festival de Radio France et Montpellier 2003

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festival annulé

Le Festival de Radio France et Montpellier

Du 9 juillet au 1er août 2003

Entrées libres tous les jours

Découvertes Lyriques

Symphoniques, musique de chambre, musique vocale

accès - prix - partenariats

dossier de presse fourni par l'agence Tandem

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mise à jour : 18 novembre 2004

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©Dessin de René Koering

Le Festival de Radio France et Montpellier est heureux de vous inviter à son 19e voyage musical.

Deux mises en scène d'opéras vous permettront de découvrir pour la première fois la toute dernière ¦uvre composée par Richard Strauss, L'Ombre de l'âne, et l'adaptation de l'¦uvre d'Edmond Rostand mise en opéra par le compositeur italien Franco Alfano, Cyrano de Bergerac, avec Roberto Alagna dans le rôle-titre. Des opéras très rares donnés en version concert seront servis par des artistes exceptionnelles, Sumi Jo sera Rita de Donizetti, Mirella Freni La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski et Anne-Lise Sollied Esther de Lidarti.

La création contemporaine sera largement représentée lors de cette édition avec trois productions : Micromégas de Paul Méfano, Les Orages désirés de Gérard Condé, et ¡Libertad! de Didier Lockwood.

Fazil Say sera en quasi-résidence au Festival qui accueillera également Maria João Pires, François-René Duchâble, Jean-Yves Thibaudet, Pierre Amoyal Š Armin Jordan, Myung-Whun Chung, Emmanuel Krivine, Friedemann Layer, Stefano Ranzani, Marco Guidarini, Stefan Anton Reck, Vladislav Tchernouchenko, Juraj Valcuha, dirigeront les formations musicales de Radio France (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Ch¦ur et Maîtrise de Radio France) ainsi que l'Orchestre National de Montpellier, la Camerata de Lausanne, l'Orchestre Philharmonique de Nice et le Ch¦ur de la Radio Lettone.

Vous retrouverez bien sûr tous vos rendez-vous quotidiens, les jeunes solistes, la musique de chambre, les projections de films, les Rencontres de Pétrarque, le jazz, les musiques d'Ici et d'Ailleurs, Tohu-Bohu (qui aura lieu cette année à Odysseum). Deux nouveautés également lors de cette édition : une série consacrée à la variété française mise en place grâce au réseau France Bleu, et les Lectures de France Culture par des comédiens. Enfin, vous découvrirez que le festival vous propose un nouveau calendrier : toutes les manifestations vous seront présentées en règle générale du mercredi au samedi. Pour en savoir plus sur l'évolution de la programmation, connectez-vous sur le site du festival : www.festivalradiofrancemontpellier.com.

René Koering

www.festivalradiofrancemontpellier.com

calendrier | revenir

L'opéra "L'ombre de l'âne" prévu les 10 et 12 juillet est remplacé par un récital d'Angélique Ionatos et Misia, le 10 juillet uniquement, à l'Opéra Berlioz - Le Corum.

Le Festival de Radio France et Montpellier est heureux de vous inviter à son 19e voyage musical.

Deux mises en scène d'opéras vous permettront de découvrir pour la première fois la toute dernière uvre composée par Richard Strauss, L'Ombre de l'âne , et l'adaptation de l'oeuvre d'Edmond Rostand mise en opéra par le compositeur italien Franco Alfano, Cyrano de Bergerac, avec Roberto Alagna dans le rôle-titre. Des opéras très rares donnés en version concert seront servis par des artistes exceptionnelles, Sumi Jo sera Rita de Donizetti, Mirella Freni La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski et Anne-Lise Sollied Esther de Lidarti.

La création contemporaine sera largement représentée lors de cette édition avec trois productions :
Micromégas de Paul Méfano, Les Orages désirés de Gérard Condé, et Libertad! de Didier Lockwood.

Fazil Say sera en quasi-résidence au Festival qui accueillera également Maria João Pires, François-René Duchâble, Jean-Yves Thibaudet, Pierre Amoyal Armin Jordan, Myung-Whun Chung, Emmanuel Krivine, Friedemann Layer, Stefano Ranzani, Marco Guidarini, Stefan Anton Reck, Vladislav Tchernouchenko, Juraj Valcuha, dirigeront les formations musicales de Radio France (Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio France, Choeur et Maîtrise de Radio France) ainsi que l'Orchestre National de Montpellier, la Camerata de Lausanne, l'Orchestre Philharmonique de Nice et le Choeur de la Radio Lettone.

Vous retrouverez bien sûr tous vos rendez-vous quotidiens,

les jeunes solistes, la musique de chambre, les projections de films, les Rencontres de Pétrarque, le jazz, les musiques d'Ici et d'Ailleurs, Tohu-Bohu (qui aura lieu cette année à Odysseum). Deux nouveautés également lors de cette édition : une série consacrée à la variété française mise en place grâce au réseau France Bleu, et les Lectures de France Culture par des comédiens. Enfin, vous découvrirez que le festival vous propose un nouveau calendrier : toutes les manifestations vous seront présentées en règle générale du mercredi au samedi. Pour en savoir plus sur l'évolution de la programmation,

Programmation et distributions sous réserves.

 

Entrées libres tous les jours


Jeunes solistes

12h30
Salle Pasteur-Le Corum, 9 au 12, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31 juillet et 1er août

Projections de films 15h
Salle Einstein-Le Corum, 9 au 13, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31 juillet et 1er août

XVIIIe Rencontres de Pétrarque

17h30
" Les frontières ", en collaboration avec le journal Le Monde
Du mercredi 9 au dimanche 13 juillet, Cloître des Ursulines

Rendez-vous de 18h

Salle Pasteur-Le Corum, 9 au 12, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31 juillet et 1er août

Tohu-Bohu / Musiques électriques

19h
Conseiller artistique Pascal Maurin
Du mercredi 23 juillet au dimanche 27 juillet, Place de France (Odysseum)


Lectures de France Culture
20h
Autour de " La frontière ", du mercredi 9 au dimanche 13 juillet, Jardins de Pétrarque

Jazz
22h
Producteur délégué Xavier Prévost
Cour des Ursulines, 9 au 12, 17 au 19, 24 au 26, 29 au 31 juillet et 1er août

Musiques d'ici et d'ailleurs 22h
Conseiller artistique Franck Tenaille Clapiers, Prades, Lattes, Juvignac, Jacou, Saint-Jean-de-Vedas, Pérols, Montferrier, Saint-Georges-d'Orques, Murviel-les-Montpellier, Castries, Sussargues.

La programmation détaillée de ces manifestations sera à votre disposition prochainement.




Découvertes lyriques

Mises en scène


L'Ombre de l'âne

de Richard Strauss 10 et 12 juillet à 20h

L'opéra "L'ombre de l'âne" prévu les 10 et 12 juillet est remplacé par un récital d'Angélique Ionatos et Misia, le 10 juillet uniquement, à l'Opéra Berlioz - Le Corum.

Cyrano de Bergerac

de Franco Alfano 29 juillet et 1er août à 20h

Versions concert


Rita

de Gaetano Donizetti 18 juillet à 20h

La Pucelle d'Orléans

de Piotr Ilyich Tchaïkovski 19 juillet à 20h

Esther

de Cristiano Giuseppe Lidarti 24 juillet à 20h

 

 

Compositeurs d'aujourd'hui


Micromégas

de Paul Méfano 16 juillet à 22h entrée libre

Les Orages désirés

de Gérard Condé 23 juillet à 22h entrée libre

Libertad!

de Didier Lockwood 26 et 27 juillet à 22h

 

Jeudi 10 juillet et Samedi 12 juillet à 20h | revenir
Opéra Comédie


L'opéra "L'ombre de l'âne" prévu les 10 et 12 juillet est remplacé par un récital d'Angélique Ionatos et Misia, le 10 juillet uniquement, à l'Opéra Berlioz - Le Corum.

