieure par l'éditeur Cranz, de Hambourg.
Apparemment, Beethoven ne la désavoua pas . Selon Czerny,
c'est la sonate que Beethoven, exception faite des cinq
dernières, considérait comme sa plus grande. " Lisez
La
Tempête de Shakespeare ",
aurait-il déclaré à son propos. On l'a aussi
qualifiée de " torrent de feu dans un lit de granit ", ce qui
s'applique en particulier à son finale, inexorable et d'une
seule coulée. Ce finale est précédé d'un
Andante à variations évoluant du registre
grave au registre aigu du clavier. Le motif rythmique de quatre notes
parcourant l'Allegro
assai initial n'est pas
exactement le même que celui de la Cinquième symphonie .
Datée de 1818, la Sonate n
29 en si bémol majeur opus 106 , diteHammerklavier,
ouvre l'ultime période de Beethoven. Son titre lui a
conféré une bonne partie de son prestige, mais il
aurait pu être porté par n'importe quelle sonate
à partir de l'opus 28 : il signifie " clavier à
marteaux ", faisant ainsi référence au pianoforte par
opposition au clavecin. l'oeuvre est immense dans ses proportions et
dans sa durée. D'une difficulté extrême, elle ne
fut jouée en public que longtemps après son
achèvement, par Franz Liszt. Elle est en quatre mouvements, ce
qui ne s'était pas vu chez Beethoven compositeur de sonates
depuis l'opus 31 n 3 de 1802, et se termine par une fugue
monumentale. Dans cet ouvrage d'exception, la plus grande rigueur
s'allie à la plus grande liberté.
Marc Vignal
Mercredi 23 juillet à 20h
|
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Cathédrale Saint-Pierre
Choeur de Radio France
Direction
Vladislav
Tchernouchenko
Vêpres opus 37
Connu essentiellement pour son uvre pianistique et symphonique,
Rachmaninov a également laissé des partitions chorales
de haute qualité ayant hérité de son
maître Taneiev la science de l'écriture pour les voix.
Le cycle religieux des Vêpres, composé en 1915,
s'inscrit dans le mouvement d'épuration du chant orthodoxe
qu'entreprit l'Institut synodal de Moscou dès la fin du 19e
siècle. Rachmaninov se rapproche de cet esprit archaïsant
et national par de fréquentes tournures modales, des formules
répétitives, des citations de mélodies
traditionnelles " Znamenny " (équivalent russe des neumes
grégoriens) et chants de Kiev. Si l'archaïsme
épique y domine avec son austérité, sa
robustesse rythmée, ses dissonances diatoniques, la palette
sonore et harmonique des Vêpres est aussi vaste que subtile,
déploie toutes les techniques d'écriture, de la plus
rudimentaire à la plus complexe, oppose à la sobre
alternance des prières, tropes et litanies où
l'identité du compositeur s'efface presque, des pages d'une
sensualité et d'une magnificence toutes " rachmaninoviennes
".
Grégoire Hetzel
Vendredi
25 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum
Concerto pour piano et orchestre n 20 en ré mineur KV 466
Sérénade n 1 en ré Majeur opus 11
Concert diffusé en direct sur France
Musiques
Le Vingtième
fait partie de la grande série de concertos écrits par
Mozart de 1782 à 1786, entre L'Enlèvement au
sérail et
Les Noces de
Figaro , afin de séduire
Vienne, où il venait de s'installer comme pianiste et
compositeur indépendant. Il était parfaitement
conscient de ses effets résultant d'un mélange de
virtuosité, de technique de composition
élaborée, de simplicité mélodique et de
profondeur expressive. Comme il l'exprima lui-même : " Mes
concertos tiennent le juste milieu entre le trop difficile et le trop
facile ; ils sont très brillants, agréables à
l'oreille, bien sûr sans jamais tomber dans la pauvreté
ça et là, seuls les connaisseurs peuvent être
satisfaits, mais de telle manière que le profane doit
être content de cette musique sans savoir pourquoi. "
Mozart a su rompre avec la continuité baroque, l'alternance
sans rupture des tutti et des soli, a opéré une
véritable fusion du concerto avec la symphonie, la sonate, et
surtout avec l'esprit dramatique de l'opéra. Le piano est
comme un personnage, dont l'entrée constitue un
véritable coup de théâtre que l'exposition
orchestrale a préparé -, et chacune de ses
réapparitions est un événement. La nature
mélodique des phrases mêmes, si proches du chant, et
toute la dramaturgie développée, le jeu des oppositions
et des dialogues entre le piano, l'orchestre et les divers
instruments qui s'en détachent, sont autant de
caractères contrastés, d'intrigues nouées et
dénouées l'esprit concertant imprégnant en
retour ses opéras.
