Edith Canat de Chizy (rubrique publiée en 1999)

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mise à jour : 1 Septembre 2002

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Exultet

Siloël

Moïra (1998) 20'

Concerto pour violoncelle et orchestre : 2(+picc.).2.2(+Bcl.).2/2.2.2.0/4perc./1Hp./crds (10.8.6.5.4)
CM : Arsenal, Metz - 26.03.98 - Sonia Wieder-Atherton (violoncelle) - Philharmonie de Lorraine - Pascal Rophé (direction). Prix : Distinction exceptionnelle du jury du Concours Prince Pierre de Monaco.

 

Edith Canat de ChizyBiographie

Edith Canat de Chizy est née le 26 mars 1950 à Lyon et vit à Paris depuis 1970.

Licenciée d'Art et Archéologie et de Philosophie à l'Université de Paris Sorbonne, elle fait ses études musicales au CNSM de Paris où elle obtient successivement les premiers prix d'harmonie, fugue, contrepoint, analyse, orchestration et composition. Elle a travaillé l'électroacoustique avec Guy Reibel au CNSM et dans le cadre du G.R.M.
Elève d'
Ivo Malec et de Maurice Ohana, il lui est attribué en 1990 le " Prix de la tribune Internationale des Compositeurs " pour son oeuvre Yell, en 1987 et 1991, les prix de composition Hervé Dugardin et Georges Enesco décernés par la Sacem, en 1992, le prix de composition Paul-Louis Weiller décerné par l'Académie des Beaux Arts, et en 1998, le prix " Jeune Talent Musique " de la SACD pour son oeuvre Le Tombeau de Gilles de Rais.
Nommée Chevalier des Arts et Lettres en 1994, elle dirige depuis 1986 le conservatoire du XVe arrondissement à Paris.
Edith Canat de Chizy a été compositeur en résidence de la ville de Metz de 1997 à 1998.

 

Ma meilleure amie se prénommait Edith Edith Canat de Chizy ! Bien avant d'en savoir plus, ces noms m'on fait rêver: de vieux châteaux et de grands parcs, d'armoiries et de portraits d'ancêtres, et aussi du temps déjà lointain de mon enfance où ma meilleure amie se prénommait Edith. Face à ce haut nom, j'ai rêvé de tout cela, mais sans rien connaître de sa musique jusqu'au jour où je l'ai vue, je l'ai entendue ! Etrange expérience en vérité que d'avoir à mettre sur un nom longtemps fréquenté tout à la fois un visage et une musique.

Il est vrai qu'en matière d'art et en dehors de quelques idées reçues, nous ne savons toujours pas très bien ce qui "va ensemble". Songeant à cela, je la regardai. Je l'observai avec attention comme le font aujourd'hui les femmes entre elles et non plus par rapport aux hommes. Pour essayer de comprendre.

Devant moi se tenait une grande et belle femme, d'une élégance de bon ton répondant bien à l'attente qu'avait créée chez moi son seul nom avec aussi un je ne sais quoi de distant dans l'expression qui complétait confortablement le tableau. Tout cela semblait assez cohérent.

Mais sa musique, elle, disait tout autre chose. Ou plutôt le laissait entendre. Je savais ainsi par sa musique, et par elle seule, qu'il y avait en cette Edith-là des zones d'ombre qu'il était en vain d'essayer de forcer mais dont elle nous laissait deviner les violentes turbulences comme on sent couver le feu sous des braises incandescentes.

Je ne voudrais pas ici parler technique, moi qui justement pourrais le faire puisque je "connais la musique". Seulement dire avec quelle maîtrise la magie cache ici l'indispensable savoir-faire qui chez Edith, comme chez les meilleurs, ne se sent à aucun moment. Et j'évoquerais alors ce brassage de volumes et de masses aux textures sans cesse renouvelées, évoluant au long ou au dessus d'espaces toujours denses mais que viennent parfois trouer, zébrer des éclats, des traînées qui accrochent l'oreille et dessinent la forme.

J'eus alors la curiosité de découvrir pas à pas son fascinant parcours créateur. Parcours atypique s'il en fut et, pour tout dire, bien à l'image d'une personnalité si complexe. Ses maîtres, Ivo Malec et Maurice Ohana, l'ont-ils marquée? Sans doute.

Marquée mais non influencée, c'est le propre des vrais maîtres. Reste le mystère des titres et des textes choisis (Yell, Hellel, De Noche, St Jean de La Croix...) qui en disent peut-être un peu plus. Mais Edith me dirait sans doute comme je le ferais moi-même en pareil cas :"pas plus qu'il ne faut".

Aussi m'en tiendrais-je là !

Betsy Jolas

 

Avec l'aimable autorisation des Editions Lemoine

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