Richard Strauss

L'Ombre de l'âne

Opéra opus posthume en 6 tableaux (1947-48)
Livret original de Hans Adler d'après " Les Abdérites " de C.M.W.Roman
Adaptation française de René Koering
Orchestration de René Bosc

 

Vendredi 18 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz- Le Corum


Nino Rota
Concerto " Soirée " pour piano et orchestre

Gaetano Donizetti
Rita

Opéra-comique en 1 acte (1860)
Livret en français de Gustave Vaëz création de la version originale
Manuscrit de la Bibliothèque Angelo Mai de Bergame

Sumi Jo

Rita

Fabrice Mantegna

Peppe

Evguenyi Alexiev

Gasparo

Texte de liaison et récit de Guy Carlier
Orchestre Philharmonique de Nice
Enrica Ciccarelli,
piano
Direction Marco Guidarini


Concert diffusé en direct sur France Musiques

Petit opéra comique à l'intrigue douce-amère, Rita n'a été retrouvée qu'après la mort de Donizetti. Ecrit - texte et musique - en une semaine à l'époque des Martyrs et de La Favorite , elle amène leurs vastes proportions dans un cadre minuscule, sur les accents délicieux propres au compositeur.

Extrêmement bien connue dans sa traduction italienne, surtout à l'étranger, mais presque oublié en France, le Festival de Radio France et Montpellier propose l'authentique édition parisienne de
Rita de la première de 1860, avec un dialogue presque scandaleux restauré comme au Théâtre Impérial de l'Opéra-Comique.

Alexander Weatherson
Président de la Donizetti Society



Samedi 19 juillet
20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Piotr Ilyich Tchaïkovski

La Pucelle d'Orléans

Opéra en 4 actes et 6 scènes (1881)
Livret du compositeur d'après Friedrich Schiller

Mirella Freni

Jeanne d'Arc

Eva Jenis

Agnès Sorel

Viktor Lutsiuk

Charles VII

Ezio di Cesare

Raimond

Sergej Koptchak

Thibaut d'Arc

Dalibor Jenis

Lionel

Yuri Batukov

L'Archevêque

Vladimir Petrov

Bertrand

Orchestre National de Montpellier
Choeur de la Radio Lettone

Direction Stefano Ranzani


Concert diffusé en direct sur France Musiques

Un opéra d'un francophile russe

Succédant immédiatement à Eugène Onéguine , La Pucelle d'Orléans composée en 1878-79 est l'un des rares opéras de Tchaïkovski sur un sujet non russe. A l'âge de la maturité, le compositeur qui avait une ascendance française par sa mère revient à une fascination d'enfance, ayant été ému dès son plus jeune âge par le sort de " l'héroïne de la France ", ainsi qu'il l'avait lui- même définie. Le livret de l'opéra est dans une large mesure inspiré de la pièce de Schiller Die Jungfrau von Orléans , mais à la différence du poète allemand qui avait choisi de faire mourir Jeanne non sur le bûcher mais sur un champ de bataille, Tchaïkovski revient, dans le dernier tableau de son opéra, à la tragique réalité historique. Lorsqu'on connaît son aptitude à s'identifier au sort de ses personnages, on comprend que la composition de cette scène ait été pour lui-même un profond bouleversement. Créée au Théâtre Marinski de Saint-Pétersbourg le 13 février 1881, La Pucelle d'Orléans obtint un beau succès auprès du public, mais fut mal accueillie par la presse. Pendant longtemps il fut de bon ton de dénigrer cet ouvrage, qui reste dans le sillage du grand opéra français et des opéras semi-historiques de Verdi (lui-même auteur d'une assez médiocre Giovana d'Arco ), culminant sur de grandes scènes de masse orchestrées avec éclat, comme celle du couronnement de Charles VII dans la cathédrale de Reims, au 2ème tableau du 3ème acte. Mais La Pucelle d'Orléans permet aussi de mesurer l'étendue des moyens expressifs de Tchaïkovski, aussi magistral dans l'effet spectaculaire que dans le portrait psychologique . Au fil des tableaux, on voit se dessiner les visages de Jeanne, la bergère de Domrémy devenue chef d'armée à l'appel des anges, de son redoutable père Thibaut d' Arc qui sera l'instrument de la tragédie finale, du pâle roi Charles VII, ainsi que les nobles figures d'Agnès Sorel et du Chevalier Dunois, et de Lionel, l'adversaire amoureux de Jeanne, personnage aussi imaginaire que convenu, mais que Tchaïkovski réussit à rendre humainement et musicalement crédible.

André Lischke


Jeudi 24 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Cristiano Giuseppe Lidarti

Esther

Oratorio en hébreu en trois parties (1774) création
Livret du Rabbin Jacob Raphaël Saraval de Venise

Anne-Lise Sollied

Esther

Ulrike Helzel

Donna Israelita

Donald Litaker

Ahasveros

Laurent Naouri

Haman


Orchestre National de Montpellier
Choeur de la Radio Lettone
Continuo et clavecin

Yvon Repérant
Direction Friedemann Layer

Avec le concours du Centre d'Etude de Musique Juive de l'Université Hébraïque de Jérusalem et de Yuval-France. Edition par Israel Adler et David Klein du Manuscrit Add 9467 de la Bibliothèque universitaire de Cambridge Edition Israël Music Institute (Tel-Aviv).

Concert diffusé en direct sur France Musiques

 

L'oratorio d'Esther est le dernier-né des nombreux projets du Centre d'Etude de Musique Juive de l'Université hébraïque de Jérusalem et de Yuval-France, autour du répertoire judéo-baroque.
L'histoire de cette uvre et de sa redécouverte relie continents et religions : d'un traitement de l'histoire biblique d'Esther par Racine, en passant par un livret anglais basé sur ce dernier pour un oratorio de Haendel ; le texte hébraïque de l'oratorio
Esther est adapté de l'anglais par le Rabbin de Mantoue et Venise, Jacob Raphaël Saraval (1707-1782) ; probablement pour une représentation à Pourim dans la communauté séfarade d'Amsterdam. Rabbi Saraval est connu pour son intérêt pour la musique qu'il semble avoir pratiqué lui-même. Dans un document daté de mars 1757, il demandait la permission pour ses élèves de son Ecole talmudique (yeshivah) de présenter dans le ghetto de Mantoue, à Pourim, "une sorte d'opéra basé sur une histoire biblique. Il obtint la permission " à condition qu'aucun Gentil ne soit admis à la représentation, exception faite de l'instrumentiste et du costumier. "
La version de Saraval est une adaptation habile et très libre de l'original anglais. Il n'y a presque jamais de traduction mot à mot.

Les compositions hébraïques de Lidarti connues jusqu'ici sont des pièces courtes, d'une durée de 2 à 6 minutes, mais Esther est d'une dimension considérable à la manière d'un oratorio de grand format qui dure plus de deux heures. Elle est l'oeuvre la plus extensive de ce genre découverte jusqu'à présent dans le répertoire de la musique hébraïque savante des 17e et 18e siècles. l'oeuvre est composée de trois actes comprenant chacun 3 à 4 scènes. La partition est écrite pour des voix de solistes : Esther, Donna Israelita (une femme israélite à la suite d'Esther), Ahasveros, Mordeccai et Haman, avec une brève apparition de Harbona , un Choeur, à trois voix et un orchestre d'instruments à cordes, flûtes, hautbois, cors et basse continue.


Mardi 29 juillet et Vendredi 1er août à 20h | revenir
Opéra Comédie


Franco Alfano
Cyrano de Bergerac

Opéra en 4 actes et 5 tableaux (1936)
Livret de Henri Cain d'après Edmond Rostand

Roberto Alagna

Cyrano

Nathalie Manfrino

Roxane

Hanna Schaer

La duègne, Soeur Marthe

Nicolas Rivenq

De Guiche

Franck Ferrari

Carbon

Richard Troxell

Christian

Marc Barrard

Ragueneau

Richard Rittelman

Le Bret

Marcin Habela

De Valvert, l'officier espagnol, le cuisinier

Thomas Dolié

Lignière, le mousquetaire


Orchestre National de Montpellier
Choeur de l'Opéra National de Montpellier

Direction Marco Guidarini
Mise en scène et décors David et Frederico Alagna
Costumes Christian Gasc
Lumières Aldo Solbiati


En coproduction avec l'Orchestre National et l'Opéra National de Montpellier Euterp.