Le Vingtième
concerto a été
créé le 11 février 1785. Le 12, eut lieu chez
Mozart la fameuse réunion au cours de laquelle Haydn
déclara à Léopold : " Je vous le dis, devant
Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand
compositeur que je connaisse, en personne ou de nom, il a du
goût et en outre la plus grande science de la composition.
"
" Je crois que cela a vraiment touché l'auditoire, hier. Les
applaudissements n'ont pas cessé tant que je ne fus pas
monté sur l'estrade ", écrit Brahms à Clara
Schumann au lendemain de la création de sa Première
Sérénade , à
Hambourg, le 18 mars 1859.
Au moment où il compose sa partition, Brahms étudie les
sérénades de Mozart. Il rend ainsi hommage aux
divertissements musicaux du 18e siècle. Dvorak et
Tchaïkovski poursuivront à leur tour cette tradition.
Les six mouvements aux thèmes tantôt rustiques ou
populaires (allegro initial, rondo final), tantôt
élégamment viennois (les deux menuets, les deux
scherzos) ou plus méditatifs (adagio), constituent l'un des
premiers coups d'essai du jeune compositeur (il a alors vingt-six
ans) en matière d'orchestre et font de cette
sérénade une première symphonie
déguisée. Intimidé par les symphonies de
Beethoven, Brahms attendra quarante ans passés avant d'oser
aborder franchement le genre.
Grégoire Hetzel
Samedi 26 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum
Ouverture cubaine
Concerto pour piano en Fa
Gambit
Bump
Un Américain à Paris
Concert diffusé en direct sur France Musiques
Lorsque George Gershwin (1898-1937)
rencontra en 1928 Maurice Ravel, il se découvrit plus d'un
point commun avec le musicien français. L'un comme l'autre
négligeaient les frontières strictes entre musique "
classique " et musique " populaire " et tandis que Gershwin, issu du
monde commercial de Tin Pan Alley, s'employait à utiliser le
jazz et le blues dans le contexte des formes de la musique "
sérieuse ", Ravel, pur produit de cette musique savante,
faisait de son côté de larges emprunts à des
techniques jugées " populaires ". Ils allèrent ensemble
écouter des musiciens de jazz à Harlem et la chanteuse
Eva Gauthier qui donna en l'honneur du 53ème anniversaire de
Ravel un dîner, se souvenait dans le New York Times du
16 janvier 1938 de leur rencontre : " Le menu était
composé de toutes les choses que Ravel aimait bien manger, et
en particulier de beaucoup de viande rouge, qu'il adorait il la
préférait en fait crue, au point de la manger bleue et
il se plaignait de ce que toutes les viandes ici fussent trop cuites.
Le regretté George Gershwin était l'un des
invités d'honneur, puisque Ravel avait exprimé le grand
désir de le rencontrer et de l'entendre jouer
Rhapsody in
Blue , The Man I Love .
Ce fut une soirée mémorable. George se surpassa ce soir
là, accomplissant des prodiges étonnants de
complexité rythmique au point que Ravel lui-même
était confondu. George était très
désireux d'étudier avec Ravel, mais la réponse
du français fut : " Vous risqueriez de perdre cette grande
spontanéité mélodique et écrire du
mauvais Ravel. " Ravel rappela en outre aux Américains qu'il
fallait " prendre le jazz au sérieux " : " Vous les
Américains, prenez le jazz trop à la
légère. Vous semblez y voir une musique de peu de
valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu'à
mes yeux c'est lui qui donnera naissance à la musique
nationale des Etats-Unis. "
Gershwin avait vingt-sept ans lorsqu'il composa son
Concerto en fa , un an après la notoriété que
lui avait valu dans les salles de concerts sa Rhapsody in blue
. Son goût des voyages et sa manie d'en ramener des souvenirs
musicaux se traduisent tout aussi bien dans le ballet
Un Américain à
Paris qui date de la même
année (il revint d'un premier séjour en 1926 avec la
future signature de l'oeuvre, quatre klaxons de taxi achetés
avenue de la Grande Armée) que dans son Ouverture cubaine
de 1932, après un séjour à La Havane, le
meilleur endroit où aller pour passer des vacances pourvues de
boissons alcoolisées pendant les années de la
prohibition. De Cuba, Gershwin rapporta tout un lot de percussions
cubaines, maracas, bongos, claves, guiro, qu'il incorpora à sa
musique : " Je me suis efforcé d'allier le rythme cubain avec
mon propre matériau thématique. Le résultat est
une ouverture symphonique qui incarne l'essence de la danse cubaine
".
Enfant, Esa-Pekka Salonen souhaitait devenir compositeur. A
l'Académie Sibelius d'Helsinki, il côtoya d'autres
apprentis compositeurs comme Magnus Lindberg et Kaija Saariaho et
c'est pour jouer sa propre musique et celle des musiciens de sa
génération qu'il décidera de devenir aussi chef
d'orchestre. Désormais la direction d'orchestre concurrence le
temps laissé au compositeur qui pense son uvre à la
fois en terme de pulsation rythmique et de vitalité et le
concert en terme d'évolution de la société.
