|
Bernard Cavanna (rubrique publiée en 2000) |
bisbigliando.com | |||||||||||||||||||||||||||
|
|
|
| ||||||||||||||||||||||||||
pour tout renseignement : ARCAL - Tél. 33.1.64.62.77.62
Messe un jour ordinaire
(P. Nahon, Ensemble Ars
Nova)
6 Février 2000 à Montbelliard
10 Mars 2000 à Tourcoing/Le Fresnoy
1 Avril 2000 à Cambrai
Concerto pour violon et
orchestre (N. Schindler,
Orchestre symphonique des Pays de la Loire)
12 et 14 Avril 2000 à Nantes
13 et 16 Avril 2000 à Angers
30 Mars 2000 à Poitiers, Le
Théâtre - scène nationale - Fauve, Trio avec accordéon
(P. Nahon, Ensemble Ars
Nova, Trio allers-retours)
5 Avril 2000 à Vichy - Trio avec accordéon (Trio Aller-retour)

|
en quelques dates : 1951 : Naissance à Nogent sur Marne 1968 : Première rencontre avec Henri Dutilleux 1972 : Découvre la musique d'Aurel Ströe au Festival de Royan 1979 : Rencontre Paul Méfano. Création de Canzone par l'ensemble 2e2m au Musée d'art moderne à Paris 1980-81 : Compose Io pour 25 voix et 10 instruments 1982/85 : Travaille principalement pour le théatre (avec Jean Gilibert, Antoine Vitez, Stuart Seide) 1985/86 : Pensionnaire à la Villa Médicis à Rome; rencontre avec les cinéastes Pierre Henry Salfaty et Alain Fleischer 1988 : Directeur de l'Ecole Nationale de Musique de Gennevilliers 1992 : Création de La Confession impudique à Strasbourg (Musica) 1994 : Création de la Messe un jour ordinaire à Strasbourg (Musica) 1995 : Compose la musique pour le spectacle l'anoure en collaboration avec le chorégraphe Angelin Preljocaj et l'écrivain Pascal Quignard. 1996 : Création du Trio avec accordéon à Brest 1996 : Nouvelle version de Messe un jour ordinaire à La Rochelle 1997 : Ecriture du Concerto pour violon (commande de Radio France) 1998 : Sortie du disque monographique MFA Radio-France 1998 : Prix SACEM de la meilleure création contemporaine pour Messe un jour ordinaire 1999 : réécriture de la Confession impudique. Composition de Raphaël reviens
|
ee
|
en quelques mots... Trio avec accordéon - vous avez dit accordéon ? Quand on écoute le magnifique disque monographique consacré à Bernard Cavanna dans la collection MFA - Radio France 1, on est d'emblée frappé par le son envoûtant du Trio 2. L'accordéon n'y est point pour rien, sans doute. Cavanna en fait son instrument fétiche, un peu "l'âme" de ses oeuvres (l'âme au sens de celle du violon). L'accordéon, instrument des rues, un terrible décalage avec la salle de concert. Ce porte-à-faux, Cavanna - et d'autres compositeurs 3 - l'ont utilisé pour "porter" à la scène la lugubre dérision d'un siècle grinçant. D'où cette distance, ce mirage qui s'installe au premier mouvement. Vraie ou fausse musette, "qui joue quoi ?" pour reprendre Jean-Noël von der Weid 3. Cavanna installe des brouillards angoissants, ceux du délire, de l'agonie. L'agitation du début de ses dernières grandes oeuvres est bien réelle, mais vue de l'intérieur, ce n'est qu'un immense tournis qui cède progressivement pour une plage de calme, pleine d'essence de l'être, à l'abri des vanités. Réduit à deux accords, l'accordéon n'est plus qu'un spectre, un métronome, une respiration. Le Trio avec accordéon est une oeuvre charnière dans la création de Cavanna. Il a germé autour de Messe un jour ordinaire dont il a puisé certains matériaux. En s'épanouissant, il a contribué en retour au déploiement définitif de la Messe dans sa version que nous connaissons aujourd'hui. Son rôle d'oeuvre satellite aurait pu s'achever là. Mais - preuve qu'une oeuvre est bien vivante - il devient l'embryon du 2e mouvement du Concerto pour violon et orchestre. Pourtant à l'écoute, cela n'y paraît pas d'une façon évidente. Cavanna nous a révélé sa cuisine ; il l'a fait car le lien entre ces oeuvres est fort. Non point un lien textuel, où bien un artifice d'écriture que même les plus zélés d'entre-nous ne parviendraient à débusquer. Non... Après l'écoute, c'est la sensation d'avoir reçu un coup de griffe. D'une même patte. Quelque chose qui est en nous et qui nous fait dire: c'est du Cavanna. Ce n'est pas que l'accordéon qui est en cause... Georges Kan
2. Interprété par le Trio Allers-retours : Noëmi Schindler, violon - Christophe Roy, violoncelle - Pascal Contet, accordéon. 3. L'accordéon incendie la musique d'aujourd'hui par Jean-Noël von der Weid in Dissonanz Nr. 56, Zürich, Mai 1998 |