Personnage exubérant mais néanmoins réfléchi, Franco Alfano (1875-1954) ressentit, dès ses années d'apprentissage, le besoin impérieux de dépasser les horizons désormais limités de l'école napolitaine. Pour cela, il se lança dans de sérieuses études tout en multipliant les expériences culturelles hors d'Italie. Il fut successivement concertiste et critique, puis passa de la composition de ballets à succès à des expériences théâtrales plus incertaines, élaborant peu à peu sa propre identité créatrice. Fasciné tant par Richard Strauss que par Debussy, attentif (tout en gardant ses distances) aux succès de la "jeune école" et conscient de la responsabilité qu'imposait à toute une nouvelle génération de compositeurs italiens l'étiolement de la grande tradition de l'opéra national, Alfano se tourna à la fois vers le théâtre et vers la musique instrumentale en essayant "d'être soi-même (ce sont ses propres mots) et d'évoluer avec les courants modernes".

Son premier succès décisif fut celui de
Risurrrezione , qui allait révéler une évidente vocation théâtrale. Ses premiers essais symphoniques furent aussi heureux, avec, entre autres, la Suite romantique , très colorée. Les années passèrent et le véritable succès n'arriva qu'en 1921 avec La Leggenda di Sakuntala , sorte de symphonie vocale d'une étonnante richesse de timbres, dont l'ambiance de fable savamment orchestrée plut au public. Ses oeuvres suivantes ne parvinrent pas à soutenir la comparaison. Perdant du terrain, Alfano s'épuisait dans la recherche d'un livret qui présentât au moins un intérêt scénique. Osera-t-on dire qu'il avait la solution "sous le nez", en l'occurrence celui du Cyrano de Bergerac mis en scène par Henri Cain d'après le chef-d' uvre de Rostand ? L'opéra eut un succès immédiat, qui allait être le dernier d'Alfano au théâtre. Cette uvre surprit par l'extrême sobriété de son orchestration : certains allèrent jusqu'à dire qu'enfin, le symphoniste Alfano avait "fait corps" avec le compositeur d'opéra. En réalité, dans son travail sur Cyrano , Alfano, cédant aux turbulences de son tempérament, avait renoncé à exploiter ses acquis pour s'abandonner à sa fantaisie rebelle. "Cyrano ," raconte-t-il, "m'est venu sans aucune recherche d'élaboration. J'ai privilégié la simplicité de la ligne mélodique, et toujours, bien sûr, en rendant hommage à la rigueur et à la solidité du contrepoint. Seul un thème, celui des cadets, est éminemment rythmique et réapparaît quand l'action l'exige. Mais il ne faut pas le considérer comme un leitmotiv . Au contrepoint correspond l'harmonie, qui répond toujours aux canons de la vieille école et, si elle accueille des modulations savoureuses autant qu'inattendues, elle aime la souplesse, qui la protège des chocs trop violents. L'instrumentation, simplifiée, évite la monotonie et recherche les expressions (je ne dirai jamais les "effets") les plus opportunes. C'est avec de tels moyens," poursuit Alfano, "que j'ai voulu diversifier les ambiances, par exemple la gaîté, au début du premier acte, puisqu'il s'agit d'une scène de fête. Au début du deuxième acte, en revanche, j'ai enrobé d'un rien d'académisme les prétentions poétiques du pâtissier, et au deuxième tableau, la préciosité et la fourberie de Roxane. Pour le troisième acte, il fallait trouver un autre ton : il commence sombrement à l'aube du jour de la bataille et se termine dans la fébrilité, pour traduire le courage et le danger. Douceur, suavité, résignation, bonté, sont les expressions du dernier acte."

Le 22 janvier 1936,
Cyrano de Bergerac était donc monté pour la première fois, dans la version italienne, à l'Opéra de Rome, sous la direction de Tullio Serafin et, répétons-le, ce fut un succès. Le public fut séduit par les accents fanfarons et pathétiques (sans doute les meilleurs) du personnage principal, comme si précisément, en réponse aux accusations de francophilie, Alfano avait voulu (bizarrement, avec un opéra dont l'argument était français) "italianiser" son style, selon des critères de mélodie et de légèreté. Avant tout, cet opéra confirmait une facture soignée et une instrumentation raffinée. Signalons, pour preuve de l'estime que l'on accordait à l'époque à ses qualités d'orchestrateur, que c'est à Alfano que Toscanini confia la tâche de terminer la Turandot de Puccini (duo et final de l'acte III), mission dont il s'acquitta avec beaucoup de finesse, de soin et de sensibilité.

Marco Iannelli
Traduit de l'italien par Valérie Julia

Mercredi 16 juillet à 22h | revenir
Cour des Ursulines
Entrée libre


 Paul Méfano
Micromégas

Action lyrique en 7 tableaux (1974) sur le texte original de Voltaire
Nouvelle version - création

Jacques Schwarz

Micromégas

Kaoli Isshiki

La bonimenteuse

Eric Trémolières

Le Saturnien

Rayanne Dupuis

La femme du Saturnien

Pierre Villa-Loumagne

Le narrateur

Sandrine Eyglier
Iane Roulleau
Christophe Crapez

Les animalcules

Paul-Alexandre Dubois
Bruno Rostand



Ensemble 2e2m

Direction Paul Méfano

En partenariat avec l'Ensemble 2e2m

 

Au milieu du 18e siècle, l'Europe se passionne pour le développement du savoir scientifique et philosophique : l'esprit de l'Encyclopédie bouscule la traditionnelle façon de penser et se propose à tout honnête homme.
Voltaire, esprit aigu, avide de toute nouveauté, s'enflamme pour les théories de la gravité universelle de Newton qui prévoient un léger aplatissement de la terre aux pôles. Ce qu'une expédition dirigée par Maupertuis en 1737 va prouver.
Cet épisode va servir de trame à
Micromégas (le Petit-Géant ), à cette fable philosophique dans laquelle Voltaire, réfugié à la cour de Frédéric le Grand, à Berlin, de 1750 à 1753, peut accabler tous ses adversaires parisiens pour la vanité de leurs motivations et la fatuité de leurs convictions.
Mais derrière le railleur, se dessine l'émerveillement pour l'intelligence humaine et la quête d'une transcendance au-delà des croyances.
Voltaire n'imaginait sans doute pas que son texte put inspirer un compositeur et pourtant les allusions musicales y fleurissent : on rit de Lulli, il cite le Père Castel, l'inventeur du " clavecin oculaire " ! et ô prodige ! le Leibnizien a " un corps qui carillonne ".
Quant à cette phrase " j'admire en tout sa sagesse ; je vois partout des différences mais aussi partout des proportions... " Quel programme !
Bernard Templier