Dirigeant le Los Angeles Philharmonia Orchestra depuis 1992, Esa
Pekka Salonen y a dirigé essentiellement le répertoire
du 20e siècle, créditant ces années
passées dans cette ville à laquelle il a
dédié L.A.
Variations de l'avoir ouvert
à la diversité des influences qui la traverse.
Gambit (1998) est une commande du Festival de Hollande et
un cadeau d'anniversaire destiné à Magnus Lindberg. Son
titre est emprunté aux échecs, mais c'est aussi le
portrait d'un Finlandais aux Etats-Unis propulsé, autour
d'idées musicales clairement définies, par une
inlassable énergie.
Christopher Rouse est né en 1949 à Baltimore et a développé tout à la fois un intérêt pour la musique savante et les traditions populaires. Professeur de composition à l'Eastman School of Music jusqu'en 2002, il y enseigna notamment l'histoire de la musique rock pendant de nombreuses années. Son catalogue comprend de grandes pièces d'orchestre qui ont fait sa réputation aux Etats-Unis. Dédié à Leonard Slatkin qui a créé l'oeuvre le 24 octobre 1986 avec son Orchestre Symphonique de Saint Louis, Bump est le troisième élément d'un triptyque, Phantasmata , qui rend hommage par son titre aux écrits de Paracelse et aux vertus hallucinatoires de ses images. Décrivant l'oeuvre comme la rencontre improbable entre " La Valse et le Studio 54 ", ou un " concert de gala des Boston Pops en enfer ", Bump fait appel au rythme de la conga cubaine dont Rouse déplace l'accent pour créer un intense sentiment d'oppression.
Martine Kaufmann
Mercredi 30 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum
Maria João
Pires
Ricardo Castro
pianos
Allegro pour piano à quatre mains en la mineur D 947 " Lebensstürme "
Sonate pour piano n 2 en si bémol
mineur opus 35
Sonate pour piano n 3 en si mineur opus 58
Fantaisie poiur piano à quatre mains
en fa mineur D 940
Concert diffusé en direct sur France Musiques
Jeudi 31 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum
Orchestre Philharmonique de Radio France
Ekaterina Siurina,
soprano
Daniel Mesguich,
récitant
Direction
Myung-Whun
Chung
Egmont, musique pour la tragédie de Goethe opus 84
Mort et transfiguration, poème
symphonique opus 24
Till Eulenspiegel, poème symphonique opus 28
Concert diffusé en direct sur France
Musiques
Il aura fallu Beethoven pour que la
tragédie Egmont de Goethe
parvienne de ce côté-ci du Rhin. Nerval traduisit le
premier Faust , mais qui en France, s'intéressa à
Egmont ? Quant à la musique de scène de
Beethoven, le concert la réduit le plus souvent à
l'ouverture, concentré magistral du drame en ses
extrêmes que sont l'amour de Clärchen pour Egmont et la
victoire de la liberté.
En vérité, Goethe, dès 1787 puisque
l'écriture de la tragédie en 5 actes s'étend de
1775 à cette date conçut Egmont avec des
intermèdes musicaux dont Beethoven a scrupuleusement
respecté les insertions. On connaît son
incompréhension pour le génie de Beethoven, tandis
qu'en 1842, E. T. A Hoffmann se montrera autrement perspicace : "
C'est chose bien réjouissante que de voir deux grands
génies s'unir pour produire une uvre admirable et il a
prouvé qu'entre tant de compositeurs, il était le seul
à comprendre, au plus profond de son âme, l'esprit de ce
poème à la fois tendre et puissant. "
La scène est à Bruxelles en 1566-1567, les Flandres se
trouvant alors sous domination espagnole. Le comte Egmont,
allié de Guillaume d'Orange, défend la liberté
de son peuple face au duc d'Albe. Echouant à soulever les
Flandres contre l'Espagne, Clärchen, bien-aimée d'Egmont,
se donne la mort. Le comte Egmont est mené au supplice, mais
dans la nuit qui précède sa mort, il voit se lever la
Liberté sous les traits de Clärchen.
Séduit par ce thème héroïque de la
liberté et de l'amour qui habitait déjà
Fidelio , Beethoven compose dix numéros musicaux,
dont deux lieder pour Clärchen, cinq entractes, la mort de
Clärchen, un mélodrame pour la mort d'Egmont, le tout
enchâssé entre ouverture et symphonie de la victoire
dont les thèmes se répondent.
Certes sans le savoir, Goethe a bien trouvé en Beethoven un
souffle épique digne de lui.
