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Hugues DUFOURT
1943-1968
Naissance à Lyon. Etudes secondaires et
universitaires à Lyon. Etudes musicales à
Genève auprès de Louis HILTBRAND (piano) et de
Jacques GUYONNET (écriture, composition).
1967 Agrégation de philosophie.
1968 Première création, à
Genève, de "Brisants"
1973-1979 Chargé de recherche au C.N.R.S.
1975-1981 Participe aux activités de l'Ensemble
L'Itinéraire.
1977
Création d'"Erewhon" à Royan, par les
Percussions de Strasbourg sous la direction de Giuseppe
SINOPOLI.
1979 Création de "Saturne" à l'IRCAM par
l'ensemble L'Itinéraire sous la direction de Peter
EOTVOS.
1980 Grand Prix de l'Académie Charles Cros pour
"Saturne".
1985 Création de "Surgir" par l'Orchestre de Paris,
sous la direction de Claude BARDON.
Reçoit le Prix Serge et Olga KOUSSEVITSKY pour
l'enregistrement d'"Antiphysis" par l'Ensemble
Intercontemporain, dirigé par Pierre BOULEZ.
1986 Exécution de "Surgir" par l'Orchestre
Symphonique de Sverdlovsk, Salle Tchaïkovsky à
Moscou, sous la direction d'Andréi TCHITIAKOV.
Création de "L'Heure des traces" à la Scala de
Milan par l'Ensemble Intercontemporain dirigé par
Pierre BOULEZ.
1982-1998 Fonde et dirige le Centre d'Information et de
Documentation Recherche Musical au C.N.R.S.
Directeur de Recherche au C.N.R.S.
1989-1998 Fonde et dirige la Formation Doctorale à
l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : Musique et
Musicologie du XXème siècle.
1989-1999 Publication de "Musique, Pouvoir, Ecriture" chez
Christian BOURGOIS
1992 Création du "Philosophe selon Rembrandt" au
Festival Ars Musica de Bruxelles.
1993 Création de "The Watery Star" à l'IRCAM
par l'Ensemble Fa sous la direction de Dominique My.
1994 Prix des Compositeurs de la SACEM.
1995 Création de "Dédale" à
l'Opéra de Lyon sous la direction de Claire
GIBAULT.
1996 Création de "Euclidian Abyss" à Milan
sous la direction de Renato RIVOLTA.
1999 Trophée d'or de l'Académie du disque
lyrique pour l'enregistrement de "Dédale".
Création de "La Maison du Sourd" à la Biennale
de Venise par Pierre-Yves ARTAUD, flûte solo et
l'Orchestre de la Fenice sous la direction de Emilio
POMARICO.
Saturne - Surgir / Hughes Dufourt
Avec l'aimable autorisation des Editions Jobert.
Les oeuvres d'Hughes
Dufourt sont éditées aux Editions
Jobert et
Lemoine
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EREWHON
"Erewhon" a
été composé sur une période de
quatre années (1972-1976). Cette oeuvre comprenait
à l'origine cinq parties ; l'une d'elles deviendra
ultérieurement "Sombre Journée".
Le cycle des quatre volets qui composent l'oeuvre a
été créé lors du 14ème
Festival International d'Art Contemporain de Royan, le 2
avril 1977, par les Percussions de Strabourg (à qui
l'oeuvre est dédiée) sous la direction de
Giuseppe SINOPOLI.
C'est une commande du Ministère des Affaires
Culturelles Français.
L'oeuvre emprunte son titre au livre de Samuel BUTLER, roman
satirique, décrivant une civilisation et un monde
imaginaire : "Erewhon", anagramme de "Nowhere" &endash;
nulle part.
L'instrumentation est basée sur l'utilisation de 150
instruments de percussion provenant de tous les continents :
Afrique (tambours sahariens, bongos, tumbas),
Amérique du Sud, Moyen Orient (cymbales turques),
Asie (cymbales chinoises, gongs thaïlandais et
philippins).
L'objectif, qui donnait au projet sa valeur symbolique,
était de fondre en un seul creuset des
systèmes de production de sons utilisés par
des civilisations totalement différentes.
Maurice FLEURET a justement écrit en 1977 : "l'oeuvre
marque une date dans l'assimilation d'une famille
instrumentale que l'Occident n'avait pas encore
réussi à intégrer totalement comme
matériau abstractif".
Sur le plan formel, Hugues DUFOURT opère une mutation
radicale dans la manière de traiter le milieu sonore
spécifique à chaque instrument, prenant ses
distances avec un contenu exotique, voire folklorique, et
puisant à la source du timbre et de la
résonnance un nouveau langage.
Sur le plan de l'écriture, cette concentration
apparemment hétéroclite devait s'exprimer dans
une donnée unique unificatrice, celle de la notation
maîtrisant les problèmes de durée,
d'intensité, de résonnances, d'expression
&endash; notation qui soit lisible et explicite
universellement.
Ces instruments étant coupés de leur mode de
jeu traditionnel, la traduction graphique de ces techniques
nouvelles nécessitait la création de nouveaux
modes ludiques dans un milieu sonore encore
inédit.
Les exécutants formés aux modes de jeu
classiques se trouvaient astreints à inventer des
comportements et à renouveler toute la gestuelle
traditionnelle.
Les quatre mouvements
s'articulent en deux pièces centrales aux amples
développements (32 et 21 minutes) encadrées
par deux pièces de moindres proportions (10 et 15
minutes) :
Dans Erewhon I, la percussion des peaux se prête
particulièrement aux métamorphoses brutales ;
libérées de contraintes d'échelle,
elles ne s'attachent qu'à l'aspect
énergétique du son.
Rythmique, métrique et dynamique sont totalement
dissociés. C'est leur imbrication forcée qui
crée la tension de l'oeuvre.
Hugues DUFOURT analyse et synthétise Erewhon II en
"un essai de stéréodynamique fantastique".
Basés sur l'utilisation des métallophones :
cymbales, gongs, tam-tams, plaques de tôle, les sons
composent un univers de heurts, de fractures, de tensions
extrêmes où la complexité rythmique
induit des phases chaotiques mais toujours scrupuleusement
ordonnancées.
Erewhon III "est un paysage imaginaire à la
manière d'Edgar POE, résurgence lointaine d'un
écho rémanent" (Hugues DUFOURT). Les
instruments à clavier : vibraphone, marimba,
xylorimba, donnent la couleur du son à hauteur
définie comme un concert de voix dans un monde
oppressant, chargé d'angoisse, que soulignent encore
les cloches et les gongs.
Erewhon IV est dépeint par Hugues DUFOURT "comme un
fourmillement imperceptible, un état dynamique
extrêmement ténu, formé d'une
grêle d'attaques sèches et incisives sur les
peaux ; cette matière est animée de
gonflements très lents, de fluctuations à
peine marquées, traversées ça et
là de coulées métalliques
diffuses".
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