Le conte philosophique Micromégas donne lieu à un livret musical admirable : l'unité formelle, la force des idées, le jeu spirituel sur la relativité (et les variétés constantes de l'Univers), l'esprit caustique qui parcourt le récit où chacun en prend pour son grade, gardent leur actualité vivace. Des scènes du genre, typées et resserrées, s'y dénombrent : la femme délaissée par son amant (oh ! cruel), le fervent hymne à la nature (oh atomes intelligents ! ), des êtres pensants duettistes puis confrontés aux animalcules terrestres Dans une machine à langage de haute précision, elliptique et aérée, se distille un style étourdissant, d'une bouffonnerie légère. Il s'y glisse insidieusement et inéluctablement l'inquiétude originelle et une analyse acérée de l'absurdité des motivations de la guerre, du fanatisme et autres avatars de la nature humaine. Toutes ces qualités et difficultés de Micromégas m'ont immédiatement séduit et incité à accepter cette gageure. D'entrée de jeu, l'irrespect et le danger assumé donnaient un profil inattendu à mon travail. Musicalement, le découpage du conte s'insère dans un ingénieux livret. Quatre personnages, dont deux géants, se distribuent le texte face à nos dérisoires et émouvants animalcules. Micromégas, auquel est assigné une super-série des plus beaux jours (!) comme on n'en fait peut-être plus , le Saturnien fonctionnant sur une série en quarts de tons, dérivée de celle de Micromégas, puisqu'il est, en quelque sorte, son miroir, son dialogue, sa réponse et sa question, la maîtresse du Saturnien (figée dans un aria da capo musclé et larmoyant) rapidement balancée hors du livret par la sauvage misogynie de notre auteur
Enfin la femme, initiatrice-accoucheuse, qui traverse le conte, constitue une "broche" qui annonce, décrit, conclut l'affaire Survivante de la chanson d'Aube du Moyen age, elle supervise et tire les ficelles de notre couple Micromégas/Le Saturnien, réincarnant un peu, éventuellement, le Testo de
Tancrède et Clorinde . Témoin, présentateur, moraliste, ce personnage androgyne est le seul qui, d'une précaire, crayeuse, gauche, misérable tonalité de ré majeur/mineur, évolue vers la suspension, la dissolution de celle-ci pour mourir enfin aux rivages anciens des quarts de tons d'une époque oubliée et reculée : la fin du 20e siècle. Les terriens animalcules philosophiques sont confiés à un Choeur à six voix déjà discrètement présents dès le début de l'action ; leur marge de man uvre circule dans un continuum inintelligibilité - lisibilité.
Paul Méfano

 

Mercredi 23 juillet à 22h | revenir
Cour des Ursulines
Entrée libre


Gérard Condé
Les Orages désirés

Opéra romantique en quatre tableaux
Livret de Christian Wasselin
Création Commande de Radio France

Françoise Masset

Hector Berlioz

Marie-Thérèse Keller

La mère d'Hector

Jean Teitgen

Le père d'Hector

Sevan Manoukian

Estelle

Yves Coudray

Le colonel Marmion, oncle d'Hector

Philippe Rabier

Il signor Corsino, le professeur de musique
Avec la participation d'une enfant de la Maîtrise de Radio France pour le rôle de Nanci, s ur d'Hector.


Orchestre Philharmonique de Radio France

Direction Kirill Karabits
Mise en espace
Sugeeta Fribourg



Contribution originale au bicentenaire de la naissance de Berlioz, l'opéra
Les Orages désirés met en scène le jeune Hector au moment où la musique s'impose à son imagination et à son coeur.
L'argument ? Hector Berlioz, à peine adolescent mais déjà en proie à ses passions, ne sait comment avouer à Estelle l'amour qu'elle lui inspire. Il va peu à peu concevoir que cet émoi ne doit pas être dit, qu'il lui faut au contraire s'éloigner de la jeune fille et devenir musicien afin de magnifier le sentiment douloureux qu'il éprouve. Ce choix n'est pas celui de l'art contre l'amour, mais celui de l'art qui transfigure l'amour et sauve de la mélancolie.

L'enfance d'un compositeur

Mettre en musique l'enfance d'un grand compositeur, le faire chanter, surtout, reste une gageure. Reynaldo Hahn et Sacha Guitry l'ont tenté pour Mozart et, si je me suis lancé dans l'aventure que me proposait Christian Wasselin, c'est avec autant d'enthousiasme que de sainte terreur. Avec beaucoup de curiosité aussi : à l'opéra, le sujet impose une musique qui reste à découvrir ; qu'allais-je trouver au bout de mon crayon ?
Un Berlioz de douze ans est nourri de romances de Boieldieu, de Monsigny, de Dalayrac. Sans souci excessif pour la couleur d'époque, un langage post-debussyste aurait été pour le moins inadapté ; quant à pasticher le style flamboyant des chefs-d' uvre de la maturité, c'était restreindre l'objectif à celui d'un divertissement culturel. Car ce n'est pas le style de Berlioz qu'il fallait tenter d'approcher mais sa sensibilité profonde qui n'a rien à voir avec les idées reçues.
J'ai donc préféré suivre son exemple quand, composant
les Troyens , il recherchait l'approbation tacite de Gluck. L'espoir de ne pas (trop) déplaire aux mânes d'Hector m'a guidé dans mes choix les plus aventureux ou m'a permis d'oser des mélodies touchantes, des harmonies essentiellement consonantes, des modulations licencieuses. Je n'en ai pas moins pris, avec le style d'époque, les mêmes libertés que l'auteur du livret avec la vérité historique, car le projet d'une création est, avant tout, l'invention d'un univers cohérent et, si possible, inattendu.

Gérard Condé

La violence des passions

Les Orages désirés empruntent leur titre à Chateaubriand et s'appuient sur un épisode réel de la vie de Berlioz. Ils se déroulent en 1815 : l'épisode des Cent-Jours compose la toile de fond historique de l'ouvrage.
Toile de fond, car cet ouvrage met en scène la naissance d'un destin qui se détache avec éclat de la donnée historique. En choisissant de faire d'un artiste le héros d'un opéra, j'ai voulu exalter une singularité, une personnalité superbe même si elle est encore fragile qui choisit de ne pas être raisonnable, se tend tout entière vers son idéal pour n'entendre que l'appel des passions qui grondent.
Gérard Condé, par sa connaissance intime de l'oeuvre et de la sensibilité de Berlioz, ne pouvait qu'être touché par un pareil sujet. Par sa musique, qui ne connaît pas les préjugés et fait intervenir la violence et le trouble là où on les attend le moins, il peut mieux que quiconque évoquer la mélancolie, la candeur et le feu du personnage sans chercher à le travestir ni à le pasticher.
Et si Françoise Masset, aussi à l'aise dans le répertoire dit baroque, les pastorales du 18e siècle, les rôles en pantalon et les créations les plus hardies, s'est imposée immédiatement à nous pour être Berlioz, c'est qu'il y a chez notre héros les nostalgies et les impatiences qui traversent les enfers du temps pour retrouver, au-delà des amours impossibles, le chant perdu.

Christian Wasselin

Vendredi 25 et Samedi 26 juillet à 22h | revenir
Théâtre de Verdure
Domaine Départemental du Château d'eau de Montpellier


Didier Lockwood
Libertad !

Opéra franco-péruvien interprété par des adolescents
Livret de Alonso Alegria
Création mondiale Commande de Radio France et Opera Junior

Direction musicale Gabriel Alegria
Mise en scène Jean-Marie Lehec
Scénographie Chantal Hocdé
Chorégraphie Guillermo Castrillon
Lumières Carlos Perez


Choeur et solistes Opéra Junior
Direction Valérie Sainte Agathe
Choeur de Jeunes Filles de la Maîtrise de Radio France
Direction Toni Ramon
La Orquesta Juvenil de Musica Nueva de Lima

Direction artistique Vladimir Kojoukharov
Chef de projet Valérie Sainte Agathe



Coproduction

Action Musique Opera Junior/Opéra National de Montpellier


En partenariat avec le

Département de l'Hérault

Avec le soutien

de

Languedoc Mutualité, PragmA, Joseph Gibert




Le spectacle repose sur la spécificité de l'histoire de l'abolition de l'esclavage au Pérou. Proclamée en 1854, elle a engendré des situations totalement inédites puisque le décret ne profitait qu'aux individus nés après sa promulgation. Alonso Alegria, auteur dramatique péruvien de renom, s'est inspiré de cette particularité afro-péruvienne pour écrire un livret d'opéra pour adolescents, sur le thème du choix de la liberté. Il y décrit sur un ton plein de verve et d'humour l'absurdité relationnelle de deux bandes rivales, l'une esclave et l'autre libre, constituées de jeunes gens parfois issus de la même famille.