Chez Richard Strauss, l'héroïsme prend le plus souvent
des accents nietzschéens, pourtant quasi absents des deux
poèmes symphoniques qui nous occupent. Curieusement,
Till
Eulenspiegel pourrait être
un aïeul d'Egmont, lui qui vécut la révolte des
Flandres contre Charles Quint aux alentours de 1350. Mais c'est un
portrait facétieux qu'en fait Strauss sous forme de rondeau,
tandis que Mort et
transfiguration parle
d'au-delà et de métamorphose en des termes musicaux
plus beethovéniens : "C'est du réalisme à la
façon des dialogues de Beethoven avec le Destin",
écrivait Romain Rolland.
Lucie Kayas
France Bleu
France Bleu Hérault
France Inter
Emissions, magazines, concerts en direct.
France Musiques
par Anne-Charlotte Rémond , les 9,
10, 11, 17, 18 et 19 juillet de 22h à 00h,
du 23 au 26 juillet et les 30, 31 juillet et 1er août, de 18h
à 20h
Les Jeunes Solistes, en direct
Les concerts de Jazz et les Rendez-vous de 18h, en
différé
Les concerts du soir, en direct ou en différé
France Culture
du 9 au 13 juillet, Cour des Ursulines,
17h30
du 9 au 13 juillet, Jardins de
Pétrarque, 20h
en direct le vendredi 11 juillet à
16h30
en direct de la Cathédrale le
dimanche 13 juillet à 10h
, concert en direct le mercredi 23 juillet
à 22h
(Tohu Bohu / Musiques électriques) en
direct le dimanche 27 juillet à 23h
Union Européenne de Radio-Télévision
Certains concerts seront diffusés dans le cadre du Festival
d'été Euroradio
Le Festival de Radio France et Montpellier
et l'Orchestre National de Montpellier vous offrent la
possibilité de découvrir ou de revivre des moments
inoubliables du Festival : en compact disque live, les grandes
oeuvres lyriques données en création au Festival.
(live 26 juillet 1997) _ Editions Actes
Sud
Grand Prix de l'Académie Charles Cros 2000
Orphée d'or de l'Académie du Disque Lyrique (Prix
Michel Garcin " Meilleure initiative discographique ")
(live 22 juillet 1998) _ Editions Actes
Sud
Diapason d'Or de l'année 2000
(live 22 juillet 1999) _ Editions Actes
Sud
Orphée d'or de l'Académie du Disque Lyrique 2000 (Prix
Bruno Walter " Meilleure direction d'Orchestre ")
(live 13 juillet 2000) _ Editions Agora
(live 3 août 1995) _ Editions Actes
Sud
(live 12 juillet 1999) _ Editions Actes
Sud
Orphée d'or de l' Académie du Disque Lyrique 2002 (Prix
Jean Fontaine "Meilleur enregistrement de musique vocale")
(live 17 juillet 1995) _ Editions Actes
Sud
(live 23 juillet 2001) _ Editions
Universal
/
(live 30 juillet 2002) Editions Universal
+ 33 (0)4 67 02 02 01
+ 33 (0)4 67 61 66 82
renseignements :
contact@festivalradiofrancemontpellier.com
réservations : billetterie@
festivalradiofrancemontpellier.com ou
www.fnac.fr
Festival de Radio France et Montpellier, Le Corum
BP 9214, 34043 Montpellier Cedex 1
Lyriques
tarif normal
tarif
réduit
L'Ombre de l'âne
10 et 12
juillet 30 / 20 23 / 12
Rita 18
juillet 34 / 20 / 14
26 / 12
/ 8
La Pucelle d'Orléans
19 juillet
Esther
24 juillet
Libertad!
25 et 26 juillet 13 / 12 / 8 12 / 11 / 7
Cyrano de Bergerac 29 juillet et 1er août
46,50 / 40,50 / 25 40,50 / 34,50 / 21
Symphoniques, musique de chambre, musique vocale
Orchestre National de
Montpellier
9 juillet 29
/ 18 / 11 23 / 12 / 6
Camerata de Lausanne
11 juillet
Récital Fazil Say
17 juillet
Orchestre Philharmonique
de Radio France
25 et 31 juillet
Orchestre National de France
26 juillet
Maria João Pires et Ricardo Castro 30 juillet
Choeur de Radio
France 23
juillet 15 10
Directeur artistique
René Koering
Jany Macaby
Radio France
La Ville de Montpellier
L'Agglomération de Montpellier
Le Département de l'Hérault
Le Ministère de la Culture et de la Communication
La Sacem
Le Crédit Agricole du Midi
Générale des Eaux
Antix
FDI GROUPE
Ernst & Young
Caisse d'Epargne Languedoc-Roussillon
Languedoc Mutualité
Air France
Hertz
SNCF
Le Festival de Radio France et Montpellier est membre de
France-Festivals,
fédération des festivals internationaux de musique.
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festivals.com