Toute l'originalité de cette création vient de la conjugaison des talents d'Alonso Alegria et Didier Lockwood, compositeur français et violoniste de jazz internationalement reconnu. Les deux artistes ont en effet accepté de concevoir ensemble cet opéra créé au nouveau Théâtre de Verdure du Domaine Départemental du Château d' à Montpellier, un théâtre à ciel ouvert de 1800 places.


Pendant 14 mois, les groupes d'interprètes français et péruviens auront donc travaillé en parallèle, conduits par une équipe professionnelle du spectacle. Mais au-delà de la création artistique, les différentes structures qui placent les notions d'échanges culturels et intellectuels au coeur de leurs démarches ont tissé entre elles de véritables liens humains.

En 2000, Opera Junior avait conçu et diffusé à Lima, en collaboration avec le Centre des Arts Scéniques de la Ville, le spectacle
Le Paradis des Chats, composé par Vladimir Kojoukharov. 170 enfants des quartiers avaient porté la création et l'extraordinaire richesse de ce premier échange a tracé de nouvelles perspectives.

C'est pourquoi Opera Junior, séduit par la vivacité des rythmes et des mélodies péruviennes ainsi que de l'extraordinaire ancrage des traditions musicales dans les milieux populaires, a voulu conduire un second projet, haut en couleur et cosmopolite :
Libertad! .

Symphoniques, musique de chambre, musique vocale


Orchestre National de Montpellier 9 juillet à 20h
Fazil Say,
piano direction Stefan Anton Reck


Camerata de Lausanne 11 juillet à 20h
François-René Duchâble,
piano direction et violon Pierre Amoyal


Récital Fazil Say
17 juillet à 20h


Choeur de Radio France
23 juillet à 20h
direction Vladislav Tchernouchenko


Orchestre Philharmonique de Radio France
25 juillet à 20h
Maria João Pires,
piano direction

Armin Jordan


Orchestre National de France
26 juillet

à 20h
Jean-Yves Thibaudet,
piano direction Emmanuel Krivine


Maria João Pires et Ricardo Castro,
pianos 30 juillet à 20h


Orchestre Philharmonique de Radio France
31 juillet à 20h
Ekaterina Siurina
, soprano Daniel Mesguich, récitant direction Myung-Whun Chung

 

Mercredi 9 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Orchestre National de Montpellier
Fazil Say
, piano
Direction
Stefan Anton Reck

Serge Rachmaninov/Ottorino Respighi

Cinq Études-Tableaux

Fazil Say

Jazz Paganini pour piano et orchestre création

Serge Rachmaninov

Rhapsodie pour piano et orchestre sur un thème de Paganini opus 43

Igor Stravinski

L'Oiseau de feu, suite (1919)


Le tout jeune Stravinski avait frappé Diaghilev par la force rythmique de ses deux premières partitions, et par la haute maîtrise de leur rutilante orchestration. Ce dernier, qui quittait la Russie pour Paris, propose aussitôt au compositeur de le suivre.
L'Oiseau de feu , ballet inspiré d'un conte russe, sera créé le 25 juin 1910 à l'Opéra de Paris, sous la direction de Gabriel Pierné.
Celui qui, quelques jours auparavant, n'était encore qu'un jeune homme talentueux, devient soudain une figure internationale. Le public lui fait un triomphe. Le Tout Paris se presse : Proust, Puccini, Manuel de Falla, Ravel, Satie, Claudel, Saint-John Perse, Sarah Bernhard. Debussy s'écrit : "C'est un jeune sauvage qui porte des cravates tumultueuses, baise la main des femmes en leur marchant sur les pieds."

On sait que Rachmaninov a puisé l'inspiration de ses
Études-tableaux dans une série d'arguments plus ou moins précis. Mais "cela ne regarde que moi, pas le public. Je ne pense pas que l'artiste doive dévoiler ses images... Laissez l'auditeur peindre lui-même ce que cela lui suggère", écrivit-il avant que l'un de ses auditeurs ne veuille réellement colorer cinq d'entre elles de sa rutilante palette. Rachmaninov donna alors au compositeur des Fêtes romaines "quelques explications concernant les mystères des intentions de l'auteur, qui vous aideront à comprendre le caractère de ces Études et de trouver les couleurs adéquates en les orchestrant". C'est ainsi qu'on apprend que l'une d'elles est une Fête foraine , que d'autres sont des évocations de tableaux de Böcklin, ou du Petit chaperon rouge.
Art de miniaturiste, sens de l'ellipse, élégance de l'expression et vigueur rythmique s'allient, rehaussés du génie orchestral de Respighi.

Les trois mouvements, l'extrême virtuosité pianistique et l'orchestration fluide de la
Rhapsodie sur un thème de Paganini, en font un véritable cinquième concerto pour piano. Composées en Suisse l'été 1934 à partir du célèbre thème du dernier Caprice de Paganini, auquel vient se joindre par moment celui du Dies Irae , les vingt-quatre variations sont à la fois poétiques et jubilatoires. Dès sa création (le 7 novembre à Baltimore), sous les doigts du compositeur et la baguette de Stokowski, la Rhapsodie poursuit sa carrière à travers les grandes capitales d'Europe et d'Amérique, sous la direction de Bruno Walter, Thomas Beecham ou Alfred Cortot, obtient un triomphe dont elle ne se départira jamais.

Comme chaque année, Fazil Say nous offrira une uvre nouvellement composée.
Qu'est-ce qui peut réunir dans un même concert Stravinski, Rachmaninov, Respighi et notre jeune pianiste-compositeur? - L'éclat, la couleur, le brio, le panache.

Grégoire Hetzel

 

Vendredi 11 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz Le Corum


Camerata de Lausanne
François-René Duchâble
, piano
Direction et violon Pierre Amoyal

Louis Spohr

Double quatuor à cordes n 1 en ré mineur opus 65

Félix Mendelssohn

Concerto pour violon, piano et cordes en ré mineur

Alors que ses contemporains dans les années 1834-1844 virent en lui l'égal d'un Haydn, d'un Mozart, voire d'un Beethoven, la postérité devait se montrer beaucoup plus ingrate envers Louis Spohr. Violoniste, compositeur et chef d'orchestre, il réunit durant sa prolifique carrière rigueur formelle et clarté d'expression issues du classicisme viennois et un goût pour l'expérimentation harmonique et structurelle qu'on associe traditionnellement à la période romantique. En 1854, Clara Schumann, qui dès l'âge de huit ans fredonnait tous les lieder de Spohr, avouait elle-même : " Lorsque j'étais jeune fille, je raffolais de Spohr, et sa grande douceur me semblait céleste, alors que maintenant j'en ai vite assez. "
Si le violoniste virtuose éclipsa d'abord le chef d'orchestre, l'installation à Kassel à l'âge de trente-sept ans marque la confirmation de sa place prépondérante dans la vie musicale allemande. Le public anglais raffola de sa musique, l'associant dans le succès à la figure de Mendelssohn, tout aussi populaire de l'autre côté de la Manche. Le chef d'orchestre était assez novateur pour diriger une production du
Vaisseau fantôme de Wagner en 1843 à Kassel, l'homme assez libéral pour contrarier les autorités politiques.
Spohr a consacré une large part de sa production musicale à la musique de chambre, essentiellement pour les cordes, composant notamment quatre double quatuors qui restent sans exemple dans le siècle, associés à 36 quatuors, 7 quintettes et le sextuor de 1848. La maîtrise qu'avait le musicien de son instrument, les difficultés techniques à maîtriser ont pu en partie expliquer la relative méconnaissance de ce répertoire.
Publié à Leipzig en 1823, le premier
double quatuor opus 65 préserve encore le souvenir du concerto grosso du 18e siècle en privilégiant l'un des deux quatuors sur l'autre, et son premier violon joue presque le rôle d'un soliste. Spohr avait déjà expérimenté ce type d'écriture polyphonique avec sa Messe à deux ch urs opus 54 en 1821, et il récidivera en 1841 avec sa Septième symphonie opus 121 pour deux orchestres .

La précocité de Mendelssohn est restée aussi fameuse que celle de Mozart, et ses " cahiers verts " qui conservent ses manuscrits de jeunesse en témoignent : entre onze et quinze ans (1820-1825), pas moins de treize symphonies pour cordes, cinq concertos, quatre
Singpiels , de la musique de chambre, des Lieder et des oeuvres religieuses.
La partition autographe du
Concerto pour violon, piano et cordes en ré mineur est datée du 6 mai 1823, alors que le musicien, âgé tout juste de quatorze ans, vient de s'arrêter à Weimar sur le chemin de retour d'un voyage familial en Suisse pour jouer devant Goethe et son mentor, Carl Zelter.
Au début de l'année 1822, il s'était déjà lancé dans la composition de grandes oeuvres : la
Symphonie pour cordes n 7 , un Concerto pour piano en la mineur et un Concerto pour violon en ré mineur . Impressionné par les progrès de son élève, Zelter constatait alors : " Il peut également devenir un grand maître du violon ", avant d'ajouter au sujet de ses compositions : " Tout gagne en fermeté, c'est à peine si force et puissance lui manquent encore. "
Les leçons de théorie, contrepoint et composition avec Zelter avaient débuté en 1819 et porté rapidement leurs fruits. La partie de violon soliste témoigne des acquis du jeune musicien dans le domaine de la technique instrumentale par rapport au précédent
Concerto en ré mineur que Mendelssohn avait dédié à son ami Eduard Rietz, de sept ans son aîné et son professeur de violon. Rietz partageait également avec Mendelssohn sa passion pour Bach et avait étudié le violon avec Pierre Rode, le plus grand représentant de l'école française et un compositeur au style à la fois classique et élégant qui devait influencer Mendelssohn à travers lui. Quant à l'écriture elle-même, elle a gagné en maturité et en imagination, notamment dans les deux premiers mouvements, Allegro et Adagio . Le mouvement lent regarde du côté de Weber et annonce ceux de Chopin dans ses propres oeuvres concertantes, tandis que le finale associe la brillance issue de Weber à une légèreté propre à ce qui sera le style de sa maturité.
Ce concert du 11 juillet sera l'avant-dernier que donnera François-René Duchâble.

Martine Kaufmann



Jeudi 17 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Fazil Say, piano

Ludwig van Beethoven

Sonate n 8 en ut mineur opus 13 " Pathétique "
Sonate n 23 en fa mineur opus 57 " Appassionata "
Sonate n 29 en si bémol Majeur opus 106 " Hammerklavier "


Concert diffusé en direct sur France Musiques


Les trois sonates de Beethoven que Fazil Say jouera le 17 juillet comptent parmi les plus célèbres, mais relèvent de trois périodes différentes de sa carrière.
Composée en 1798, la
Sonate n 8 en ut mineur opus 13 , dite Pathétique, impressionna fortement les contemporains. Le titre n'est pas de Beethoven, mais il semble l'avoir admis et même utilisé. Il avait déjà écrit une sonate dans la tonalité significative pour lui d'ut mineur (n 5 opus 10 n 1), mais c'est sûrement pour souligner la nouveauté expressive de l'ouvrage que l'éditeur le fit paraître comme " Grande sonate pathétique pour le clavecin ou le pianoforte ". Elle comporte les trois mouvements traditionnels, à ceci près que l'introduction lente du premier non seulement "colore" la partition toute entière, mais réapparaît deux fois au cours de l'Allegro qui suit. En 1804, Ludwig Berger (1777-1839), élève de Clementi et futur maître de Mendelssohn, composa une Grande sonate pathétique en ut mineur dédiée à Clementi et nettement inspirée de l'opus 13 de Beethoven.

Si la
Pathétique constitue l'un des sommets des premières années viennoises de Beethoven, il en va de même de l'Appassionata (n 23 en fa mineur opus 57) pour le début de sa "décennie héroïque ". Esquissée en 1804, elle parut en 1807. Le titre d'Appassionata ne lui fut donné qu'à l'occasion d'une publication ultérieure par l'éditeur Cranz, de Hambourg. Apparemment, Beethoven ne la désavoua pas . Selon Czerny, c'est la sonate que Beethoven, exception faite des cinq dernières, considérait comme sa plus grande. " Lisez La Tempête de Shakespeare ", aurait-il déclaré à son propos. On l'a aussi qualifiée de " torrent de feu dans un lit de granit ", ce qui s'applique en particulier à son finale, inexorable et d'une seule coulée. Ce finale est précédé d'un Andante à variations évoluant du registre grave au registre aigu du clavier. Le motif rythmique de quatre notes parcourant l'Allegro assai initial n'est pas exactement le même que celui de la Cinquième symphonie .

Datée de 1818, la
Sonate n 29 en si bémol majeur opus 106 , diteHammerklavier, ouvre l'ultime période de Beethoven. Son titre lui a conféré une bonne partie de son prestige, mais il aurait pu être porté par n'importe quelle sonate à partir de l'opus 28 : il signifie " clavier à marteaux ", faisant ainsi référence au pianoforte par opposition au clavecin. l'oeuvre est immense dans ses proportions et dans sa durée. D'une difficulté extrême, elle ne fut jouée en public que longtemps après son achèvement, par Franz Liszt. Elle est en quatre mouvements, ce qui ne s'était pas vu chez Beethoven compositeur de sonates depuis l'opus 31 n 3 de 1802, et se termine par une fugue monumentale. Dans cet ouvrage d'exception, la plus grande rigueur s'allie à la plus grande liberté.

Marc Vignal

Mercredi 23 juillet à 20h | revenir
Cathédrale Saint-Pierre


Choeur de Radio France
Direction Vladislav Tchernouchenko

Hommage à Evgueni Svetlanov
Serge Rachmaninov

Vêpres opus 37


Connu essentiellement pour son uvre pianistique et symphonique, Rachmaninov a également laissé des partitions chorales de haute qualité ayant hérité de son maître Taneiev la science de l'écriture pour les voix. Le cycle religieux des Vêpres, composé en 1915, s'inscrit dans le mouvement d'épuration du chant orthodoxe qu'entreprit l'Institut synodal de Moscou dès la fin du 19e siècle. Rachmaninov se rapproche de cet esprit archaïsant et national par de fréquentes tournures modales, des formules répétitives, des citations de mélodies traditionnelles " Znamenny " (équivalent russe des neumes grégoriens) et chants de Kiev. Si l'archaïsme épique y domine avec son austérité, sa robustesse rythmée, ses dissonances diatoniques, la palette sonore et harmonique des Vêpres est aussi vaste que subtile, déploie toutes les techniques d'écriture, de la plus rudimentaire à la plus complexe, oppose à la sobre alternance des prières, tropes et litanies où l'identité du compositeur s'efface presque, des pages d'une sensualité et d'une magnificence toutes " rachmaninoviennes ".

Grégoire Hetzel

Vendredi 25 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Orchestre Philharmonique de Radio France
Maria João Pires
, piano
Direction
Armin Jordan

Wolfgang Amadeus Mozart

Concerto pour piano et orchestre n 20 en ré mineur KV 466

Johannes Brahms

Sérénade n 1 en ré Majeur opus 11

Concert diffusé en direct sur France Musiques



Le
Vingtième fait partie de la grande série de concertos écrits par Mozart de 1782 à 1786, entre L'Enlèvement au sérail et Les Noces de Figaro , afin de séduire Vienne, où il venait de s'installer comme pianiste et compositeur indépendant. Il était parfaitement conscient de ses effets résultant d'un mélange de virtuosité, de technique de composition élaborée, de simplicité mélodique et de profondeur expressive. Comme il l'exprima lui-même : " Mes concertos tiennent le juste milieu entre le trop difficile et le trop facile ; ils sont très brillants, agréables à l'oreille, bien sûr sans jamais tomber dans la pauvreté ça et là, seuls les connaisseurs peuvent être satisfaits, mais de telle manière que le profane doit être content de cette musique sans savoir pourquoi. "
Mozart a su rompre avec la continuité baroque, l'alternance sans rupture des tutti et des soli, a opéré une véritable fusion du concerto avec la symphonie, la sonate, et surtout avec l'esprit dramatique de l'opéra. Le piano est comme un personnage, dont l'entrée constitue un véritable coup de théâtre que l'exposition orchestrale a préparé -, et chacune de ses réapparitions est un événement. La nature mélodique des phrases mêmes, si proches du chant, et toute la dramaturgie développée, le jeu des oppositions et des dialogues entre le piano, l'orchestre et les divers instruments qui s'en détachent, sont autant de caractères contrastés, d'intrigues nouées et dénouées l'esprit concertant imprégnant en retour ses opéras.
Le
Vingtième concerto a été créé le 11 février 1785. Le 12, eut lieu chez Mozart la fameuse réunion au cours de laquelle Haydn déclara à Léopold : " Je vous le dis, devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom, il a du goût et en outre la plus grande science de la composition. "
" Je crois que cela a vraiment touché l'auditoire, hier. Les applaudissements n'ont pas cessé tant que je ne fus pas monté sur l'estrade ", écrit Brahms à Clara Schumann au lendemain de la création de sa
Première Sérénade , à Hambourg, le 18 mars 1859.
Au moment où il compose sa partition, Brahms étudie les sérénades de Mozart. Il rend ainsi hommage aux divertissements musicaux du 18e siècle. Dvorak et Tchaïkovski poursuivront à leur tour cette tradition.
Les six mouvements aux thèmes tantôt rustiques ou populaires (allegro initial, rondo final), tantôt élégamment viennois (les deux menuets, les deux scherzos) ou plus méditatifs (adagio), constituent l'un des premiers coups d'essai du jeune compositeur (il a alors vingt-six ans) en matière d'orchestre et font de cette sérénade une première symphonie déguisée. Intimidé par les symphonies de Beethoven, Brahms attendra quarante ans passés avant d'oser aborder franchement le genre.

Grégoire Hetzel

 

Samedi 26 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Orchestre National de France
Jean-Yves Thibaudet,
piano
Direction
Emmanuel Krivine

George Gershwin

Ouverture cubaine
Concerto pour piano en Fa

Esa Pekká Salonen

Gambit

Christopher Rouse

Bump

George Gershwin

Un Américain à Paris


Concert diffusé en direct sur France Musiques

Lorsque George Gershwin (1898-1937) rencontra en 1928 Maurice Ravel, il se découvrit plus d'un point commun avec le musicien français. L'un comme l'autre négligeaient les frontières strictes entre musique " classique " et musique " populaire " et tandis que Gershwin, issu du monde commercial de Tin Pan Alley, s'employait à utiliser le jazz et le blues dans le contexte des formes de la musique " sérieuse ", Ravel, pur produit de cette musique savante, faisait de son côté de larges emprunts à des techniques jugées " populaires ". Ils allèrent ensemble écouter des musiciens de jazz à Harlem et la chanteuse Eva Gauthier qui donna en l'honneur du 53ème anniversaire de Ravel un dîner, se souvenait dans le New York Times du 16 janvier 1938 de leur rencontre : " Le menu était composé de toutes les choses que Ravel aimait bien manger, et en particulier de beaucoup de viande rouge, qu'il adorait il la préférait en fait crue, au point de la manger bleue et il se plaignait de ce que toutes les viandes ici fussent trop cuites. Le regretté George Gershwin était l'un des invités d'honneur, puisque Ravel avait exprimé le grand désir de le rencontrer et de l'entendre jouer Rhapsody in Blue , The Man I Love . Ce fut une soirée mémorable. George se surpassa ce soir là, accomplissant des prodiges étonnants de complexité rythmique au point que Ravel lui-même était confondu. George était très désireux d'étudier avec Ravel, mais la réponse du français fut : " Vous risqueriez de perdre cette grande spontanéité mélodique et écrire du mauvais Ravel. " Ravel rappela en outre aux Américains qu'il fallait " prendre le jazz au sérieux " : " Vous les Américains, prenez le jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu'à mes yeux c'est lui qui donnera naissance à la musique nationale des Etats-Unis. "
Gershwin avait vingt-sept ans lorsqu'il composa son
Concerto en fa , un an après la notoriété que lui avait valu dans les salles de concerts sa Rhapsody in blue . Son goût des voyages et sa manie d'en ramener des souvenirs musicaux se traduisent tout aussi bien dans le ballet Un Américain à Paris qui date de la même année (il revint d'un premier séjour en 1926 avec la future signature de l'oeuvre, quatre klaxons de taxi achetés avenue de la Grande Armée) que dans son Ouverture cubaine de 1932, après un séjour à La Havane, le meilleur endroit où aller pour passer des vacances pourvues de boissons alcoolisées pendant les années de la prohibition. De Cuba, Gershwin rapporta tout un lot de percussions cubaines, maracas, bongos, claves, guiro, qu'il incorpora à sa musique : " Je me suis efforcé d'allier le rythme cubain avec mon propre matériau thématique. Le résultat est une ouverture symphonique qui incarne l'essence de la danse cubaine ".
Enfant, Esa-Pekka Salonen souhaitait devenir compositeur. A l'Académie Sibelius d'Helsinki, il côtoya d'autres apprentis compositeurs comme Magnus Lindberg et Kaija Saariaho et c'est pour jouer sa propre musique et celle des musiciens de sa génération qu'il décidera de devenir aussi chef d'orchestre. Désormais la direction d'orchestre concurrence le temps laissé au compositeur qui pense son uvre à la fois en terme de pulsation rythmique et de vitalité et le concert en terme d'évolution de la société. Dirigeant le Los Angeles Philharmonia Orchestra depuis 1992, Esa Pekka Salonen y a dirigé essentiellement le répertoire du 20e siècle, créditant ces années passées dans cette ville à laquelle il a dédié
L.A. Variations de l'avoir ouvert à la diversité des influences qui la traverse.
Gambit (1998) est une commande du Festival de Hollande et un cadeau d'anniversaire destiné à Magnus Lindberg. Son titre est emprunté aux échecs, mais c'est aussi le portrait d'un Finlandais aux Etats-Unis propulsé, autour d'idées musicales clairement définies, par une inlassable énergie.

Christopher Rouse est né en 1949 à Baltimore et a développé tout à la fois un intérêt pour la musique savante et les traditions populaires. Professeur de composition à l'Eastman School of Music jusqu'en 2002, il y enseigna notamment l'histoire de la musique rock pendant de nombreuses années. Son catalogue comprend de grandes pièces d'orchestre qui ont fait sa réputation aux Etats-Unis. Dédié à Leonard Slatkin qui a créé l'oeuvre le 24 octobre 1986 avec son Orchestre Symphonique de Saint Louis, Bump est le troisième élément d'un triptyque, Phantasmata , qui rend hommage par son titre aux écrits de Paracelse et aux vertus hallucinatoires de ses images. Décrivant l'oeuvre comme la rencontre improbable entre " La Valse et le Studio 54 ", ou un " concert de gala des Boston Pops en enfer ", Bump fait appel au rythme de la conga cubaine dont Rouse déplace l'accent pour créer un intense sentiment d'oppression.

Martine Kaufmann


Mercredi 30 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Maria João Pires
Ricardo Castro
pianos

Franz Schubert

Allegro pour piano à quatre mains en la mineur D 947 " Lebensstürme "

Frédéric Chopin

Sonate pour piano n 2 en si bémol mineur opus 35
Sonate pour piano n 3 en si mineur opus 58

Franz Schubert

Fantaisie poiur piano à quatre mains en fa mineur D 940


Concert diffusé en direct sur France Musiques

Jeudi 31 juillet à 20h | revenir
Opéra Berlioz-Le Corum


Orchestre Philharmonique de Radio France
Ekaterina Siurina,
soprano
Daniel Mesguich,
récitant
Direction Myung-Whun Chung

Ludwig van Beethoven

Egmont, musique pour la tragédie de Goethe opus 84

Richard Strauss

Mort et transfiguration, poème symphonique opus 24
Till Eulenspiegel, poème symphonique opus 28

Concert diffusé en direct sur France Musiques

Il aura fallu Beethoven pour que la tragédie Egmont de Goethe parvienne de ce côté-ci du Rhin. Nerval traduisit le premier Faust , mais qui en France, s'intéressa à Egmont ? Quant à la musique de scène de Beethoven, le concert la réduit le plus souvent à l'ouverture, concentré magistral du drame en ses extrêmes que sont l'amour de Clärchen pour Egmont et la victoire de la liberté.

En vérité, Goethe, dès 1787 puisque l'écriture de la tragédie en 5 actes s'étend de 1775 à cette date conçut
Egmont avec des intermèdes musicaux dont Beethoven a scrupuleusement respecté les insertions. On connaît son incompréhension pour le génie de Beethoven, tandis qu'en 1842, E. T. A Hoffmann se montrera autrement perspicace : " C'est chose bien réjouissante que de voir deux grands génies s'unir pour produire une uvre admirable et il a prouvé qu'entre tant de compositeurs, il était le seul à comprendre, au plus profond de son âme, l'esprit de ce poème à la fois tendre et puissant. "

La scène est à Bruxelles en 1566-1567, les Flandres se trouvant alors sous domination espagnole. Le comte Egmont, allié de Guillaume d'Orange, défend la liberté de son peuple face au duc d'Albe. Echouant à soulever les Flandres contre l'Espagne, Clärchen, bien-aimée d'Egmont, se donne la mort. Le comte Egmont est mené au supplice, mais dans la nuit qui précède sa mort, il voit se lever la Liberté sous les traits de Clärchen.
Séduit par ce thème héroïque de la liberté et de l'amour qui habitait déjà
Fidelio , Beethoven compose dix numéros musicaux, dont deux lieder pour Clärchen, cinq entractes, la mort de Clärchen, un mélodrame pour la mort d'Egmont, le tout enchâssé entre ouverture et symphonie de la victoire dont les thèmes se répondent.
Certes sans le savoir, Goethe a bien trouvé en Beethoven un souffle épique digne de lui.

Chez Richard Strauss, l'héroïsme prend le plus souvent des accents nietzschéens, pourtant quasi absents des deux poèmes symphoniques qui nous occupent. Curieusement,
Till Eulenspiegel pourrait être un aïeul d'Egmont, lui qui vécut la révolte des Flandres contre Charles Quint aux alentours de 1350. Mais c'est un portrait facétieux qu'en fait Strauss sous forme de rondeau, tandis que Mort et transfiguration parle d'au-delà et de métamorphose en des termes musicaux plus beethovéniens : "C'est du réalisme à la façon des dialogues de Beethoven avec le Destin", écrivait Romain Rolland.

Lucie Kayas

 

Radio France à Montpellier


France Bleu
France Bleu Hérault
France Inter
Emissions, magazines, concerts en direct.

France Musiques

Magazines

par Anne-Charlotte Rémond , les 9, 10, 11, 17, 18 et 19 juillet de 22h à 00h,
du 23 au 26 juillet et les 30, 31 juillet et 1er août, de 18h à 20h

Retransmissions:

Les Jeunes Solistes, en direct
Les concerts de Jazz et les Rendez-vous de 18h, en différé
Les concerts du soir, en direct ou en différé


France Culture

Les Rencontres de Pétrarque " Les frontières ",

du 9 au 13 juillet, Cour des Ursulines, 17h30

Lectures
autour de "La frontière",

du 9 au 13 juillet, Jardins de Pétrarque, 20h

Un Poco Agitato,

en direct le vendredi 11 juillet à 16h30

Messe

en direct de la Cathédrale le dimanche 13 juillet à 10h

Les Orages désirés

, concert en direct le mercredi 23 juillet à 22h

Concert Biosphère

(Tohu Bohu / Musiques électriques) en direct le dimanche 27 juillet à 23h


Union Européenne de Radio-Télévision
Certains concerts seront diffusés dans le cadre du Festival d'été Euroradio


Les disques

Le Festival de Radio France et Montpellier et l'Orchestre National de Montpellier vous offrent la possibilité de découvrir ou de revivre des moments inoubliables du Festival : en compact disque live, les grandes oeuvres lyriques données en création au Festival.

Macbeth / Ernest Bloch

(live 26 juillet 1997) _ Editions Actes Sud
Grand Prix de l'Académie Charles Cros 2000
Orphée d'or de l'Académie du Disque Lyrique (Prix Michel Garcin " Meilleure initiative discographique ")

Le Livre de la jungle / Charles Koechlin

(live 22 juillet 1998) _ Editions Actes Sud
Diapason d'Or de l'année 2000

Parisina / Pietro Mascagni

(live 22 juillet 1999) _ Editions Actes Sud
Orphée d'or de l'Académie du Disque Lyrique 2000 (Prix Bruno Walter " Meilleure direction d'Orchestre ")

Cassandra / Vittorio Gnecchi

(live 13 juillet 2000) _ Editions Agora

Elektra / Richard Strauss

(live 3 août 1995) _ Editions Actes Sud

Les Exilés de Sibérie / Gaetano Donizetti

(live 12 juillet 1999) _ Editions Actes Sud
Orphée d'or de l' Académie du Disque Lyrique 2002 (Prix Jean Fontaine "Meilleur enregistrement de musique vocale")

La Finta giardiniera / Wolfgang Amadeus Mozart

(live 17 juillet 1995) _ Editions Actes Sud

Risurrezione / Franco Alfano

(live 23 juillet 2001) _ Editions Universal

Prochainement :
Les Fées du Rhin

/

Jacques Offenbach

(live 30 juillet 2002) Editions Universal

 

 

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Billetterie, Réservations

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Festival de Radio France et Montpellier, Le Corum BP 9214, 34043 Montpellier Cedex 1



Lyriques
tarif normal
tarif réduit
L'Ombre de l'âne 10 et 12 juillet 30 / 20 23 / 12
Rita
18 juillet 34 / 20 / 14 26 / 12 / 8
La Pucelle d'Orléans
19 juillet
Esther
24 juillet
Libertad!

25 et 26 juillet 13 / 12 / 8 12 / 11 / 7
Cyrano de Bergerac 29 juillet et 1er août 46,50 / 40,50 / 25 40,50 / 34,50 / 21

Symphoniques,
musique de chambre, musique vocale
Orchestre National de Montpellier

9 juillet 29 / 18 / 11 23 / 12 / 6
Camerata de Lausanne

11 juillet
Récital Fazil Say

17 juillet


Orchestre Philharmonique de Radio France

25 et 31 juillet
Orchestre National de France

26 juillet
Maria João Pires et Ricardo Castro 30 juillet


Choeur de Radio France 23 juillet 15 10

 


Directeur artistique

René Koering

Administrateur

Jany Macaby

Organisé par

Radio France
La Ville de Montpellier
L'Agglomération de Montpellier

Soutenu par

Le Département de l'Hérault
Le Ministère de la Culture et de la Communication
La Sacem

Parrainé par

Le Crédit Agricole du Midi
Générale des Eaux
Antix
FDI GROUPE
Ernst & Young
Caisse d'Epargne Languedoc-Roussillon
Languedoc Mutualité
Air France
Hertz
SNCF

Le Festival de Radio France et Montpellier est membre de France-Festivals,
fédération des festivals internationaux de musique.
www.france festivals.com